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L ASTROLOGIE APPLIQUÉE AUX ANIMAUX

désormais, au règne végétal et minéral, justifiant ainsi, pour le règne végétal, les vieux calendriers des laboureurs, et préparant, du côté du règne minéral, les ambitions extravagantes des alchimistes qui chercheront les conjonctures d’astres propres à engendrer les métaux ou les pierres précieuses.

Ainsi, la série de dilUcultés nées de cette simple question : « pourquoi des groupes d’individus ont-ils même tempérament ou même destinée »? avaient amené les astrologues à se faire sur les races humaines, sur les espèces animales, sur le rôle du milieu et de l’hérédité, des théories qui leur valaient la réputation de savants. Ils eurent facilement raison de l’objection inverse, celle qui demandait pourquoi des individus nés dans les mômes circonstances avaient des aptitudes ou des destinées si différentes. Comment se fait-il, disait-on, que, entre tant d’hommes venus au monde sous les mêmes planètes, il ne naisse pas quantité d’Homôres, de Socrates et de Platons *? L’argument pouvait avoir quelque valeur au temps de Cicéron, mais Favorinus aurait dû savoir qu’il était depuis tout à fait usé. Avec la précision exigée

H, 1) constate que de son temps l’on croit à l’intluence des astres sur les animaux aussi bien que sur les hommes (xtliv -reepl Éxauxov àvBpojTrov, xi/a 5^ xai àTvôywv ÇQwv). Héphestion (111, 3) assimile les a>,0Ya aux à'Xoyot humains, et Fabricius (ad S. Empir., p. 353) a trouvé quatre thèmes généthliaques de veaux dans un traité A' Aslrophyskjue publié à Cologne en 1706. Rien ne se perd.

1. Quid? qui iiifjenio atqiie animo sbujulaves, num astpo quoque uno? qiiod enim tempus, quo non innumerahiles nascantur? al certe siniilis nemo llomeri (Cic., Divin., 11, 47). — De même, Favorinus, qui, comme Cicéron, joint les deux parties de l’argumentation attribuée ci-dessus (p. 581) à Carnéade : Quod ni quaedam, inquit, in hominum morte alque vita etiam divei'sis temporibus edilorum per slellariim pares quosdam poslea convenlus paria nonnulla et eonsimilia passe diciint oplinr/ere, cur non aliquando possinl omnia quoque paria usu venire, ut existant per hujuscemodi slellarum concursiones et simililudines Socratae simul et Antislhenae et Platanes multi genere, forma, ingenio, moribus, vita omni et morte pari ? (Gell . , XIV, 1 , 29). Sextus Empiricus connaît la réponse des astrologues, et il s'en sert pour dénier à ceux-ci le droit de se contenter d’estimations approximatives ; des ditî'érences minuscules étant, à les entendre, les causes pour lesquelles oùOetç yoûv ’AXeïivcpw xw MaxîOù/i yéyovîv Tao?, aaxa vip oIxou[xévT|V o'’jva-::oxs/93vxiov a0x<p, oùôè

IlXâxojv'. x(Ô stXotJôïw (§ 88-89, p. 352). S. Basile [In Uexaem. Homil., VI, 5-7) dira à son tour : si les conditions dans lesquelles naissent les rois se réalisent à tout moment, pourquoi ne naît-il pas des rois tous les jours? Et inversement, pourquoi les üls de rois, quel que soit leur thème de géniture, sont-ils rois à leur tour? Il y a toujours dans ces arguments une donnée hypothétique que les astrologues pouvaient nier. Les conditions requises ne se réalisent pas à tout moment, et il n’y a pas de thèmes de géniture absolument semblables. Enfin, les fils de rois ne régnent pas tous, et, au surplus, leur géniture royale est prédéterminée par celle de leur père.

î)88 CHAP. XIV. — l’astrologie dans le monde romain

par les méthodes de l’astrologie savante, il était hautement improbable qu’il y eût jamais deux thèmes de géniture identiques. Les éléments du calcul, les sept planètes et leurs aspects réciproques ou leurs dodécatémories, les douze signes du Zodiaque, leurs aspects et leurs rapports avec les planètes, les décans, les lieux fixes, les lieux mobiles ou sorts, etc., tout cela, mesuré au degré et à la minute, suffisait à des millions de combinaisons, arrangements et permutations mathématiques. Si, comme on va le voir, des jumeaux même n’avaient pas le même horoscope, à plus forte raison des individus nés en des temps ou des lieux différents. Les astrologues stoïciens auraient pu promettre à Favorinus de nouveaux Socrates et de nouveaux Platons quand r à'iroxa'uàa'caiT '.ç aurait fait recommencer au monde l’existence déjà vécue. En attendant, il y avait place pour une diversité presque infinie de génitures.

