CONSULTATIONS ASTROLOGIQUES
science universelle, perfectionnait l’art d’arriver par les femmes. Elle facilitait aussi singulièrement l’art de surpasser ses rivaux pour un homme qui connaissait d’avance le terme assigné à leur destinée Sévère connaissait assez bien la sienne pour savoir, en partant pour la Bretagne, qu’il n’en reviendrait pas, et cela surtout par son thème de géniture qu’il avait fait peindre au plafond de son prétoire ^ . On répète pour Caracalla les contes faits sur Tibère, les meurtres ordonnés d’après « des diagrammes de positions sidérales » Alexandre Sévère est encore un adepte de l’astrologie, pour laquelle il fonda, dit-on, des chaires rétribuées par l’État, avec bourses pour les étudiants L’histoire anecdotique fait de lui un pédant et lui donne un peu l’attitude de l’astrologue qui, les yeux au ciel, tombe inopinément dans un puits. « Le mathématicien Thrasybule, son ami intime, lui ayant dit (( qu’il périrait nécessairement par le glaive des Barbares, il en « fut d’abord enchanté, parce qu’il s’attendait à une mort guer- « rière et digne d’un empereur; puis il se mit à disserter, mon- « trant que tous les hommes éminents avaient péri de mort vio- « lente, citant Alexandre, dont il portait le nom, Pompée, César, « Démosthène, Cicéron, et autres personnages insignes, qui « n’avaient pas fini paisiblement, et il s’exaltait au point qu’il se « jugeait comparable aux dieux s’il périssait en guerre. Mais « l’événement le trompa, car il périt par le glaive barbare, de la « main d’un bouffon barbare, et en temps de guerre, mais non « pas en combattant »
1. A propos de Pescennius Niger, qui devait 'pévir juxla aquOs, sans tomber, ni vivant, ni mort, au pouvoir de son rival. Quod quidam dicunl ipsum Severum de mathesi, qua callebal, dixisse (Spartian., Pèse. Nig., 9).