‹ L'astrologie grecqueChapitre 303 sur 360 · Ilor., Od., II, n, de l’an 26 a. Chr · texte numérisé non relu

Ilor., Od., II, n, de l’an 26 a. Chr

4. Utrurnque nostrum incredibili modo \ Consentit astrum [\\or.,ibid.).\ioTaiCG déconseille à Leuconoé de chercher à prévoir sa mort : nec Babylonios tentaris iiumeros {Od., I, 11, 2). C’est le fait non d’un sceptique, mais plutôt d’un croyant qui se repent d’avoir été trop curieu.v pour son propre compte. Horace mélange les idées astrologiques avec la croyance populaire aux Génies : scit Genius, natale cornes qui temperal astrum {Epist., H, 2, 187). On a voulu voir une allusion aux oîxoi astrologiques dans l'expression aerias tentasse domos de Od., I, 28, C’est raffiner sur les mots et multiplier inutilement les conjectures.

552 CHAP. XVI. — l’astrologie dans le monde romain

comme Horace, d’allusions faites en passant aux arcanes de la nouvelle science. Il met en scène un astrologue, fils du « Babylonien Horops », qui connaît « l’étoile heureuse de Jupiter, celle « du violent Mars, et l’astre de Saturne qui pèse sur toute tête, et « ce qu’apportent les Poissons, le signe impétueux du Lion et le « Capricorne baigné par fonde d’Hespérie ». Son mathématicien est de ceux qui s'entendent à « faire tourner sur la boule d’airain les signes », les « signes redoublés de la route oblique », et qui, pour inspirer confiance, tonnent contre la mauvaise foi des charlatans. Ce personnage donne à Properce une consultation qu’il termine en l’avertissant de redouter « le dos sinistre du Cancer » L Le poète plaisante peut-être moins qu’il ne veut en avoir Pair : il se pourrait qu’il ait emporté cette menace de quelque cabinet d’astrologue et qu’il la prenne au sérieux. L’auteur de VIbis, étalant le thème de géniture de son ennemi, parle le langage des hommes du métier. « Tu es né malheureux », s’écrie-t-il, <( et aucune étoile n’a été propice et légère à la nais- <( sance. Vénns n’a pas envoyé ses rayons à cette heure, ni Jupi- « ter; ni le Soleil ni la Lune n’ont été en lieu convenable, et celui « que la brillante Maïa a engendré du grand Jupiter n’a pas dis- « posé ses feux de façon utile pour loi. Sur toi ont pesé l’astre de « Mars, qui ne présage que choses brutales et jamais rien de pai- « sible, et celui du vieillard à la faux. Ton jour natal, pour que « tout fût à la tristesse, apparut vilain et noirci d’une couche de « nuages » ^. Il n’y aurait qu’à ajouter des chiffres à ce morceau pour en faire un document professionnel.

La description des astres, de phénomènes célestes réels ou imaginaires, de prodiges de ce genre interprétés, tend à devenir une manie littéraire ®. A la cour du Palatin, qui donnait le ton à

1. Propert., V, 1. L’association du Capricorne à la mer occidentale, notée par Horace et Properce, fait partie d’un système chorégraphique précédemment exposé. Properce suppose intelligibles pour ses lecteurs des expressions qui étaient de véritables énigmes pour les profanes. Obliqiiae signa iterata rolae (v. 82) sont les signes du Zodiaque groupés six par six en pXéirovTa, axodov-ta, ôpôî^wva, laavdttpopa, etc. Ab zonis quinque pelenda fides (v. 108) — si on ne remplace pas zonis par slellis — signifie que, pour prévoir la

mort, il faut tenir compte des zones ou climats, lesquels modifient la durée d’ascension des signes, et par là la durée de la vie impartie par ces signes-

Page 1