‹ L'astrologie grecqueChapitre 273 sur 360 · Dio Cass., XXXVII · texte numérisé non relu

Dio Cass., XXXVII

2. Voy. Fash Sabini, entre 19 a. Chr. et 4 p. Chr. {C. I. L., I, p. 302). C’est a constatation oIBcielle d’un usage qui devait être déjà populaire.

3. Tibulle (I, 3, 18) connaît Salurni sacrum diem, et Hygin (Astron. IV 2) sait très bien que la série des chronocratories horaires ou semaine astrologique se recommence oclavo quoque die. C'est à la notoriété de la semaine et

e O seivance judaïque du Sabbat, jour de Saturne, qu'il faut attribuer la diUusion de la légende de l’âne on tête d’âne vénérée par les Juifs dans le T. de Jérusalem et plus tard par les Chrétiens. Il y a lâ un problème historique qui, apres les élucubrations baroques colligées par Étienne Morin [Dis- .eçL ocfo. Genev. 1683. 2‘ ed. Dordraci, 1700, iJiss. VII, pp. 285-3oo) et les hypothèses suggérées de nos jours par le cruciü.v onocéphale du Palatin (le Christ des gnostiques Séthiens, d'après R. Wünsch), peut passer pour un cas déses- A T Pï'endre au sérieux les soi-disant preuves de fait ; le Moïse

a grande barbe « assis sur un âne que Antiochus Épiphane aurait vu dans emp e ( loc . XXIV, 1), ou le baudet {cillum) que Pompée trouva, dit-on,

votlveTe r suivant Tacite 4), une image

votive. Cer ains athrmaient que les Juifs sacrifiaient à cette idole des victimL

humaines (Joseph., 6'. Apion., 7-8), ou du moins, tous les sept ans, un étranger coupe en morceaux (Suidas, s. v. Aa-adxpivo,). Des Gnostiques croyaient savoir que le grand-pretre Zacharie avait vu apparaître dans le sanctuaire un homme

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s’empressa d’en effacer les origines, d’en faire remonter 1 invention aux grands révélateurs, Pythagore, Orphée, « Zoroastre et Hystaspe », et, d’une manière générale, aux auteurs responsables de l’astrologie entière, les « Égyptiens et Chaldéens ». U était bon aussi d’en cacher le mécanisme, un peu trop facile à comprendre, et de chercher toute espèce de raisons mystiques à l’ordonnance des chronocrators quotidiens. On ne se douterait guère, en lisant l’explication pythagoricienne de la semaine dans 1 ouvrage de Jean de Lydie ^ que cet énorme fatras de raisons absconses, tirées des propriétés spécifiques des nombres, de 1 à 7, a été entassé après coup pour dissimuler le procédé enfantin, 1 arithmétique puérile dont la semaine est le produit. On est comme étourdi par ce prétentieux bavardage, au milieu duquel sonnent haut les noms des philosophes cités tour à tour, et par l’air de bravoure en l’honneur du nombre 7 qui termine l’exposé. On regrette presque les vrais astrologues, qui sont aussi maniaques,

mais d’esprit un peu moins trouble.

Si l’on recherche quel parti ont tiré les astrologues de la

à tête d’âne (Epiphan., Ilaeres.,2Q, 12). Comme il n’y a pas d eflet sans cause la cause de cette opinion persistante me paraît suffisamment ^

dation de deux idées : Juifs adorateurs de Saturne ; l’âne, animal voue ou symbole de Saturne. Je ne prétends pas que l’attribution de 1 ane a Sa urne n’ait pas sa raison première dans l’identification de Saturne,

(ci-dessus, p. 478, 1) ou Baal cananéen, avec le Set-Typhon

onocéphale (cf. R. Wünsch, Seihianische Verfluchimgslafeln [Leipzig, ],

r 88 sqq ), ou avec Sabaoth, dieu à forme d’âne ou de pourceau, qui

oLpe ifipiièm. ciel (Epiph., llaeres., 26, iO);

l-.„ocialion astrologique de l'âne et de la planele baturne

aisément rulgarisée, qui rend compte du préjuge populaire, et

association a été justifiée aua yeux des astrologues, toujours en

nités " naturelles ., par l’assonance « naturel e » ovot- '■ étonner quand aurait ainsi une importance historique, ce qui n est pas poui é » lier quan ôn sonee à la place que tient encore dans le inonde la phrase célébré qu e^ |•i,„»,o6i^c mxum de la Rome chrétienne : Tu es Teins, et sufee hme petnm

ftprliRrabo Ecclesiam meam (Matth., xvi, t irLyd.,Me,«..ll, 6-i. (pp. 14-21 ed. Ronn.). ^=1 f

