‹ L'astrologie grecqueChapitre 267 sur 360 · RÔLE PRÉPONDÉRANT DE LA LUNE · texte numérisé non relu

RÔLE PRÉPONDÉRANT DE LA LUNE

mesure l’influence des combinaisons célestes échelonnées sur son parcours.

La distinction des opportunités ayant commencé par les jours du mois ou année primitive, elle était nécessairement fondée, au point de vue astrologicpie, sur les mouvements de la Lune, la grande ouvrière des pronostics universels L On pouvait la considérer dans ses phases, limitées à quatre ou doublées, ce qui était à la portée même des ignorants et, par conséquent, ne suffisait pas aux prétentions de l’astrologie. Celle-ci ouvrit des séries plus variées de pronostics en considérant la position de la Lune dans les douze compartiments du Zodiaque et en faisant intervenir la collaboration des signes ^ La combinaison des phases avec l’influence des signes fournissait déjà une bonne provision de nuances; l’adjonction des planètes étendait le champ d’observations à perte de vue. Les associations d’idées qui déterminent le pronostic sont les mêmes qu’en généthlialogie et s’appliquent de la même façon à tous les actes de l’existence Toute la différence — elle est capitale — gît dans le fait que le pronostic se limite à un acte donné et ne dépend pas de la géniture du consultant, d’un acte initial conditionnant et nécessitant tous les autres Il

1. Aî [J.ÈV yap àpyaî /.avxàî 7îpây|o,aTOî à~ô XaijLÔâvovxai, xà Oc xéÀt, à~ô

■zoù oîxoocCTTïdxou aûxf,; {Cod. Florent., p. 138).

2. Il y a unc“ combinaison des mouvements de la Lune avec les signes (|ui revient à peu près à. la supputation des jours du mois ; c’est la division de l'orbite ou Zodiaque lunaire eu 28 mansions, système primitif (cf. ci-dessus, pp. 53-36, 133, 1), qui, négligé par les Grecs, est rentré dans l’astrologie arabe. La révolution rapide des nœuds ne permettait guère de donner des

points d’attache fixes à ces 28 stations, ou, si on les fixait, la distribution devenait aussitôt purement artificielle. Voy. comme spécimen, dans Haly (VII, ch. 101) ou dans Ciruelo (I, 6), la répartition De viqinti octo mansionibus lune in circulo siqnorum, avec les noms arabes des mansions. Le point de départ de la première {alnalh, i. e. eornua Arietis) est fixé par Ilaly au commencement, par Ciruelo à 9“ du Ilélier. Chacune a son tempérament propre : la première, aerea calida et humida; la seconde, iqnea colericu et .ncca : la troisième, aquea friqida humida fleqmalica pluvialis, et ainsi de suite : tout cela transmis vetuslissimoruyn nslroloqorum traditione. Ilaly (op. ciC, ch. 100) assure que les Arabes ont emprunté le système des 28 mansions aux Hindous, qui l’avaient pris « dans les livres de Dorothée ». Dorothée est, en effet, cité cà chaque mansion comme auteur responsable d’un pronostic spécial.

3. E-'.5xo7rr,xsov ouv -/al xà sv xaxap/r, -paxxôasva xravxa o'k è~i yEvéjîw; (Ilephaest., III, 3).

4. Cette ditfércnce, les astrologues n’en avaient pas tous une conscience nette ou ils cherchaient li l’etfacer, pour ramener leurs doctrines à une unité de façade. On trouve rarement la généthlialogie et les xaxap/at distinguées et opposées. Elles sont plutôt associées. Cf. dt7,6ywv yeve^st^ xa* xoixxoy xç

cil Al*. XIlI.

initiatives générales

dépend uniqiiemenl de l’élal du ciel au moment où le consultant demande à être iixé sur l’opportunité de son initiative.

Assise sur ce principe de bon sens que, si les astres ont une influence, ils l’exercent actuellement, en vertu de leur position actuelle et de la même manière pour tous, la méthode des [ pouvait compter sur une large clientèle de croyants, sur ceux qui ne savent pas voir les contradictions cachées dans les raisonnements les plus simples ’. Elle était aussi beaucoup plus facile à appliquer que la généthlialogie. Le client était dispensé d’apporter son thème de géniture, exigence intolérable pour qui ignorait souvent jusqu’à l’année de sa naissance. De son côté l’astrologue, pourvu d’éphémérides dressées une fois pour toutes par les princes de la science, les Pétosiris, Thrasylle et autres « Chaldéens » ou « Égyptiens » de marque, pouvait dire à tout moment à quoi étaient opportuns tous les jours de l’année, ou même toutes les heures du jour et de la nuit. Les lettrés pouvaient même se dispenser de recourir aux praticiens et avoir chez eux, à portée de la main, leur oracle domestique L

(Ilephaest., III, 3) : t, è-i ysvéjsoj; Tj èui o"a; 6f,i:oi:e ycVOpsvT,? xatap/f,; (Paul. Alex., E 2). La combinaison des xaTap/ai avec la généthlialogie acheva la confusion. Aussi le manuel dTIéphestion, dont la première moitié est un résumé de Ptolémée et la seconde appartient aux xatap/ii, porte-t-il dans certains manuscrits le titre de lis p l x a xap y üv. Ce titre est celui d’ouvrages (alexandrins ?) dont nous possédons des extraits ou des analyses : Maximi et Ammonis carminmn de aclionum auspiciis religuiae — accedunt Anecdola astrologica, rec. A. Ludwich, Lips. 1877. Le poème de Maxime (610 versi traite douze sujets, en commençant par la yevexi? et s’arrêtant à un TîEpi xAo~r,;. Ammon est réduit à 19 vers. Résumé en prose du poème de Maxime, pp. 79-96. Dorothée de Sidon paraît avoir été surtout l’apôtre des x axapyai. Les citations de lui éparses dans les auteurs, surtout arabes (cf. ci-dessus, p. 463, 2), permettront de reconstituer une bonne partie de son œuvre.

1. Il y a déjà une première difficulté dans la condition « actuelle ». Etant donné le mouvement rapide du ciel, qu’est-ce qui est « actuel » et doit être pris comme base de la consultation ? On épiloguait là-dessus, et aussi sur le laps de temps durant lequel le pronostic obtenu était valable. Logiquement, il ne devrait y avoir que des causes et des effets instantanés -, mais, comme impulsion, ces effets prolongeaient leurs conséquences. Haly (I, 7) cite à ce sujet Hermès, les Persans, Babyloniens, Uvellius (Vettius Valens?) et même Ptolémée.

2. H est question à tout propos de [jl a9 t; p. a x i xol itivaxE? ou xavovtî à la disposition des astrologues. On connaît par Juvénal le Pétosiris {Sat., VI, 581) ou le Thrasylle (VI, 576) des dames. Le poète confond les xaxapyat universelles avec les généthlialogiques, quand il dit : inspecta genesi collyvia posait (VI, 579). Le médecin Crinas de Marseille n'étudiait sans doute pas le thème de géniture de ses malades quand il les traitait ad sidevuni motus ex ephemeride mathemalica cibos dando horasgue observando (Plin., XXIX, § 9). H y

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