ÉTAPES ET CYCLES DE LA VIE HUMAINE
L’aiiteiir ne paraît pas très sûr d’avoir de bonnes raisons, car il n’en donne guère. Il dit bien que Vénus au quatrième mois donne 1’ « impulsion physique », mais il serait peut-être embarrassé d’expliquer pourquoi l'intelligence représentée par Mercure est venue avant. Il n’en continue pas moins ses séries planétaires à travers la vie commencée à la naissance, et il se permet de remanier de fond en comble le cursus vitae ordonné par Ptolémée, avec la prétention de tenir compte « de la distance et de la période » de chaque planète « surveillante ». La première des sept périodes de l’existence est un septénaire parfait, présidé par la Lune et subdivisé en années dévolues successivement aux sept planètes dans l’ordre ascendant. Après, chaque période s’accroît d’une année et les subdivisions disparaissent. Aux sept années de la première enfance (r|Xtx'!a succède l’enfance
(-Tiatotxr;), que Mercure surveille pendant 8 ans. L’adolescence ([zstpaxixrj] dure 9 ans sous Vénus ; l’âge viril (àvoptx/i), 10 ans sous le Soleil ;l’âge adulte (àxpiacn:txr;j, 11 ans avec Mars; l’ancienneté (irpeaêuTix-/-;), \± ans avec Jupiter, et la vieillesse (Yepov^tx-/-;), 13 ans ou plus avec Saturne, qui ouvre et ferme le cycle, de la conception à la mort. La durée de la vie normale est donc de 70 ans. Si, comme l’assure l’auteur, elle est « mesurée dans les limites de 1 hebdomade », il faut que ses septénaires soient en moyenne de 10 ans chacun. Il est, du reste, inutile de discuter avec ce gâte-métier, qui sort de l’école de Platon sans y être entré « géomètre » et semble même assez ignorant des « périodes » de révolution des planètes L
Nous sommes maintenant en mesure de comparer les deux applications de la méthode des xaxap'yraî, l’une indépendante de la généthlialogie, l’autre combinée ou juxtaposée, et de suivre le travail d imagination qui s'est fait de l’une à l’autre et dans le domaine intérieur de 1 une et de l’autre. Les xaxapyaî universelles et banales partent du môme principe que la généthlialogie : à savoir, que l’état présent du ciel influe sur l’œuvre présente et, à titre d impulsion initiale, sur l’avenir. Mais on rencontre aussitôt le point de divergence. Les généthlialogues veulent : 1° que le
I. La série naturelle des nombres, de 7 à 13, représente évidemment pour notre auteur les distances des planètes et la durée de leurs périodes (xaxà Xôyov ToO Staîxf,[xaTOî xaî xf,; TteptéSou); il accommode à sa façon les tons de la lyre pythagoricienne. Il veut sans doute aussi que la septième soit l’octave; et, comme 1 octave est le double de la tonique, il prétend que les 13 ans de Saturne sont le double des 7 ans de la Lune (ô; xfi pèv -:rpwxT|... Itt, iTrxà d'T:ovsve[j,f,50ai, tt| ôs xsAsuxaia ôtî slvai xocaCxa'.
CH AP. XIV. INITIATIVES CtÉNÉTIILI AOUES
pronostic ne soit pas au même moment le même pour tous les individus ; 2° que le pronostic porté lors de la naissance d’un individu contienne tout l’avenir de cet individu. Les « catarchistes » ont d’abord maintenu les thèses contraires, mais avec une hésitation de plus en plus accentuée, la nécessité de différencier les destinées s'imposant à eux avec la force de l’évidence. De là, les essais d’association entre les deux méthodes rivales et l'inextricable confusion qui en est résultée dans le cerveau des astrologues éclectiques. Dans celte confusion, catarchistes et généthlialogues ont oublié la raison d’être de leurs calculs, le point par où ils s’appuyaient sur un semblant de réalité ; c’est à dire, l’état réel du ciel à un certain moment. Ce n’est pas la position réelle des planètes à un moment quelconque qui leur vaut le patronage des heures du jour et de la nuit ou des jours de la semaine : c’est un privilège mystique qui leur est dévolu une fois pour toutes, attribut divin, article de foi, fragment de théologie inséré dans l'astrologie. Il en va de même pour toutes les chronocratories attachées au point de départ pris dans la naissance ou la conception et réparties sur toute l’existence. L’idée que les positions ultérieures des planètes sont conditionnées par leur position dans le thème de géniture a pu servir à endormir les scrupules des généthlialogues; mais c’était là une enseigne trompeuse : en fait, aucune de ces chronocratories ne correspond à une position prévue du chronocrator. Soit dans les cycles qui se déroulent mécaniquement par périodes, années, mois et jours, soit dans les étapes inégales de l’existence, la succession des planètes n’a rien à démêler avec leurs mouvements et positions astronomiques. On a peine à comprendre qu’un Ptolémée ait osé glisser ici la mention des « périodes propres » et couvert de son nom au moins une partie de ces constructions mystiques, complètement étrangères à l’astronomie.
Le cerveau des Arabes, fait pour croire et non pour comprendre, a dû être un terrain d’élection où l’inintelligible a frucliOé au centuple : chez les Grecs, il ne semble pas que les systèmes de chronocratories aient jamais eu grand succès, ou un succès durable. D’autre part, la génélhlialogie non seulement avait des exigences auxquelles il était le plus souvent impossible de satisfaire dans la pratique, — ne fût-ce que celle de l’heure exacte de la naissance, — mais, faite pour des consultations strictement individuelles, elle était d’utilité médiocre ou nulle quand il s’agissait de choisir des opportunités communes à plusieurs individus ou à des masses d’hommes, à un équipage qui s embarque, à une