LES ÎNOMS DES PLANÈTES
tion, et elle porte déjà dans Homère le nom d' 'Ewacsopo;, que lui conserve Platon K Le nom de Phosphores est un compromis qui doit dater du temps où fut reconnue l’identité de l’étoile du matin ( Ewacpôpoi;) et de l’étoile du soir ( E7~îpoî), c est-à-dire du temps de Pythagore. A ces noms épithètes se sont superposés, ou plutôt accolés, des noms divins qui — bien qu’employés aussi par les astronomes — sont les noms véritablement astrologiques, ceux qui rendent compte des divers genres d’inlluence et du sexe attribués aux planètes. Il s’est produit là une espèce d’intrusion de l’astrolàtrie dans la théologie grecque, et comme une spoliation (|ui enleva aux vieux types mythiques de Kronos, de Zens, d Arès, d’Aphrodite et d’Hermès leur àme humaine, la raison d’ètre des légendes dont se composait leur biographie. Cette spoliation se ht lentement et par déviation de l’idée première S qui avait été
été imaginés ensuite pour ti'ouver des équivalents aux dieux chaldéens. — Du côté chaldéen, même jeu ; les noms sont chaldéens, tout en restant grecs. Diodore (11, 30) dit que, sauf Saturne, les Chaldéens voüî -tsTTapa;
ô|xoîwî -toï; 7cap’ -r^aïv àuTpoXô'yO'.; ôvofxâî^ouütv, ”A p e o ç, ’A » p o o t tt, ç, 'Epjxoü, Aïoî. Soit! cela peut encore s’expliquer : il s’agit de dieux analogues de part et d’autre. Mais voici des textes qui appellent chaldéens les noms épithètes donnés par d’autres pour égyptiens. A propos de Saturne, svOev xal Ba6o- Xtiviot ‘hatvovxa auxov irpoaTiyopsuffav (Valens ap. Salmas., p. 596). Un autre assure gravement que les « Chaldéens et Égyptiens d’auprès Zoroastrc et Ilystaspe» sont les auteurs de la semaine et des noms de planètes ditférents des noms de divinités grecques (lo. Lyd., Mens., 11, 3). On a vu plus haut combien les identifications de planètes sont controversées entre assyriologues, et j’ignore si, dans la trop riche nomenclature de leurs noms, il en est qui puissent se traduire exactement par les vocables grecs. Quant aux noms égyptiens, on en a vainement cherché d’analogues, soit à l’époque pharaonique, soit à l’époque gréco-romaine (voy. Brugsch, Thésaurus, 1, pp. 65-78). Au temps des Pharaons, Jupiter s'appelait » Horus qui ouvre le secret » {Hur-up-Sela)', Saturne, « Ilorus taureau du ciel » [Ilur-ka-pet) ; Mars, « llorus de l’horizon » (Ilur-yiiti); Mercure, Sebrju = soû/os, le dieu « crocodile »; Vénus, Usiri ou Bennu (Osiris, étoile du soir, rapide comme l’oiseau Bennou; plus tard, mdar duu, dieu ou étoile du matin). Les variantes de l’époque romaine sont insignifiantes et portent sur les attributions des planètes à des divinités (Osiris- Némésis-lléraklès-Apollon-lsis) qui ne correspondent pas aux divinités planétaires grecques. Ce qui résulte assez clairement de tout ceci, c’est que les Grueculi de basse époque, ignorants ou indigérés de livres apocryphes, parlaient à tort et à travers de ce qu’ils ne savaient pas, prodiguant les Égyptiens de rencontre et les Chaldéens d’occasion, et que tous leurs textes mis ensemble ne valent pas un document authentique.