‹ L'astrologie grecqueChapitre 331 sur 360 · Ptol., Telrab., IV, 9, p. 821 Junctinus · texte numérisé non relu

Ptol., Telrab., IV, 9, p. 821 Junctinus

2. Elle remonte au moins — sauf, bien entendu, l’apport de nos évolutionnistes — à Hippocrate, dont le traité lUpl àsp tov , ûÔ â t w v, t6-wv, a mis cette idée à la portée de tous les esprits cultivés (cf. IJoll, op. cil., p. 215). Polybe résume très bien la théorie du ynilieu, et en employant le mot propre ; TÔ ~£pié/ov — tpauvs^OiAOioüirOat TîsœûxapLSv lîdvvE; àvOpwTOi xav’ àvdy- XT, V • oO yàp ôt’ âX)>T,v, û'.à 5s xaû-'f|V x+iV atxtav xaxà xà? ÈOvixi; xai xa; b'Ko- G/EpEÎ; Siaaxasî'.î irT^îiaxov àXXtjÀwv ôtasÉpousv TiOsai X£ xaî p.opçaï; xa: y p (i U. a xt V , EX'. Sè xwv È -n: i XT, ô E u ij. â x lo v x O ï; " 7. e i xx O ? (Polyb., 1 V, 21). Cf. Posidonius ap. Strab., I, p. 102 et Galen., De plac. Ilipp. et Pial., p. 441 cd. Kübn. Fin adhérant à cette doctrine, les astrologues réduisaient à néant l’objection de Pauétius : Quid? dissimili In do locorvm nonne dissimiles hominum procreationes babel '! — E.r qno i^lelligilur pins lerrarnm silns qnam innae Iractns ad nascendnm valere (Cic., Divin., 11, 46). Le plus diflicile était de remettre de l’unité dans leur système en faisant dépendre des astres la « dissemblance >> attachée aux lieux.

584 CHAP. XVI. — l’astrologie dans le monde romain

et ils ont été, en effet, si peu inquiétés de ce chef, qu’ils n’ont pas eu besoin de s’accorder entre eux pour adopter un système unique,

La race étant expliquée par le milieu, et le milieu par les astres, il semblait que la querelle fut vidée j mais la théorie même de 1 inffuence du milieu, affirmée contre les astrologues alors qu’ils ne la partageaient pas encore, lut niée contre eux quand ils s’y lurent ralliés. Il y a un argument historique que ressassent à l’envi tous les polémistes chrétiens depuis Bardesane ' : si la race est façonnée par les influences terrestres et astrales exercées sur son habitat, comment expliquer que certains groupes, comme la race juive ou la secte des chrétiens, ou encore les « mages perses », conservent en tous climats les mêmes mœurs et les mêmes lois? Le Juif échappe-t-il donc à l’influence des astres, qu’il porte partout « la tache de nature », dira encore Grégoire de Nysse L argument était de poids, et on ne l’affaiblissait guère en disant que Juifs et chrétiens emportaient partout avec eux leur Loi, car c’était avouer que la Loi était plus forte que les astres. Bardesane le renforçait encore en faisant observer qu’un despote ou un législateur peut changer sur place les mœurs d’une nation, bien qu’elle reste soumise aux influences supposées par la théorie du milieu. Mais les astrologues n’étaient pas seuls visés par cette argumentation dirigée contre toute espèce de fatalité scientifique; et, au fond, ils n’en étaient guère plus embarrassés qu’un darwiniste moderne à qui on demanderait pourquoi les diverses races conservent leurs caractères spécifiques en dehors de leur habitat primitif ou peuvent évoluer sur place. Ils avaient même avantage a faire des concessions à leurs adversaires, afin de se garer de

1. Cf. Fr. Boll, op. ciC, pp. 184 sqq. Nous avons encore l’argumentation de Bardesane [c’est-à-dire probablement de Philippe, disciple de Bardesane] dans Eusèbe {Prae.p. Eu., VI, 10), dans les Recognitiones Clemenlinae, IX, 12-32 (in J. B. Cotelerii Patres Aposlolici, Tom. 1 [ed. 2* Amstel. 1724], pp. 581-586), et meme une traduction syriaque de son livre dans le Spicilegium Syriacum, by W. Cureton (London, 1855). Cf. A. Ililgenfeld, Bardesanes der lezte Gnosliker. Leipzig, 1864. Bardesane ne combat dans l'astrologie que le fatalisme : il croyait aux esprits résidant dans les planètes et chargés d’entretenir la vie cosmique. Origène (ap. Euseb., VI, 11) n’ajoute rien à l’argumentation de Bardesane. 11 l’afl'aiblit plutôt en suggérant l'explication par les astres signes et non causes (voy. ci-après, p. 600).

2. IlivTa crysôôv và [J-ÉpTi xf,î yî^i; x6 xwv ’louôaiwv £Tr£V£;i.f,6Ti yÉvoî, àvaxoXixoi, Suxixol, TTpoffapxxixot, Trivxa aj^£5àv xà ëOvt^ [jiEjxixxai xrp&î x7,v xwv ’louôatwv ffuvo:xY)fftv. Ilwî xotvuv où5£[j.ta xwv àaxpwv àvâyxT, ètî’ oùÔêvoî aèxwv Xiyyvi xtv. xwv £x xoü è'Ovo’jç yaplffaffOat xô àXwSïixov — à),V £v xw ôpiotw Tiâvxw; èo-xî ... uTio[j.£voûaïiî xt,v Xw6tjv xfjî ouxew; (Greg. Naz., De falo, p. 169 B).

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