Spartian., Sever
3. Cod. Justin., 1, 18, 2, sous le titre De maleficis et ceteris svnilibus, qu'on
retrouve identique dans Cod. Theod., IX, 16. L’expression Chaldaei ac magi devient un h Sià Suoïv. Jean d’Antioche dit que Dioclétien brûla en Egypte les livres de chimie, xà -rsp'. x'np-îtaî àpyùpou xai toï? -ira^^atoiç aÙTtav ysypag-
;xévapi6>.ia {Fr. llist. Graec., IV, p. 601). Dion Cassius (LXXV, 13) assure que déjà S. Sévère avait ramassé tout ce qu'il avait pu trouver de piêXia axopp-nxov xt e/ovxa en Égypte, et les avait enfermés dans le tombeau d’Alexandre.
i. Mathematicurn — Chaldaei ac magi (Cod. Theod., IX, 16, 4, ad ann. 357) - 7nathematicus [ibid., IX, 16, 6, ad ann. 338). Édits visant les seuls mathématiciens {ibid., IX, 16, 8, ad ann. 365 ’? 12, ad ann. 409).
PROSCRIPTION DE l’aSTROLOGIE
comme dans l’édit de 409, daté de Ravenne, qui ordonne de brûler « sous les yeux des évêques » les livres des mathématiciens et expulse « non seulement de Rome, mais de toutes les villes», ceux d'entre les praticiens susdits qui ne se convertiraient pas à la religion catholique.
Le mobile qui d’ordinaire met en émoi la chancellerie impériale, ce n’est pas le zèle religieux (jue trahit ici Honorius, mais bien la peur des prévisions à l’usage des ambitieux et des envoûtements de la famille régnante. Les astrologues avaient pourtant imaginé un moyen radical de calmer les inquiétudes de la police. C’était d’enseigner ([ue l’empereur, vicaire de Dieu sur terre, n’est pas soumis aux décrets des astres, qui sont des dieux de moindre envergure'. L’honnête Firmicus, qui dédie son traité d’astrologie h un fonctionnaire arrivé sous Constantin et Constance aux plus hautes dignités, fait de son mieux pour accréditer cette doctrine. « Vous donnerez vos réponses en public », dit-il à son lecteur, « et vous aurez soin de prévenir ceux qui viendront vous inter- « roger que vous allez prononcer à haute voix tout ce que vous « avez à dire sur leurs interrogations, afin qu’on ne vous pose pas « de ces questions qu’on n’a pas le droit de faire et auxquelles il « est interdit de répondre. Prenez garde de rien dire, au cas où « on vous le demanderait, sur la situation de l’État et la vie de « l’empereur; car il ne faut pas, nous ne devons pas parler, mus « par une curiosilé coupable, de l’état de la république. Celui qui « répondrait à des questions sur la destinée de l’empereur serait « un scélérat, digne de tous les châtiments ; attendu que, sur ce « sujet, vous ne pouvez ni rien dire ni trouver quelque chose à « dire. Il est bon, en effet, que vous sachiez que, toutes les fois « que les haruspices sont consultés par des particuliers sur l’état « de l’empereur et qu’ils veulent répondre à la question, les « entrailles â ce destinées et les arrangements des veines les <( jettent dans une inextricable confusion. De même, jamais « mathématicien n’a pu rien affirmer de vrai sur la destinée de « l’empereur; car, seul, l’empereur n’est pas soumis aux mouve- « ments des étoiles, et il est le seul sur la destinée duquel les « étoiles n’aient pas le pouvoir de prononcer. En effet, comme il « est le maître de l’univers entier, son destin est réglé par la
1. Déjà Manilius, dans une poussée d'adulation énorme, trouve que l'empereur surpasse en éclat les astres et deviendra après sa mort le plus puissant de tous : uno vincuntiir in astro \ Anguslo, sidvs nostro qiiod conligit orbi, | Caesar nunc terris, post caelo majimus auclor (Manil., 1, 384-386 Jacob).
568 CHAP. XVI. — l’astkologie dans le monde romain
« volonté du Dieu suprême, et, la surface de toute la terre étant « soumise à la puissance de l’empereur, il est lui-même classé « parmi ces dieux que la divinité principale a commis pour « faire et conserver toutes choses. C’est la raison majeure qui « embrouille les haruspices : en effet, quel que soit l’être surnage turel invoqué par eux, celui-ci, étant de puissance moindre, ne « pourra jamais dévoiler le fond de cette puissance supérieure « qui réside dans l’empereur » C
Le raisonnement est admirable et à classer parmi ceux que le langage populaire appelle des malices cousues de fil blanc. Firmicus l’avait peut-être emprunté aux Gnostiques, qui disaient les chrétiens émancipés par le baptême de la domination des astres, ou aux théologiens qui soutenaient que J.-C. n’y avait jamais été soumis. Le dillicile était de le faire accepter, et même d’y croire. Firmicus a l’air d’oublier que, dans la préface de son livre, il a passé une revue de grands hommes et montré des maîtres du monde, comme Sylla et J. César, menés par les décrets des astres ; après quoi, il adresse une oraison émue au Soleil, à la Lune et aux cinq planètes pour les prier de conserver l’empire à perpétuité à Constantin et à sa postérité Si les astres n’ont aucun pouvoir sur l’empereur, pourquoi leur demander ce qu’ils ne peuvent ni donner ni ôter?
Évidemment; ces finesses d’avocat ne firent illusion à personne, et ceux qui faisaient semblant de les prendre au sérieux avaient sans doute intérêt à affecter la naïveté Après comme avant, les livres astrologiques — ceux du moins qui circulaient sous le manteau — continuèrent à s’occuper avec prédilection des souverains et des prévisions utilisables en politique. Le bon sens voulait que la destinée des rois fût écrite au ciel de préférence à celle des savetiers, et le grand art eût perdu son prestige à s’interdire les risques glorieux Ne pouvant ni ne voulant se dessaisir de leur omniscience, les astrologues préféraient s’entourer
1. Firmic., II, 30, 3-6 Kroll. Firmicus conseille de faire de douces remontrances à l’indiscret, mais de ne pas le dénoncer — ne mortis ipsliis causa exstitisse videaris, quod alieniim es/ a pi'oposito sacerdotis (II, 30, 8). Pour lui, l’astrologue est le prêtre anlisles Solis ac Lunae celerorumque deorum, per quos lerrena omnia gubernanlur, et il doit donner l’e-xemple de toutes les vertus, à commencer par le dédain ignobilis pecuniae (11, 30, 2).