DU MARIAGE LÉGITIME
peintures de Juvénal ; par exemple, contre les athlètes et acteurs, gens couronnés par les hommes, enrichis par les lemmes; au besoin contre les astrologues eux-mêmes et autres exploiteurs de la crédulité humaine, surtout de la crédulité féminine. Mais nous n’avons pas le temps de butiner en cours de route. U s’agit d’aborder maintenant les questions de sentiment, l’amour et l’amitié.
5“ Des affections et de la famille. — A. vrai dire, l’amour ne fait pas nécessairement partie des molifs qui poussent au mariage légitime. On dirait que les astrologues le réservent, au moins quand il atteint à la passion, pour les liaisons illicites, qui forment un groupe à part. Ne voulant rien préjuger, Ptolémée intitule le chapitre des relations entre les sexes : Mspl aw/ap iJ-oyMv, au sens vague de « Accordailles » ou de « Convenances réciproques » C
Le mariage légitime est envisagé au point de vue des deux contractants. Du côté masculin, on cherche la femme, et par conséquent ce sont les positions de la Lune qui décident. Du côté opposé, ce sont les positions du Soleil. L’astrologie sait tout prévoir des deux parts ^ ; la date précoce ou tardive des mariages,
poids publics (Firmic., IV, 21, 9 Kroll), est une trouvaille. Les devins, et notamment les astrologues, sont très diversement appréciés, classés tantôt avec les pires charlatans, tantôt à côté des plus hauts sacerdoces (Maueth., 1, 299; II, 202 sqq.; IV, 211; V, 260 sqq. ; VI, 412-475). C'est peut-être un astrologue facétieux qui a assimilé sa clientèle à un troupeau de bœufs en assimilant l’astrologue au Bouvier : In Boole quicumque habuerit horoscopum, divinus eril astrologiis vates arlisqiie Chaldaicae valde periliis (Firmic., Vlll, 25 Pr.). En général, les artistes, sculpteurs, peintres, musiciens et acteurs, sont bien traités. On trouve de vives sorties contre les rôdeurs, vagabonds, ôpvîa yris, TioXiOi; TcaTTiî àirôXtîxa ylveOXa (Maneth., IV, 282), contre les "apiraOcu; (IV, 310 sqq.), les farceurs arétalogues 13o[Ji6-/;8ôv Çüvxaç, àl^-Ziixova; /Oovô; ald (IV, .449), les Galles mutilés (VI, 534-540. Cf. ci-dessus, p. 434, 3), les p.iy'koi [lenones), en vingt endroits, et aussi contre les publicaius, xsXwvrixâ; x£ piaîouç — ôsLvoûî x£ ypsapTiâyaî èpyoXâôou; xs (IV, 329 sqq.) et autres accapareurs parfois « lynchés » par le peuple : ob inlerceplam annonam vel male disposilam seu ciipiditalis fraudulentia sublraclam grave pulsalum insanienlis invidia popiili dissipabil, ita ut populari manu laceratis artubus metuenda celeris acerbae mortis exempta demoasO’e^ (Firmic., VIH, H Pruckner). Firmicus est hanté par une sorte de pitié pour les hiérodules : aliis in lemplis ignobilia decernit officia — ministeria facit exercere servilia (111, 13, 8 Kroll, etc.).
1. Tetrab., IV, 4, pp. 730-731, 740-741 Junctinus, avec commentaire, pp. 732- 765. Cf. Anon., pp. 152-158; Maneth., VI, 112-221, et les chapitres de Firmicus, fJxorum maritorumque niimerus (VII, 17 Pruckner). — Conjugatorum ad inviceyn aff'eclus 18). — Sponsalium seu nupliarum tempora (Vil, 19). — Uxorurn suarum interfectorum geniturae (Vil, 20).
2. Voici l’analyse duscoliaste. Ptolémée recherche : 1° si yapiT,5c;, sixc xal p.r, ; 2“ xat ci yautiXct, ~ùX£pov xa/eoj; t, ^paoÉo); ; 3" -ôxcpov nia ;iôvr, s'jvotxT.srot^siv t.
r.HAP. XII. — LA GÉNÉTHLIALOGIE
la différence d’âge entre les époux, le nombre des mariages que pourra contracter l’individu, — ou, en sens inverse, sa vocation au célibat, — enfin et surtout le degré de concorde dû aux qualités et défauts des époux. On peut être assuré que les astrologues ont fouillé avec un soin particulier cette partie de la doctrine, car la curiosité des femmes en proposition de mariage ou en mal d’amour a été de tout temps la principale ressource des diseurs de bonne aventure. Seulement, la plupart des clients devaient désirer plutôt un conseil sur le choix de la personne ou l’opportunité de l’occasion qu’une révélation toute sèche de l’avenir. Ceux-là, la généthlialogie, fataliste par essence, n’était pas à même de les contenter ‘ : il fallait recourir à l’astrologie vulgaire, celle des /.anxpy^xi. Les doctes rendent des arrêts et ne donnent pas de conseils.
