Ilerm. in Anal, sacr., V, 2, p. 284 Pitra
2. Tpo/i^xov (p. 71 Graux). 11 est question à tout moment de tro-
chisques, c est-à-dire de pilules ou pastilles, dans la pharmacopée hermétique {Anal, sacr., V, 2, pp. 279-282 Pitra); mais j'ignore ce qu'est ce remède spécial, admiré de Néchepso (tôv ùtA aûxoü SauixaÇôtJLevov).
3. Ici finit le iragment d Harpocration : le reste est emprunté aux Hermétiques (Anal. Sacr., V, 2, p. 284 Pitra) - 6à éxixxr.v xo-Jxoïv
xaxa xwv xt,î seSogâSo; r,p.épm, -F,xiç sxxl xoü dffxspo; èxôivou ou £xxi y.xl -f poxavTi : suit un tableau des jours et heures (l'oipa a seulement), ripô^ Si xoûxoi? lcrxw pÈv acXT.vo 'Kav<TÉ),T.voî, r, Sxs Ô-.épysxai xô Ç(i6iov xoü -Aavr,'xou‘xf,<; f,aeoa,' ubtd.). Tous les systèmes de chronocratories universelles pouvaient être utilisés aussi bien que la semaine. Un autre Hermétique exige que le Soleil soit
vertus des plantes attribuées à une planète déterminée quand il entre dans l’ü']^w[jLa de cette planète. Puis, le jour et l’heure. On doit cueillir une plante au jour de la semaine qui porte le nom de sa planète, et à une heure dominée par la dite planète. Il est bon aussi que la Lune soit pleine, ou du moins, dans le domicile de la planète correspondant à la plante.
Jusqu’ici, l’iatromathématique reste encore en contact avec le sens commun. D’où que leur viennent leurs propriétés, les remèdes agissent physiologiquement. Un pas de plus, et nous entrons dans le laboratoire de la magie, là où se confectionnent les phylactères d’après des règles astrologiques. Le charlatan qui a fabriqué le « Livre Sacré » d’Hermès Trismégiste a fait en ce genre un chef-d’œuvre. Ses 36 recettes, correspondant aux 36 décans, qui correspondent eux-mêmes à autant de parties du corps, combinent les propriétés des pierres précieuses, des métaux, des plantes et de la figure de chaque décan, figure animale ou humaine, et divine par dessus le marché. C’est Hermès luimême qui a dicté à son fils Asklépios ces merveilleux secrets, et dans le langage d’un dieu qui ne se croit pas le droit d’être modeste, ni pour son compte, ni pour le compte des « hommes demi-dieux » initiés par lui et destinés à mener le monde entier. Voici, comme échantillon, la recette du « grand phylactère » afférent au premier décan du Bélier et préservant des maux de tête. Après description du dieu Lachori ; « grave-le donc, fel qu’il « est, sur une pierre de Babylone bien choisie et, l’ayant posée « sur la plante de Mars, enferme le tout dans un anneau de fer « et porte-le. Évite de manger de la tête de chevreau ». Et ainsi de suite, jusqu’à épuisement de la liste L
dans le décan, ou tout au moins dans le signe auquel la plante appartient ; que, de plus, la Lune soit dans le trigone du Soleil et à l’Horoscope, et que le jour et l’heure aient pour chronocrator l’œcodespote du dit signe {ibid., p. 292) ; moyennant quoi, tout réussira I
1. Anal. Sacr., V, 2, pp. 284-290 Pitra. Cf. la description des phylactères plus compliqués encore, avec prières et formules magiques, attribués à Harpocration d’Alexandrie (Ilepl cpuaixwv 5’jva|x£wv î^wuv t£ sj’cwv te xaî XlOwv. i6id., pp. 292-299). Les faussaires s’en étaient donné à cœur joie. On a encore une série de quatre livres, hermétiques aussi, appelés KupavESsi;, soi-disant composés par un roi de Perse Cyranos et résumés par llarpocration, où les pierres, plantes, poissons, oiseaux, sont étudiés par groupes de 24, le tout d’après des révélations divines (voy. ci-dessus, p. 316, 2). Nous n’avons plus affaire à une médecine astrologique, qui administre les remèdes en temps opportuns, mais à une pharmacopée magique. Ces phylactères agissent par eux-mêmes, sans qu’il soit besoin de calculer le moment opportun, soit pour la préparation, soit pour l’application.
ONOMATOMANCIE ASTROLOGIQUE
Si las que l’on soit des fantaisies des astrologues, on sent que la magie est à un échelon plus bas encore dans les défaillances de la raison humaine. Si l’astrologie a été un poison de l’intelligence, la magie en a été la honte h II faut pourtant encore, avant de clore ce chapitre, indiquer, ne fût-ce que d’un mot, d’autres combinaisons de l’astrologie à usage médical avec la divination fondée sur les propriétés mystiques des noms considérés comme chiffres : inventions de basse époque, mises effrontément sous la garantie de Démocrite et de ce Pétosiris à tout faire, qui est censé faire part de ses dernières découvertes au roi Néchepso ^ 11 n’est plus question, celte fois, de pharmacopée, d’amulettes, ni de thérapeutique quelconque, mais seulement de pronostic. L’instrument de divination paraît être fait pour des gens qui ne tiennent pas à guérir un malade, mais à savoir s’il mourra ou non, et bientôt ou non ; des gens qui spéculent sur cette éventualité, comme ils peuvent le faire, par la même méthode, sur l’issue d’une bataille, d’un combat de gladiateurs, d’un procès, sur la chance de rattraper un esclave fugitif, de survivre à une personne donnée, etc. La méthode était, à l’origine, purement arithmétique et applicable à la prévision des chances de victoire et de défaite entre deux antagonistes. Celui des deux dont le nom, converti en nombre et soumis à certaines opérations arithmétiques, laissait le reste ou fond (n'j0!J.viv) le plus fort devait être vaincu ou vaincre, selon que les restes étaient des nombres tous deux pairs ou impairs, ou l’un pair et l’autre impair Les astro-
1. La magie médicinale n'est que naïve : mais le jugement n’est pas trop sévère pour la magie qui, avec ses malédictions, déüxions, envoûtements et autres rêves de tortionnaires, — autant de guet-apens et de crimes voulus, sinon réalisés, — a combiné en toutes proportions la bêtise et la lâcheté.