Pythagoriciens consaeraienl le T jour de la semaine a ' 3,

Ci-dessus, P . 459), qui est l’Un, alors que, comme astre unique Soleil , d occupe déià le premier jour. Je ne sais si le Lydien (ou plutôt son abreviateui) en-

tend bien lui-ii.fii.e. Voudrait-il dire que ( [to'cheù s

Chrétiens, disqualillé le dies Saluni au profit du dm d’nriaines ont perdu une belle occasion de revendiquer poui la Gièce inv i„° sl^Le. lls n’ayaient qu'à utiliser la légende <>;; la mer (symbole du Soleil) que les sept Sages se J’ ’

et qui, revenu aux mains du premier, est consacré a Apol PS

ap. CyrilL, C. Julian., T. p. 28 AL

LES JOURS ÉGYPTIACÜES

semaine planétaire, on distingue mal leur apport particulier de la masse des superstitions populaires. Dégagée du comput des 24 heures qui l’avait engendrée, et réduite à une courte liste de chronocrators quotidiens, la semaine échappait à leur monopole ; chacun était libre d'y insérer les associations d’idées qui lui plaisaient h Elle constitue un système de /.a~ap/a( indépendant, qui pouvait au besoin tenir lieu de tons les autres. Paul d’Alexandrie le juge propre à tout, qu’il s’agisse de contrats, engagements, procès civils ou criminels, rapports avec les autorités, voyages, batailles, mariages, maladies et autres incidents de l’existence. Les médecins surtout et chirurgiens y trouveront, suivant lui, d’utiles indications

Le souvenir des chronocratories planétaires survit encore dans les noms des jours de la semaine et a chance de se perpétuer ainsi à jamais. Il n’en a pas été de même d’une superstition d’origine obscure, invention astrologique ou pythagoricienne ou réviviscence de quelque vieille croyance égyptienne, qui pénètre au commencement du Bas-Empire dans les calendriers officiels, celle des dles Aegypliaci. On appelait ainsi 24 ou 25 jours, répartis à raison de deux par mois, mais irrégulièrement dans le cours de

1. Les opportunités calculées d’heure en heure subsistent chez les astrologues arabes. Cf., entre autres, Albohazen llaly (Vil, ch. 100), qui déclare « l’heure de Mars » impropre à tout.

2. Paul. Alex., 13. Voy. dans Ausone, De nominibus septem dierum (pp. 530- 552 ïoll.), l’amusante réfutation de l’aphorisme : demi de corpore oporlet \ Ungues Mercurio, barbam Jove, Cypride crines. Pourquoi, dit Ausone, .Mercure n’aimerait-il pas les ongles crochus des voleurs, Jupiter, la barbe, et Vénus, les cheveux? Plutôt le lundi et le mardi pour les ciseaux et le rasoir: Mavors imberbes, el calvos, Luna, adamasli... Sol et Satiirnus nil obslanl unyuibus. Comme la semaine a traversé les siècles en s’adaptant à diverses religions, les associations d’idées ont été parfois retournées. Un joueur pa'ien pouvait espérer le « coup de Vénus » plutôt le vendredi ; mais Vénus ne disait rien de bon à un chrétien. J’ignore si la crainte, encore aujourd’hui si répandue, du vendredi a commencé par la peur de ce démon de la luxure, et pour combien y entre la mort de J.-C., placée un vendredi par la tradition, ou l’horreur pour le vendredi musulman. On rapporte que les Gnostiques jeûnaient les jours de Mercure et de Vénus, pour se garder de la ç’.Xapyupla ts xoii 'po>.T,5ov’a (Clem. Alex., Slrom., VII, p. 316). Avec l’opinion qu’avaient tes chrétiens des dieux du paganisme, ils auraient pu jeûner toute la semaine. On a remarqué aussi que S. Justin, parlant de la Passion, évite de prononcer le nom de « Vendredi » ; il tourne par vf, -pô tt.î tpovixf.î T,;xspci. Constantin déclara jour férié le dies Solis (Cod. Thcod., Il, 8, 1, ad ann. 321). L’Église a cherché à éliminer les noms païens des jours de la semaine, mais sans y réussir : même le dimanche {dies dominica) a gardé dans les langues germaniques le nom du Soleil [fionnlay -Sunday).

CHAP, XIll. — INITIATIVES GÉNÉRALES

l'année, jours de mort, jours « ténébreux », durant lesquels il était prudent de ne rien entreprendre et surtout de ne pas se laisser saigner *. L’outillage astrologique est si compliqué que, en scrutant les arcanes des 6’pta, des décans, des parties vides et pleines, etc., on arriverait peut-être à rendre raison de la répartition des « jours égyptiaques » ; mais il vaut mieux renoncer à faire valoir les droits de l'astrologie sur ce mystère que de lasser une patience à laquelle il va falloir de nouveau faire appel. Les jeux de l’arithmétique des xaTapy^at universelles et banales ne sont rien à côté des opportunités individuelles, fondées sur les chronocratories qui prennent leur point de départ dans le thème de la géniture et s’enchevêtrent en un fouillis inextricable.

1. Sur les Dies Aegypliaci, voy. les calendriers du Bas-Empire (C. I. L., I, pp. 374-411). Ces jours sont diversement répartis, suivant les calendriers. Il y en a 23 (3 en janvier) dans les Fasti Philocaliani, autant (fait inexpliqué) que de dies legilimi senatus. L’anonyme qui a écrit les Fe?*sMs de diebus Aegypliacis (in Poet. lat. min., V, pp. 354-356 Baehrens) fait de la mnémotechnie et ne donne aucune explication. Il simplifie le système en réduisant le total à 24 et la distribution à deux par mois. Saumaise (pp. 815-819) ne doute pas que ces jours ne soient d’origine astrologique, mais pour le seul motif qu’on les appelle « Égyptiens ». S. Augustin {Expos. Epist. ad Galalas) rapporte que ses ouailles le détournaient de commencer quoi que ce soit, aul aedificiorum aut ejusmodi qiiorumlibet operum, diebus quos Aegyptiacos vocanl (cf. ci-après, ch. xvi).

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