‹ L'astrologie grecqueChapitre 30 sur 360 · Voy. ci-après, cli. xvi · texte numérisé non relu

Voy. ci-après, cli. xvi

ClIAP. III. — LES DOGMES ASTROLOGIQUES

étaient sensibles à nn argument dont, grâce à une équivoque habilement entretenue, l’aslrologie s'attribuait tout le bénéfice. Le Soleil n’était-il pas, de l’aveu de tous, le régulateur de la vie végétale et animale? La Lune, à laquelle l’antiquité attribuait une quantité d’intluences particulières en dehors du mouvement des marées \ n’agissait-elle pas sur tout être et toute chose terrestre ? Et pourquoi ce qui était incontestable pour le Soleil et la Lune ne serait-il pas vrai aussi, toutes proportions gardées, des étoiles, fixes ou errantes? Les planètes n’étaient après tout que des soleils plus petits ou des lunes plus éloignées Les étoiles lixes indiquaient parleurs levers et couchers héliaques les étapes de 1 année solaire ; elles accompagnaient de leur présence les vicissitudes des saisons, les chaleurs, froidures, vents et pluies, et, qu’elles fussent pour les théoriciens le signe seulement ou la cause de ces phénomènes le résultat pratique était le même. Aussi, même avant d’avoir soupçonné les mystères de l’astrologie chaldéenne, les Grecs avaient spontanément ébauché une science des régions supérieures ou Météorologie, qui devait les mettre à même de prévoir les variations et accidents atmosphériques. Dans cette science, dite aussi des « Pronostics », fondée sur les observations des laboureurs et des marins, Aristote avait fait entrer tout récemment les pronostics hasardeux à tirer de l’apparition des comètes La météorologie grecque s’acheminait ainsi

1. Aristote attribuait le phénomène des marées à la pression des vents excités par le Soleil : Pythéas de Marseille pensait que la Lune en croissance provoque le flux, et en décroissance le reflux; Séleucus « le Chaldéen », i)artisan de la rotation de la Terre, invoquait la compression de l’atmosphère causée par le mouvement contraire de la Terre et de la Lune ; Posidonius reprenait l’explication d’Aristote, en substituant la Lune au Soleil (cf. Diels, Doxographi graeci, pp. 382-383).

2. Cette idée existe, pour ainsi dire à l’état latent, dans la mythologie chaldéenne, où les dieux planétaires sont pour la plupart d’anciens dieux solaires déchus et rapetissés (cf. ci-après, ch. iv, les aflinités entre le Soleil et Saturne).

3. Geminus {Isagog., 14) consacre tout un chapitre à réfuter l’idée que les constellations notées dans les calendriers influent sur terre; que le Chien, par exemple, soit cause de la chaleur « caniculaire ». Quelle que soit, dit-il, la nature de ces astres, ignée ou éthérée, oùôsjxfav auixTriOsiav ïyzi irpo? và èrd tt,î yr,ç ytvôjJL'va. Tl yàp aûixTtaaa yf, y.£vxpou >.6yov È'yst ”poç rtiV xüv àr^'Kix'jîù'^ o-paipav, xaioOSîuiEa àTrocpopà oùÔè di'irôppoi.a Süxvîïxai à-6 xwv à-).avüv àcjx^püjv ÈTrî x-f|V yf,v. Mais lui-même admet, quoique fort atténuée, 1’ àTîop^ôota des planètes, à'p’ tôv xal 5uvo([X£i; èiti xt,v yf|V -nilitTouai. On voit combien était répandue et vivace l’opinion qu’il combat.

4. Voy. ci-après (ch. xi), comètes, Prognoslica, A i o <j-rip.£ïa, etc.

Page 1