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ÉCHELLE DES CONDITIONS SOCIALES

étant liée à celle des peuples, les thèmes de génitures des rois sont dominés, beaucoup plus que ceux des simples particuliers, par les conditions générales, a catholiques », posées à la naissance des peuples et cités auxquels ils appartiennent h

Au-dessous des souverains viennent les potentats de second ordre (fjYepôvîi;), les hauts fonctionnaires pourvus du jus vltae necisque. Ceux-là naissent dans les mêmes conditions que les rois, sauf que un des deux luminaires seulement, le Soleil, se trouve en signe masculin et sur un centre. Si les satellites ne sont pas non plus sur des centres, ni par eux-mêmes, ni par leurs aspects, la dignité baisse : on a affaire à des « grands », magistrats ou officiers, de pouvoir moindre et moins stable. Si les luminaires ne sont pas sur centres, mais que leurs satellites y soient, on descend aux fonctions civiles, à l’honnête médiocrité ^ Si les satellites ne sont pas non plus sTT'xev-cpoi, on tombe dans la catégorie des gens à qui rien ne réussit. Au-dessous, il n’y a plus que la condition servile ou quasi-servile. On y arrive lorsqu’aucun luminaire n’est ni sur centre, ni en signe masculin, ni escorté de planètes bienfaisantes. C’est là le thème des humbles et malchanceux (xaTrEivoî xaî xaxoSatjJLOVcç)

quium donne môme un moyen très simple de savoir si un fils de roi (d’empereur) succédera à son père : c’est de voir si son Horoscope est en accord (aupœojvst) avec l’Horoscope de la proclamation (avayopeuaiî) du fondateur de la dynastie (§ 30). H dit aussi (§ 36) que les rois d’un État qui a Mars dominant dans son thème mourront généralement par le glaive — allusion assez claire aux empereurs romains, — ou que les chefs d’État sont menacés de mort quand la planète qui dispense la royauté (ÈxtxpzTÔTwp Tf|Ç pacnXeia?) tombe dans un « lieu climatérique » (§ 31).

1. Dans le Ps. Étienne d’Alexandrie (Usener, p. 23 : ci-dessus, p. 370-311), c’est Saturne qui règle la destinée des khalifes comme occupant dans le thème de l’empire arabe le MC., tôv s^ouctzcT-ctxôv xzl jîaaiXixôv tô-ov. Une éclipse dans le Lion (présage catholique) menace le monarque régnant. L’astrologue Léon (in Hermes, Vllt [1814], pp. 113-116) considère comme un bienfait de la Providence qu'il n’y en ait pas eu « dans toute la durée de l'heureux règne » [de Théophile, d’après K. Krmnbacher, G. d. Byz. LU., 2" édit., p. 621]. De même, une éclipse dans le Bélier (cf. Albohazeu Haly, VIH, 16).

2. Satrapes et généraux par Q en MC. et d' (Maneth., V, 39-40); juges par

(V, 40); génitures quasi-royales (111, 315-319); familiers des rois, sophistes

et rhéteurs (IV, 511-516). Ministres et trésoriers royaux par délluxion de la Lune entre et (Kirmic., IV, 14, 5 Kroll); triomphateurs par influence de l’Aigle avec ou I) (Firmic., VIH, 16 Pruckner) ; administrateurs et savants par (Anon. , p. 148).

3. Ptolémée glisse rapidement sur le sujet, mais d'autres y insistent davantage. Voy. Manéthon, IV, 601-601 et VI, 684-132 (-sol ôoyXciz; Firmi-

cus ; Servoi'ian seu caplioorum yenilurac (VII, 3 Pruckner); Dominornm m/m-

442 ClIAP. XII. LA GÉNÉTMLIALOLIP:

L'asU'ülügue pourra intercaler des degrés dans cette échelle sommaire, en observant de plus près la condition des luminaires et de leurs satellites. Quand les mieux placés de ceux-ci sont de même secte que leur chef et que ce sont des planètes bienfaisantes, la position sociale est plus assurée : elle est plus précaire dans le cas inverse. On peut prévoir aussi le chemin par lequel le nouveau-né parviendra aux honneurs : par la fortune, avec Saturne, régulateur du « patrimoine » ; par influences amies, avec .lupiter et Vénus; par la force, avec Mars; par le savoir et l’adresse, avec Mercure.

