LES THÈMES ANNIVERSAIRES DES NATIVITÉS
rentes En revanche, il a une idée très nette du but à atteindre, d’un idéal qu’il croit naïvement avoir été réalisé autrefois, dans une espèce d’âge d’or, où la science éclairait les mystères de la nature et tournait au profit de l’homme la fatalité elle-même. « Les Babyloniens », écrit-il, « et les Perses et les Indiens et les « Égyptiens, aussi bien les rois que les particuliers, n’essayaient « pas d’entreprendre une affaire en une année quelconque avant « d’avoir examiné d’abord leur anniversaire de naissance; et, s’ils « trouvaient que l’année était bonne, ils se mettaient à l’œuvre. « Dans le cas contraire, ils s’abstenaient. Quant aux rois, ils exa- « minaient les nativités de leurs chefs d’armée et observaient les « retours d’années, et s’ils trouvaient que pour l’un d’eux le retour « signifiait puissance et victoire, ils l’envoyaient contre les enne- « mis; sinon, ils le laissaient de côté. Et ce n’était pas seulement « les nativités des généraux qu’ils observaient, mais aussi celles « des ambassadeurs, pour voir si leur anniversaire annonçait « un résultat prospère. Que s’il signifiait prospérité, ils les en- « voyaient : sinon, ils en nommaient à leur place d’autres dont « l’anniversaire présageait succès. De la même façon, tant les « rois que les particuliers se choisissaient d’après le retour des « années les médecines utiles, les aliments aussi et les boissons, « les ventes et achats et toutes leurs initiatives; et ils en usaient,
I. L'auteur est évidemment un Arabe, habitué à !a polygamie {augebunlur filii et uxores ejus, p. 328*, lig. 19. — conlristabitur propfer mulieres proprias, p. 238'’, lig. 27). Wolf pense que l’ouvrage, traduit en latin incerlo interprète, a été lui-même traduit du grec. La chose est douteuse. En tout cas, 1 Arabe serait responsable de la terminologie persane introduite dans l’ouvrage : v. g. dominiis anni, qui Persice dicitur Salchodac (p. 219*), et les Ferdariae ou « chronocratories périodiques » — différentes des ’tSfat TEoioSoi des Grecs — pour les sept planètes et la Tête et la Queue du Dragon. On y trouve aussi des calculs secundum opiniones Indorum. (pp. 260-263). Disons, pour donner une idée de ce fatras, que la méthode des « Révolutions annuelles » consiste essentiellement à comparer, à 18 points de vue [siqnificationes), le thème de géniture avec le thème annuel, en prenant pour « lieu aphétique » ou Horoscope annuel le lieu où se trouve le chronocrator annuel. Sur ces 18 siqnificationes, il y en a 5 pour le corps, 8 pour l’àme (est-ce un avatar du nombre 13 ?) : le reste, pour les motus et operationes résultant de la collaboration de 1 âme et du corps (p. 219). Il y a à considérer le dominas anni, le diuisor ou dispositor, le particeps ou divisor; sept rapports de caractère entre le divisor et le particeps; six modes généraux de ti’ansmission, subdivisés en vingt-quatre modes particuliers, d’un diviseur à l'autre, dans le courant de 1 année ; le tout nuancé de combinaisons infinies avec les maisons, les opia, les aspects, dignités, etc. .Je suppose que l’auteur se comprend; mais je ne tiens pas à m en assurer. Cf. les xatpot SCé-xà xpôrwv imputés à Ptolémée {Cenliloq.,^\), qui pourraient avoir quelque rapport avec la méthode susdite.
CllAP. XIV. — INITIATIVES GENETHLIAQüES
<( laissant de côté ce qui devait leur nuire cette année-là. En « effet, ils raisonnaient les choses et d’après leur propre nativité (( et d’après celle des autres. Les hommes ayant volonté de pro- « créer des fils n’observaient pas seulement leur année propre,
(( mais aussi celle de la femme; et, si l’une et l’autre ligure « siguiliait procréation, ils cohabitaient avec elles. Autrement,
« ils en cherchaient d'autres dont les nativités signifiassent « enfantement de tils : aussi est-ce chose très utile et expédiente « que l’étude des retours d’anuées » h
N’est-ce pas merveilleux, en effet, et sut-on jamais donner à des inepties un tour plus raisonnable? Après tout, le rêve de notre astrologue n’est pas si loin de celui de Platon; ses compas et ses barèmes remplacent la sagesse des magistrats philosophes qui règlent, entre autres choses, la procréation des enfants dans la lli'pubUqae. A quoi n’arriverait-on pas avec de si savantes précautions, surtout si les chefs d’État avaient soin, comme le voudrait Proclus, de choisir, au moment de la les âmes les
mieux trempées ^ !
Cette surveillance de la conception nous ramène à un sujet qui avait aussi préoccupé les généthlialogues. 11 y aurait eu une lacune dans le système des xaTapyal si les astrologues n avaient pas étendu à la vie intra-utérine la domination et protection de leurs chronocrators. Cette lacune fut comblée. 11 dut y avoir bien des tâtonnements, car le problème était ardu. Ni les physiologistes ni les astrologues ne s’accordaient entre eux sur la durée de la gestation, et il était difficile d’intercaler entre des limites flottantes des séries à nombre fixe, septénaires ou novénaires. Le cycle septénaire était généralement trop court, et certains physiologistes, nullement fascinés par les vertus du nombre 7, l'écartaient sans discussion. La Tête et la Queue du Dragon n étaient
1 Ilerines De Revol. naliv., I, 4 {Quanlum anliqui iilebantur Revolulionibus) p. 213 Wolf. Cf. Hésiode (ci-dessus, pp. 460, l. 466, 1) et S. .Augustin : imde eliam illud a nonnulUs praedicatur, cjuod quidam sapiens horam elegil qua cum u.rore concumberel, unde filium mirabilem qiqnerel (Aug., Civ. Dei, V,5).
2. Les sages de Platon sont deveuus chez les néo-platoniciens des astrologues dirigent la fécondation dans l'espèce humaine d'après l'état du cielj ÔEÎ TOtvuv TO'jt; TWV yaawv y.'jp£ou; xèv xatpov aùxéiv S^Tipav, xaxa gèv xt.v airXavT,, ôti Xc xwv wpocJZÔTTwv liai xwv xoûxok; TtacavaxsAAôvxwv axxspiov xat àsxavwv. Ils font le triage, à'v xs xatç ai:optpoi; ôpaiî xa'i xaïç à7:o-z-jT,xixaï;, de ceux qui sont destinés à commander ou à obéir, etc. (Proclus \n Anal, sacr., \, 2, pp. 113-176 Pitra). C'est le châtiment des ennemis de la liberté humaine que de se rencontrer tout naturellement avec les fous, et l’on sait si ce châtiment a été épargné à Platon.