2. Voy. les l'ragments réunis par E. Riess, op. cil., pp. 382-387. Lettre de Pétosiris à Néchepso : texte latin (fr. 37), grec (38-39). On trouve même (fr. 40) un ’Opyavov àarpovojJiixov IIîTOTipeox; "repôt; N£/e4"j^ paTiXéa ’Acrcj'jptwv (sic).
3. Voy. mon Histoire de la Divination, I, pp. 238-265; P. Tannerj', Notice sur des fragments d'ononialomancie arithmétique (Not. et Extr. des mss., XXXI [1886], pp. 231-260), étude sur une prétendue lettre de Pythagorc à Télaugès et autres fragments. Les arithméticiens étaient parvenus à ramener le cas de maladie à une lutte entre le malade et le jour initial de sa maladie, celui-ci désigné aussi par la valeur numériijue des adjectifs TpwtT,, OE’j-epa, Tpiv-f;, etc. (Tannery, p. 258). La conversion des lettres en nombres, au temps où les lettres étaient en même temps des chilTres, est une idée toute simple. Si les Juifs en ont usé plus que personne dans leur Kabbale, c'est qu'ils avaient un Livre révélé sur qui opérer. Ils croyaient faire ce que font nos mathématiciens modernes, qui découvrent des vérités nouvelles en traitant mécaniquement des formules. C’est ainsi qu’ils apprirent que Satan, dont le
logues qui ont voulu s’approprier la dite méthode ont ajouté à la valeur numérique des noms le quantième de la Lune et dressé un tableau à compartiments appelés p'.xpâ, et en
regard Syâvatoi; iJ-iya;, péaoç, [xixpô;, ou plus simplement Srâvaxoç, x!v8uvo<;, ou plus simplement encore, la Vie en haut, au-dessus d’uue ligne d’horizon (uTiipystov), la Mort en bas (utoye'.ov). La figure, circulaire en principe, est appelée « sphère», même quand elle est réduite à une forme rectangulaire.
Dans la « sphère de Démocrite », le tableau rectangulaire contient les 30 jours du mois^ rangés sur trois colonnes et en ordre mystique, 18 dans la partie supérieure, 12 dans la partie inférieure. Voici la règle recommandée : « Sphère de Démocrite, « pronostic de vie et de mort. Sache sous quelle lune le malade « s’est alité et le nom de sa nativité. Ajoute le calcul de la Lune « et vois combien il y a de fois trente jours : prends le reste et « cherche dans la sphère. Si le nombre tombe dans la partie « supérieure, il vivra; si c’est dans la partie inférieure, il « mourra L » C’est l’addition de la valeur numérique du nom donné à la naissance (le prénom chez les Romains) au quantième, et division par 30.
Au lieu de ce diviseur 30, qui correspond à une Lune fictive, les auteurs du « cercle de Pétosiris » ^ avaient adopté 29, moyenne
nom vaut 359 (= 365 — 6), est impuissant pendant si.v jours de l’année. Cf. Rev. Hisl. Relig., XXXVlll [1898], p. 92. Les chrétiens, surtout les gnostiques, excellèrent aussi dans ces recherches. Ainsi, Abraham faisant circoncire 318 membres de sa famille (Genes., xviii, 23) annonçait Jésus en croix 111 = 18 T (la Croix) = 300 {Barnab. Epist., 9). Quand Jésus-Christ dit ; « Je suis l’A et rS2 » {Apoc., i, 8), c’est comme s’il disait : je suis la Colombe (Trepiarspi = 801 = A 1 -f £2 800. Philosophiim., VI, 5, p. 322 Cruice). Les astrologues ne pouvaient pas laisser cette ressource hors de leur atteinte.
1. Berthelot, Collection des anciens alchimistes grecs. 1. Introduction [Paris, 1888], p. 86, d’après le papyrus V de Leide. Cf. A. Dieterich, Papyrus magica Miisei Lttgdunensis Ralavi (Jahrbb. f. kl. phil. Suppl., XVI [1888], pp. lU- 829), pp. 813-814.
2. M. Berthelot donne, reproduits par photogravure, deux cercles de Pétosiris (pp. 88 et 90). Le premier, tiré du ms. 2419 de la Bibl. Nat., fol. 32, se compose d’un cercle divisé en quatre quadrants par des diamètres en forme de bandes. L’hémicycle supérieur est attribué à la vie : la moyenne (!xé<Tiç)au milieu, la grande à gauche, la petite à droite. La mort est graduée de môme dans l’hémicycle inférieur. Les nombres de 1 à 29 sont répartis, en ordre mystique, dans les quadrants et en colonne sur le diamètre vertical. Deux tableaux rectangulaires, l’un au-dessus, l’antre au-dessous du cercle, renferment le comput des jours de la Lune. L’autre cercle, tiré du même ms. (fol. 156), est divisé en 8 secteurs constituant une sorte de rose des vents, orientée, le Levant en haut {ÙTtépyzio<;), le Couchant en bas (Cinoysioî) : sur la