PRONOSTICS ZODIACAUX ET PLANÉTAIRES
rations supplémentaires, une place aux systèmes — ou plutôt aux pratiques — qui ne cadraient pas avec sa méthode. G est ainsi qu’il tient compte après coup de l’influence des signes du Zodiaque et dresse une nouvelle table de professions à rubriques plus vagues et plus générales. C’est qu’en effet, la question des métiers est une de celles où l’astrologie zodiacale s’était le plus tôt et le plus librement donné carrière. Le symbolisme élastique qui se jouait autour des figures baroques installées sur le pourtour du cercle y trouvait aisément place pour toutes les professions. On sait si la muse de Manilius dédaigne les associations d’idées accrochées à tous les détails des types traditionnels. Il suffit de se rappeler, par exemple, que les hydrauliciens naissent sous le signe du Verseau et les légistes sous celui de la Balance. Le système avait été étendu au ciel tout entier, ou peu s’en faut, par adjonction des paranatellons, c’est-à-dire des constellations qui se lèvent en même temps que les signes et correspondent avec eux par la ligne d’horizon. Dans les douze cases zodiacales qui déterminaient les genres, ces correspondances extra-zodiacales déterminaient les espèces L
Les naïfs inventeurs de cette mécanique ne savaient pas toujours très bien eux-mêmes si leur signe dominateur était 1 horoscope ou le logement actuel du Soleil : quant a la collaboration des étoiles extra-zodiacales, Ptolémée dut prendre en pitié l’ignorance de gens qui ne savaient pas que la ligne d horizon se déplace avec la latitude et que la correspondance établie par elle entre les signes et les autres constellations est autre pour chaque climat. Il a donc éliminé totalement ici l’action des étoiles extrazodiacales, et réduit au minimum celle des signes L Les signes
1. C’est le système exposé par Manilius dans son V® livre tout entier et reproduit, avec additions, dans la Sphaera Barbarica de B’irmicus (Mil, 5n et 31, pp. 216-223 et 243-244 Pruckner). On apprend là que le Cocher formera des cochers; la Chèvre des individus agités, à voix chevrotante; le Lièvre, des coureurs; et autres naïvetés de cette force. Les professions, bien entendu, n y sont pas mises à part, mais confondues avec le tempérament, les maladies, le rang, la fortune, la mort, etc. C’est le « rabâchage » perpétuel auquel Ptolémée a essayé d’échapper. Le même système, confiné dans 1 intérieur du Zodiaque, mais appliqué degré par degré, forme la myriogenèse (F'irmic., ^ 111, 18-30, pp. 223-243 Pruckner), partie spéciale de la Sphère Barbarique.
2. Il leur concède le pouvoir de « varier » les professions : xal vwv Çw8to)v ûè é'j olç U71V oî t6 Tzpi'ssi'.'i — ap£/ovT£; ai xax’ eÏSoî i5ioxpo~(ai 5"j[i6â)v)>ovxat x: Ttpàî xè reoixtTvo V xwv Trpiç£tov (p. 710 J.). Le scoliaste admire de confiance; mais, au fond, le -reomiXov est impropre, car les rubriques tirées des signes sont beaucoup plus générales et uniformes que les autres.
CHAP. XII. — LA GÉNÉTHLIALOGIE
agissants ne sont ni le signe horoscope, ni le signe occupé parle Soleil, mais ceux dans lesquels se trouvent les planètes « maîtresses de l’action ». Ainsi, les signes « humains » poussent du côté des arts et des sciences ; les « quadrupèdes », au commerce, à l’industrie, aux constructions les tropiques (et équinoxiaux), prédisposent aux « translations », traductions et gloses, et aussi à la géométrie, à l’agriculture, au sacerdoce les signes humides, aux professions qui vivent de l’eau, depuis les constructeurs de navire jusqu’aux embaumeurs qui font la toilette des cadavres.
Ptolémée n’en a pas Uni par là avec le Zodiaque, car il n’ose pas rompre avec ce qu’on pourrait appeler l’astrologie lunaire, la plus populaire de toutes, avec les gens qui faisaient dépendre la profession de la position de la Lune dans le Zodiaque. Il accepte d’envisager le cas particulier oü la Lune, sortant de conjonction avec le Soleil, est associée à Mercure dans divers signes. Mais il ne donne de pronostics que pour dix signes sur douze : on sent qu’il a hâte de sortir de ces voies détournées, susceptibles de se ramifier à l’infini, pour rentrer dans la logique de son système. En guise d’épilogue, il tire de l’énergie des planètes maîtresses, de leur phase, position et entourage, des indications concernant l’intensité, le succès ou l’insuccès, et l’âge auquel se produiront ces hauts et bas de l’existence.
Pour qui aurait foi dans la finesse d’observation psychologique des astrologues, tous ces inventaires de qualités morales et d’aptitudes professionnelles fourniraient un appoint notable à ce que nous savons des idées antiques sur le classement des diverses professions et le degré d’estime que leur accordait l’opinion publique On y relèverait plus d’un trait de satire à ajouter aux
1. Sans doute parce que ces professions emploient beaucoup de bôtes de somme et de trait (?).
2. Évidemment, parce que, placés aux extrémités de deux axes perpendiculaires, ils l’epréscntent une sorte de groma céleste, l’instrument de l’arpenteur. C’est de la géométrie appliquée surtout à l'agriculture et liée au souvenir des premiers agrimensores sacerdotaux, haruspices et augures. D’autre part, les p,Ei:a6oXt>ial [vi/ vat] sont un équivalent de x p o Tt t x a £ : une « traduction » est une « tournure » (xpÔTto;).
3. Les autres auteurs intéressent plus que l’entassement de substantifs auquel se borne Ptolémée. Les planètes malfaisantes font les professions pénibles ou dégoûtantes, les métallurgistes, les croque-morts et embaumeurs ou fabricants de cercueils (Maneth., I, 75-82; IV, 263-270; VI, 494-498, 528- 531). 11 n’y a pas loin du croque-mort au médecin : in vertice Urnae [Aquarii] qui nuti fuerint, medici erunl. Mais, si peu que Saturne intervienne, pollinc- Lores erunl et funerarii et vespillones (Firmic., Vlll, 29 Pruckner). Mercure dans les signes équinoxiaux (llalance surtout), faisant les vérificateurs des