Après avoir constaté à maintes reprises le dédain de Ptolémée pour le système des lieux fixes, on ne s’étonne plus qu’il n’ait pas eu recours tout simplement à la case (YIP) du cercle de la géniture où la tradition « égyptienne » logeait les « Noces ». 11 avait pour cela plus d’une raison. On a vu plus haut que, dans le système de Voctotopos, l’Occident, — et même, par suite de retouches, dans le système courant des XII lieux, le lieu VII, — tout en logeant les Noces, n’en est pas moins le lieu du couchant, et, comme tel, symbole de la mort. C’est là que Manilius installait Pluton, lequel aurait pu tout au plus, d’après sa légende, présider aux mariages précédés de rapt. 11 y avait bien une autre case (X® en MC.) où Manilius fait aussi mention du mariage, de Vénus et de la Fortune ; mais il s’agit là du mariage considéré comme apport de richesse, et, au surplus, Ptolémée, qui ne voulait pas être esclave de la tradition courante, faisait encore moins de cas de celle des dissidents. D’autre part, il ne lui plaisait pas davantage de recourir au système des lieux variables obtenus par le calcul des xX-Tipot.
Tc^vetOfft; 4» ôiroia è'dxai t, yaa£X'>if| ô àvTip ; 5» iroxepov 8ta[iÉvou!jiv t) 5ta>.u6T,(TOvxat ; 6“ St 5tïtJisvûufft, iroxspov àXVr^Xotç àyanüvxs; T| uxafftdîÇovxsi:.
1. Les généthlialogues pouvaient sans doute comparer les thèmes de géniture et y découvrir un rapport de convenance ou de disconvenance (cf. ciaprès, p. 167, 1) ; mais, avec la liberté du choix, la généthlialogie n'avait plus de sens. Aujourd’hui encore, chez les Parsis, on confronte les horoscopes (thèmes de géniture) « pour savoir si les étoiles des futurs époux sont en harmonie; l’union dépend beaucoup de la réponse ... Chez les Hindous, à cause du décès conjectural des conjoints, l’horoscope est encore de la plus grande importance, puisqu’il prédit lequel des deux sera veuf ou veuve » (D. Menant, Les Parsis, I, p. 159 : cf. la mention ci-dessus, p. 341, 2).
bü MAHIAGE LÉGITIMÉ
Le système adopté par Ptolérnée est aussi simple que peut l’être un procédé astrologique devant suftire à tant de questions diflérentes. Soit la recherche de l’épouse et l’avenir du mariage vu du côté masculin. Si la Lune est dans les quadrants orientaux, mariage précoce ou avec une jeune femme; dans les quadrants occidentaux, mariage tardif ou avec une vieille femme. Si la Lune est ou va être nouvelle, approchée du Soleil à moins de 15“ et en aspect avec Saturne, célibat; la froideur et la vieillesse de Saturne s ajoutant a 1 inaction de la Lune noyée dans les rayons solaires. Si la Lune est dans un signe simple ([jLovoctoÉç) ou en contact avec une seule planète, le client sera monogame ; si elle est en signe bicorporel ou en contact avec plusieurs planètes, il contractera successivement deux ou plusieurs mariages. Le caractère de la femme dépend des planètes associées à la Lune, soit par contact, soit par aspect. La collaboration de Saturne donne des femmes laborieuses et austères ; celle de Jupiter, des femmes graves et économes. Elles sont hardies et indociles avec Mars, belles et gaies avec Vénus, vives et intelligentes avec Mercure.