On a pu voir déjà que les lignes rigides tracées par la classification de Ptolémée sont loin de suivre le contour ondoyant des réalités. On retrouve dans des compartiments différents des parties d’un même sujet. Telle qualité est adjugée à l’âme qui aurait pu l’être au corps; la richesse reparaît, comme moyen sinon comme but, dans le chapitre des honneurs. Plus artificielle encore est la distinction entre les aptitudes physiques, intellectuelles, morales et autres énumérées jusqu’ici, et les « actes » des individus qui en sont doués. Ptolémée a déguisé sous ce terme général et philosophique de « qualité des actes » * une catégorie de pronostics que ses confrères moins savants faisaient porter simplement sur les professions et dérivaient de toute espèce de raisons. Il est évident que, en établissant les échelons de la hiérarchie sociale, notre docteur en astrologie a déjà imposé des cadres aux professions ^ Il n’y a plus qu’à remplir ces cadres avec des étiquettes spécifiques. Mais, au point de vue de la méthode, Ptolémée a donné au chapitre des actes ou professions

erus in servis (VII, 4) ; Liberlinorum et liberorum qenüurae (VII, 5). La question des esclaves a déjà été abordée à propos de l’exposition des enfants (p. 402). Il y a bien des degrés dans l’esclavage, et surtout dans la chance de l'esclave, suivant que celui-ci est né esclave ou l’est devenu, a été pris ou vendu par son propre père, suivant qu’il trouve un maître bon ou mauvais ou qu'il passe de maître en maître, etc. Firmicus connaît des felices euniichi quibus regni tiiitio credalur... sed postea offensa principe mala et infelici morte moriuntur (VIII, 20). Ceux-là parcourent toute l’échelle des conditions sociales. Grâce à Jupiter, un esclave peut avoir une maîtresse ingénue, au lieu d’être l’esclave d’une esclave ; être all’ranchi, etc.

t. llepl -irpdélswv -itotôxTivoî (Tetrab., IV, 3, pp. 707-710 Junctinus, avec commentaire, pp. 708-730). Cf. Anon., pp. 150-152; Paul. Alex., nspl ■n P â|20)<; (O 4-P 2) ; Firmic., IV, 21 Kroll (De actibus), chapitre que le compilateur a détaché des professions énumérées par lui au VIF livre; Maneth., VI, 338-540 (llepl epywv xal Tïpdiewv).

2. Aussi Firmicus, dans le chapitre De actibus (IV, 21 Kroll), s’occupe encore plus des dignités que des professions.

DES ACTES Oü PROFESSIONS

une aulonomie plus ou moins jusliliable en changeant de ciel, en prenant le critérium dans un autre ordre de constatations.

On se doute bien que Ptolémée n’a pas voulu retourner, au moins par voie directe, aux naïves prédictions dont nous avons donné un échantillon en énumérant, d’après Manilius, les signes du Zodiaque et leurs clients (ch. v). Il cherche une planète qui ait la maîtrise de l’action » (/.upla z-7,ç Tpâçôo);), laquelle doit être elle-même dans des conditions d’énergie particulière. Or l’énergie des planètes dépend de leurs phases (aooi-ÊTTréptot) et de leur position par rapport à l’horizon (àvaxoXr/.oî-o’jT'.y.otj. La phase orientale accroît leur vigueur intrinsèque ; la culmination supérieure, l’effet extérieur de leur rayonnement. Ptolémée adjuge donc la maîtrise de l’action à la planète qui précède le Soleil à moins de 30“, ou, à défaut de celle-ci, à la planète (jui se trouve au méridien '. En cas de concurrence, il faut apprécier les titres respectifs des planètes suivant les cinq modes ou « suffrages >> usuels, en ajoutant, comme titre supplémentaire, le fait d’être en contact avec la Lune. L’absence de planète en situation de prendre la maîtrise présage des « propres à rien » (airpaxxo'.)

Jusqu’ici Ptolémée paraît avoir suivi ses devanciers ^ : il se sépare d’eux en limitant la collation de la maîtrise à trois planètes seulement, Mercure, Vénus et Mars; et cela, pour des raisons soi-disant scientifujues que les commentateurs ont soin d expli-

1. Porphyre appelle la planète culminante wcn^sp èti’ xf,? YEvÊaew;,

ÈTUxupawoüvxa xt,î — pâ^ewç [Isuf/Of/., p. 192). La planète maîtresse est ô xô Tpâtjastv TrapÉywv, ûo’aûxtî stTtO'. x u t: w ô w <; (Ptol., p. 709.1.).

2. Quand le te.xte de Ptolémée est obscur, le scoliaste délaye sans éclaircir. L’obscurité gît dans le cas, toujours fâcheux, où aucune planète ne se trouverait ni en phase orientale ni au méridien : auquel cas il faut prendre la maîtresse du point culminant, x6v xûp tov aùxoü []x£a’oupavT,aaxoî?] -7capaXT,-xxÉov, •itpoî ÈTi'.xT,5euo’siî [xÉvxol xàî yaxà xaipouî à’xpaxxot xù ûî è~ eirav o: xoioOxoi ytvovxai (p. 707 Junctinus).

