OBJECTION TIRÉE DES LOIS ET MŒURS
l’accusation de fatalisme étroit ; ils regagnaient ainsi d’un côté ce qu’ils perdaient de l’autre. Il sultisait que l’hérédité ethnique pût être rapportée à une origine qui dépendait elle-même des astres K
Cette discussion concernant les conditions physiques de la ^'ie et les rapports du milieu avec les astres lit surgir d’autres dillicultés et d’autres solutions. Le raisonnement fait pour les races d’hommes était applicable aux espèces animales, qui, soit dispersées, soit conlinées dans leur pays d’élection, étaient plus dépendantes encore des fatalités naturelles. « Si », dit Cicéron, « l’état du ciel et la disposition des astres a tant d’inlluence à la « naissance de tout être vivant, on est obligé d’admettre que « cette inlluence s’exerce non seulement sur les hommes, mais « aussi sur les bêtes : or, peut-on dire quelque chose de plus « absurde » ^? Favorinus s’égayait à demander l’horoscope des grenouilles et des moucherons etSextus Empiricus rit de l’embarras d’un astrologue qu’il suppose en face d’un ûne et d’un homme nés sous le même signe et pourtant destinés, celui-ci aux honneurs, celui-là au moulin Il faut être prudent dans l’emploi
1. Les astrologues avaient encore ici un supplément de ressources clans l'horoscope des cités, ciui introduisait un élément commun dans la destinée de tous les citoyens. C’est le système dont Cicéron disait : O vim maximam erroris! Etiamne urbis natalis dies ad vim stellarum el liinae perlinebal? Fac in puero referre ex qua adfectione caeli primum spirilum duxeril; num hoc in lalere mil in caemento, ex quibus tirbs effecta est, poluit valei'e? (Cic., Divin., Il, 41). Cicéron raisonnait fort bien, sans doute; mais on pouvait railler aussi bien la prise des auspices et autres cérémonies religieuses usitées lors de la fondation des villes, en vue de leur assurer un avenir prospère, et ceux qui respectaient ces choses se trouvaient désarmés contre les astrologues.