Même calcul du côté féminin, le Soleil étant substitué à la Lune. Il est à peine besoin de dire qu’il peut y avoir, d’un côté comme de 1 autre, collaboration de plusieurs planètes et que les pronostics s’en trouvent modifiés L
Le pronostic relatif à la concorde dans le ménage résulte de la comparaison des thèmes de géniture des deux conjoints. II faut examiner si, d un thème a 1 autre, les deux luminaires se regardent par aspect trigone ou sextil ou sont en conjonction, ou se prêtent mutuellement leurs domiciles respectifs (svaX^ayr;), ou si, au coati aire, ils sont en aspect hostile ou sans aspect aucun : le tout modifié par les planètes collaborantes, qui peuvent amener le divorce L
La planète Vénus, qui laisse à la Lune le premier rôle quand il
L Par exemple, Saturne en aspect quelconque avec Vénus produit la stériite, et 1 épousée - toujours vieille en ce cas - n’est jamais (Maneth., 111, 278 sqq.). ' ‘ ‘ ‘
ne q généthhalogie comparée, déjà signalée plus haut (pp. 167, 1,
ïb, .. 448, 1) et appliquée plus loin (p. 453) à l’amitié. Ptolérnée a élagué ici, entre autres données, l’influence des signes. D’après le scoliaste (.Anon., p. b), la Lune en signes .< humains .. indique une aflection mutuelle, amorce un raisonnement qui pouvait être étendu aux autres signes. 11 en est, en
^ ^ etc. Toute la psychologie zodiacale est
susceptib e d être mise une fois de plus à contribution. Dans le svstème des (ci-aprés, ch. xiii), même la Balance (à qui se fierl) [xoi/siav è-ioÉos- AU wic , p. 86). L adultère est pent-etre considéré comme une compensation.
450 CHAP. XII. LA TtÉNÉTHLIALOGIE
s’agil du mariage légitime, le reprend quand il s’agit des passions de l’amour. Elle est en tête du trio planétaii-e qui mène leurs transports, trio où figurent malheureusement les deux planètes malfaisantes. Mars et Saturne. Que l’on fût allé les chercher par pur souci de moraliste, pour symboliser les conséquences funestes des passions, et aussi pour utiliser les légendes mythologiques, les astrologues se gardaient de l’avouer. Ils invoquaient toutes sortes d’affinités naturelles, nécessaires, mathématiquement exprimées par la répartition des domiciles et exaltations des dites planètes. Mars a, en effet, son dans le trigone de Vénus, et
réciproquement; Saturne a le sien dans le trigone de Mars. De même pour les domiciles. L’intervention des signes-domiciles et des signes -exaltations, s’ajoutant aux combinaisons des trois planètes deux à deux ou trois à trois, ouvrent un large champ a la casuistique L Elle devait être bien ample, cette casuistique, car les seules étiquettes réunies par Ptolémée constituent un des plus longs chapitres de sa Téirabible. En dépit de la rigueur de ses classifications, il y replace une partie des excès du sens genesique signalés au chapitre « des maladies de fâme » ou dans fethnographie « catholique » L Cependant, il s agit moins ici des vices contre nature que des passions qui méconnaissent les lois de la société et les liens du sang. L’inceste sous toutes ses formes — dont la plus répugnante était fixée dans fimagination grecque par la légende d’OEdipe — trouve son explication dans les regards et approches des planètes en des signes où elles possèdent des domaines communs à divers titres, ou sur certains centres et certains lieux du cercle de la géniture L
1. Yoy. les produits de d* ? et I) dans Manéthon (IV, 29^-31^)- Mars et Vénus suffisent à expliquer l’adultère, qui est un mélange de plaisir crainte (Cod. Florent., p. 149). Ceci est d’un bon eleve des stoïciens.
9 Le chapitre est tellement encombré que j’ai peine a croire letext bm; L. Ce^ont sans doute des gloses qui ^
sunulément à l’ignoble séquelle des infirmités du corps et de 1 aine, qu 3rarr«ti0uer°au. chapitres précédents. Mais ie texte actuel est celu, que
TTrèé ',1’où‘pilt une des règle, suivies, est que Saturne avec Venu, nrésage l’inceste remontant vers les ascendants et parents plus âgés ( . ,
^ ngLéooud- Mars avec Vénus, l’inceste sans disproportion d âge . ep-w o r évopa, otov 8vt .si. à
XJ ''Artgnt! OTI dÔsîvcpotî T| àvEtj/iou; T, cruyYevstTi (Anon., p. lof)- C est u
méthmle’que de juger de i’àge par la phase
celle de Vénus. Si Vénus est o|j.oio<jyT,;xo)v, ojxT.X.xa, arj-xaivei,