3. Le scoliaste avertit que, avant Ptolémée, ol ~pb a'jxoü -âvxs; â-xXto;; -ivxa

ênôvxaxw a£70’jpavTi]jLaxi È'Xsyov xupiov slvai xf,î T:pâ;£ti):; (Anon., p. 151). Quant à la considération des phases^ qui n’était pas à la portée des astrologues de moyen acabit, il est probable que c’est Ptolémée qui l’a introduite dans le sujet. Paul d’Alexandrie, après Firmicus (IV, 21 Kroll), accepte la restriction aux trois planètes; mais il suit un sj'stème tout différent pour ce qui concerne la position. Les planètes sont efficaces dans neuf x6-ot (les centres, leurs sTtavacpopaf, et le lieu VI ) : à défaut de xo-ot, on recourt au xXf.poç Tù'/t.î, et c’est seulement si on le trouve vide que l’on consulte xà olov

xov xTjV ffuvâ'p-fiv è'yovxa xf,i; o-eXtivt,; t, xoü t, xôv éwov àvaxo7,'.xôv (Schol.

Paul. Alex., P 2). Ptolémée, ennemi des « lieux », a dû mettre au rommencement ce qui est ici à la fin et balayer le reste.

CHAP. XII. LA GÉNKTHLIALOGIE

qiier. Ces trois planètes sont censées exercer une action prépondérante, comme étant les plus rapprochées à la fois de la Terre et du Soleil, les plus rapides aussi, celles qui reviennent le plus souvent faire provision d’énergie dans le rayonnement solaire. Les deux planètes supérieures interviennent aussi , mais en seconde ligne, comme témoins ([j.apT'jpoüvT£<;); ce qui permet de varier le pronostic aussi aisément qu’avec l’ancien système. Les planètes maîtresses déterminent le genre, et les témoins précisent l’espèce, moyennant quoi tout prend une allure régulière et scientitique.

Ptolémée dresse alors un inventaire dans lequel il entasse à la hâte, sans commentaire aucun, toutes les rubriques et étiquettes qu’il a trouvées dans le fatras de ses devanciers, mais criblées et disposées en groupes distincts, avec les noms des planètes opérantes et collaborantes. Une première série nous donne les genres de professions impartis par chacune des trois planètes maîtresses, d’abord seule ^ puis en collaboration avec chacun des deux « témoins ». Une seconde série présente le résultat des trois composés binaires de deux planètes maîtresses : d’abord le produit du [couple seul, puis du couple associé avec chacun des deux témoins. Il a prétendu épuiser ainsi non pas toutes les combinaisons possibles, mais les combinaisons eflicaces.

Pourtant, la tradition chaotique qu’il voulait discipliner lui forçait la main et l’obligeait à concéder, sous forme de considé-

1. Ceci est la méthode planétaire la plus simple, correspondant à la méthode zodiacale qui dérivait toutes les aptitudes d’un seul signe. Elle était connue du grand public au temps d’Horace, qui se classe lui-même, comme poète, parmi les viri Mercuriales (llor., Orf., Il, 17). Plus tard, on n’était pas poète pour si peu; il fallait une géniture comme celle que s’attribue le Ps. Manéthon (VI, 738-7S0). Le travail de Ptolémée a consisté, ici comme partout, à isoler et classer par genres et par espèces les pronostics qui étaient confondus et donnés en bloc à la suite de chaque signe; planète en diverses positions, combinaisons de planètes. Lune en contact et détluxion, etc. . genre de classement parles causes, que l’on trouve dans Manéthon et firmicus. Ptolémée a adopté, en général, la classification par effets, en tâchant de ramener chaque catégorie d’elfetsà une catégorie aussi restreinte que possible de causes, ayant pour centre l’énergie d’une planète maîtresse. Quand le détail devient trop toull'u, comme c’est ici le cas, il revient au classement traditionnel par causes. Voy. les décrets des trois planètes, avec associations de toute sorte, dans Firmicus (IV, 21 Kroll);et les monographies du meme ; Literarum experlium genilurae (VII, 21 Pruckner) — Gladialorian vel athle- Larumjjenilurae (VII, 22) - Causidicorum seu oralorum genilurae (Vil, 23) — Medicorum Podaliriorum genilurae (VII, 24) — Calliopicorum musicorum genilurae (Vil, 2.3).

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