INUTILITÉ DES LOIS RÉPRESSIVES
d'ombre et de mystère ; ils faisaient prêter à leurs disciples le serment de ne rien révéler aux profanes des secrets de leurs méthodes; ils affectaient d'assimiler leur enseignement à une initiation religieuse ou aux doctrines ésotériques de Pythagore et de Platon Il y avait, dans ces allures, autant de coquetterie que de prudence ^ Au iv® siècle, l’astrologie ne peut plus guère être surveillée, car elle est partout : elle s’infiltre dans toutes les méthodes divinatoires, et bien des gens se persuadent que même les dieux inspirateurs des oracles ne connaissent l’avenir que par les astres. De temps en temps, quelque scandale avertit que les astrologues ne savent pas toujours prévenir la chute de leurs protecteurs. Quand le préfet d’Égypte, Parnasius, fut disgracié sous Constance, ce fut probablement pour avoir consulté un astrologue « sur des choses que la loi ne permet pas « d’apprendre » Julien n’eut pas besoin d’astrologue pour apprendre l’heure de la mort de Constance, s’il était capable d’interpréter lui-même ce que vint lui dire un fantôme nocturne, à savoir, que Constance mourrait quand Jupiter entrerait dans le Verseau et Saturne dans le 25® degré de la Vierge Dans le célèbre procès de 374 figure un astrologue, Héliodore, mais presque uniquement comme délateur : la « consultation sur l’empereur futur », qui exaspéra si fort Valons, avait été donnée par une table magique et un anneau tournant ^ Nous sommes mal renseignés sur le détail des révolutions de palais entre Théodose et Justinien; mais l’astrologue Palchos nous apprend que, en 484, l’usurpateur Léontios avait choisi son moment après consultation de « deux mathématiciens » et c'est une raison de croire
1. Voy. les formules de serment dictées par Vettius Valciis d’.Vntioche (ap. Fabric.-Ilarles, Bibl. Gt\, IV, p. 147). Firmicus lui-même recommande de ne pas communiquer son livre à tout venant (11, 30, 14 Kroll) : il veut que Mavortius le lui promette par serment, ainsi que l’exigeaient de leurs disciples Orphée, Platon et le pythagoricien Porphyre (Vil Praef.).
2. En raison du risque couru, les astrologues taxaient sans doute à plus haut prix leurs leçons. Vettius Valens dit avoir paj’é fort cher son savoir,
« étant tombé sur des maîtres cupides » (àtôaTxiXoi; s'.Xapyûpoi; -cp'.-s7ovT£;).
3. Liban., Ovnt., XIV, Pro Aristophane. Aristophane est accusé d'avoir amené chez Parnasius p.iv"tv tüv "spi tôjv 5--p(»v £/dv-wv tt,v -ziy'frp, Èoo'jv-â T'. t0ÛT!j)v 'j— èp wv oû vô]xo; iJLavôâvE'.v.
4. Oracle versifié en hexamètres grecs (.\mm. .Marc., XXI, 2, 2), dans le. style des oracles apolliniens. Le lieu même de la mort (’.Xaioo; afr.;) est indiqué.
5. .Vnnn. Marc., XXI.X, 1, 3 — 2, 13. L'historien appelle Héliodore falornm per genituras interprelem. Ce n'est pas, en tout cas, l'iléliodore qui a commenté le livre de Paul d'.Vlexandrie (Fabric.-Ilarles, Bibl. Gr., IV, pp. 140 sqq.).