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CHAP. II

l’astrologie ciialdéenne

gieiise el raisonnable à sa façon en Chaldée, cette foi est restée religieuse en Grèce sons son masque scientifique, et on n’osa plus la trouver déraisonnable quand les Stoïciens, Hellènes à moitié et Orientaux à demi, eurent certifié qu’elle ne l’était pas.

Nous aurons assez d’occasions de retrouver sur notre chemin les Chaldéens et Égyptiens. Pour clore provisoirement la liste des emprunts faits à l’Orient, il ne reste plus qu’à rechercher la liste des noms donnés en Grèce aux planètes. Comme pour les signes du Zodiaque elles constellations en général, astrologues et astronomes ont même nomenclature. Les noms de <l>a(vwv pour Saturne, de ^PasOiov pour Jupiter, de llupôs'!; pour Mars, de 'Pcoatpôpoç pour Vénus, de iiTtXêojv pour Mercure, sont des qualificatifs qui ont en grec un sens très clair. Sont-ce des traductions d’épithètes attribuées aux dieux-planètes chaldéens? C’est possible, probable môme, pour les planètes autres que Vénus L Celle-ci, par son éclat, avait attiré de tout temps l’allen-

Bélier » (ci. Ach. Tat., Isacj., 18). De ces gcns-là, il y en a peut-être aujourd'hui autant qu’autrefois. Mais l’astrologie n’est pas une superstition populaire : ses dogmes ont été forgés, en Grèce comme en Chaldée, par une élite intellectuelle et défendue par elles, des siècles durant, contre les assauts des dialecticiens. Ce qui est merveilleux, c’est la foi raisonneuse d’un Ptolémée, l’homme de son temps qui connaissait le mieu.x la structure de l’univers et qui écrit sa Télrabible après l’àZmar/esfe.

1. On voit recommencer ici le fastidieux débat entre Égyptiens et Chaldéens. Firmicus, parlant des planètes, écrit : Sed has stellas non eodem nomine quo nos aut quo Gri'aeci, Aegyptii nominant ; nam qui a nobis Saturnus dicitur ab Aegyptiis ‘hatvwv vocatur ; quem nos Jovem vocamus, Aegyplii «haéôovxa vocant ; qui a nobis Mars, ab illis Ilupost; dicilur, quae a nobis Venus, ab illis d>w(ro6po<: vocatur; quem nos Mercurium dicimus, illi XxiX- 6ovxa vocant (Firmic., II, 2, 2 Sittl). De même Jean de Lydie (Mens., II, 8 : XxiXêovxi... xax’ A î y u tï x i oo ; oüxw ■/.a'Xouu.svw, 'Epixoô 5è xoüxov "E)>Xt,v3ç slvat |3oû>vovxat). D’abord, le fait est matériellement faux. Astronomes et astrologues grecs emploient ordinairement les vocables épithètes signalés ici comme « égyptiens » : quand ils se servent des noms divins, ils ne disent pas Koovoî, Zeû;, mais ô xoü Kpôvou, xoü Ai6<: (àxxT,p) ; et les Latins, Sdlurni, Jovis Stella. Ce sont les littérateurs qui abrègent et disent Saturne, Jupiter, etc. Ensuite, qui n’admirerait ces Égyptiens donnant des noms grecs? 11 n’est pas probable que Firmicus entende par là des noms dont ces mots grecs sont la traduction : « Égyptiens » signifie pour lui « astrologues », au même titre que « Chaldéens » pour d’autres. Ce sont ces Égyptiens qui appellent le climatèrede la G3“ année àvopovtXâ; (ci-après, ch. xv). Marciauus Capella (Vlll, 858), autre demi-savant, est d’avis que les noms épithètes ont été ajoutés après coup aux noms divins. Mais ces noms divins étaient parfois contestés (pour Mars, Vénus et Mercure, voy. ci-après, p. (18, 2), tandis que les noms épithètes étaient universellement acceptés. On croirait plutôt que ceux-ci ont été donnés d’abord aux planètes par les astronomes, et que les autres ont

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