‹ L'astrologie grecqueChapitre 308 sur 360 · CONSULTATIONS ASTROLOGIQUES · texte numérisé non relu

CONSULTATIONS ASTROLOGIQUES

mort prochaine du tyran, il voulut à tout prix le convaincre d’imposture, et que l'épreuve tourna à sa confusion. « H demanda « à Asclétarion quelle serait sa fin à lui-même, et comme celui-ci « assurait qu’il serait bientôt mis en pièces par des chiens, il « ordonna de le mettre à mort sans retard, mais, pour démontrer « la frivolité de son art, de l’ensevelir avec le plus grand soin. « Comme on exécutait ses instructions, il advint qu'un ouragan « soudain renversa le bûcher et que des chiens déchirèrent le « cadavre à demi brûlé » Au dire de Suétone, il savait depuis longtemps l'année, le jour et l’heure où il mourrait. « 11 était tout « jeune encore quand des Chaldéens lui avaient prédit tout cela, « si bien qu’un jour à dîner, comme il ne touchait pas aux « champignons, son père s’était moqué de lui ouvertement, disant « qu’il connaissait bien mal sa destinée s il ne craignait pas « plutôt le fer ». En effet, la veille de sa mort, il fil parade de sa science astrologique, en annonçant « que le lendemain la Lune « se couvrirait de sang dans le Verseau et qu il arriverait un « événement dont les hommes parleraient dans tout l’univers » ^ La liste des consultations impériales n’est pas close, tant s en faut, avec les biographies de Suétone. Comme lui, ses continuateurs, les rédacteurs de V Histoire Auguste, ont soin de tempérer par des racontages de toute sorte l’ennui qu’exhale leur prose à demi barbare, et l’astrologie n’est pas oubliée. Voici Hadrien qui, curieux de toutes choses et encore plus occupé de lui-même, ne pouvait manquer d’apprendre l’astrologie pour son propre usage. « Il s’imaginait savoir l’astrologie au point qu’il mettait par écrit <( aux calendes de janvier tout ce qui pouvait lui arriver dans « toute l’année : ainsi, l’année où il mourut, il avait écrit ce qu il « ferait jusqu’à l’heure même où il trépassa » Le chroniqueur

1. Suet., Domit., 13. Cette édifiante histoire, tournée à la plus grande gloire de la Providence et de l’astrologie, est aussi rapportée par Dion Cassius (LXVII, 16), avec de légères variantes. L’astrologue est anonyme : c’est à Domitien lui-même qu’il prédit « où et comment périra » 1 empereur ; il est brûlé vif et la pluie éteint le feu. Le même Dion Cassius (toc. cit.) assure qu’un certain Larginus Proclus ayant « prédit publiquement en Germanie que Domitien mourrait le jour où il périt réellement», l’empereur différa son supplice pour avoir le plaisir de lui prouver qu’il s’était trompé et qu il fut sauvé par le meurtre de Domitien. On ne dit pas que ce fût un astrologue; ce doit être l’haruspice ex Germania missu7n, qui consullus de fulgure mutationem l'ei'umpraedixer'at {Suet., Domit., 14).

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