C’est là que les raisonneurs attendaient les astrologues. On connaît, par la célèbre comparaison de la roue du potier la façon dont les astrologues expliquaient comment deux jumeaux pouvaient avoir parfois des destinées si différentes. Les exemples étaient nombreux de jumeaux dont l’un mourait en bas âge et l’autre atteignait à l’extrême vieillesse, et la difficuUé avait fort tourmenté les hommes de l’art. Ils expliquaient le fait par la rapidité de la rotation de la voûte céleste, rapidité telle que les horoscopes des jumeaux sont séparés sur le cercle zodiacal par un intervalle appréciable. Si petit que soit cet intervalle, il suffit à produire des différences énormes dans le pronostic ^ Mais ils

1. Voy. ci-flessus (p. 256, 1). La roue servait à expliquer la marche des planètes, comparée à des fourmis cheminant à contre-sens sur sa surface (Vitruv., IX, I [4]). C’est par surcroît qu’elle a fourni une réponse à l’objection tirée des jumeaux. Quant à l’objection, elle est partout, depuis Diogène le Stoïcien et peut-être Carnéade. Cicéron la pose {Divin., 11,43. Cf. Pers., .Su/., VI, 17 : Geminos, horoscope, varo producis Genio) sans faire allusion à la réponse; les autres réfutent par surcroît la réponse (cf. Favorin., ap. Gell., XIV, 1, 26; S. Empir., ci-après, p. 589). C’est à qui citera des jumeaux dissemblables, et des jumeaux de sexe ditférent; argument d’autant plus fort que, si la naissance des jumeaux pouvait être successive, la conception devait être simultanée. Sed qunlecnmque sil in or/.u valere diciint : num quid el in conceplu? yfji el unum esse concubiium esse manifestum. est, et tanta naturae vis esti ut, cum conceperil femina, deinde allerinn concipere omnino non possit : 2inde necesse est eadem esse in qeminis momenta concepliis (.Augustin., C. Dei, V, 6). Ceci n’était pas admis sans conteste. Les partisans de la superfétation pouvaient invoquer la légende des Dioscures, Castor fils de Tyndare et Pollux fils de Zeus (Clem., Alex., Prolrept., p. 26 Potter).

2. C'est là proprement Vœstrmn astroloqiciim, l’aiguillon qui a poussé les

LES DIFFICULTÉS d’oBSERVATION

soulevaient par là un concert de récriminations. On leur demandait s’ils étaient capables d’atteindre dans la pratique à celte précision idéale d’où dépendait, de leur propre aveu, l’exactitude de leurs pronostics. Ici, Sextus Empiricus, sentant qu’il est sur un terrain solide, pousse une charge à fond contre les astrologues b Il suppose à l’œuvre une équipe de deux Chaldéens dont l'un surveille l’accouchement, prêt à frapper sur un disque de bronze pour avertir le confrère posté sur une hauteur, et il se fait fort de démontrer l’inanité de leurs précautions.

D’abord, la condition préalable pour préciser le moment horoscopique fait défaut. Ce moment cherché n’existe pas. Ni la parturition, ni même la conception ne sont des actes instantanés ou dont l’instant puisse être déterminé. De })lus, si le moment horoscopique existait, les astrologues ne pourraient le saisir. Étant donné la faible vitesse du son, il faut du temps au Chaldéen en faction près de l’accouchée pour transmettre l’avis nécessaire à l’observateur, du temps à celui-ci pour observer, et, pendant ces retards inévitables, le point horoscopique s’est envolé. L’observation est encore faussée par les erreurs dues au déplacement de l’horizon vrai par l’altitude du lieu d’observation, par des hauteurs qui barrent la perspective ou par la réfraction atmosphérique, au plus ou moins d’acuité de la vue de l’observateur, à l'impossibilité de voir les étoiles, dans le jour, et, même la nuit, à ta ditficulté de saisir des divisions idéales qui ne correspondent pas le plus souvent à des étoiles. C’est pis encore si, au lieu de viser directement l’horoscope, on a recours au calcul du temps, par la méthode des ascensions (àvacpopat). Alors, on a afi’aire à des clepsydres dont le débit est nécessairement variable, suivant la Iluidité de l’eau et la résistance de l’air. A supposer même que les gens du métier fussent capables d’écarter toutes ces chances d’erreur, à coup sûr les ignorants qui consultent les Chaldéens

astrologue.s à uiultiplier les divisions du cercle et à incruster dans des degrés contigus les influences les plus disparates. Mais ils n’échappaient à Charj'bde que pour tomber en Scylla. Plus ils raflinaient sur les données des problèmes, plus on leur contestait qu’ils eussent les moyens de les résoudre. Manilius, avec le zèle imprudent d’un néophyte, répète à tout propos que la plus petite difl'érence a de très grands ellets (Cf. 1, o6 sqq. 11, 693. 739. III, 203 sqq.). Les adversaires connaissaient bien ce refrain. Si les degrés ne suffisent pas, dit S. Empiricus (op. cit., p. 354), ils vont jusqu'aux minutes, qn’il leur est impossible d’observer.

1. S. Empir., op. ctC, §§ 50-88, pp. 345-332. Arguments reproduits <à satiété par la suite et qui passent à côté, comme visant les astrologues et non l'astrologie, l’insuRisance de la pratique et non de la théorie.

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ne 1 onl pas fait et n’apportent aux astrologues que des données suspectes, d où ceux-ci tirent des pronostics erronés.

Ces objections sont très fortes, et elles produiraient plus d’impression encore si notre philosophe avait pris la peine de les ranger en progression d’énergie croissante, au lieu de mettre en tête les plus fortes et de s’affaiblir ensuite en consentant à discuter des hypothèses déjà rejetées *. Le premier argument, à savoir l’impossihilité de préciser le moment de la naissance, était écrasant pour les imprudents qui, à force de subtiliser, parlaient de moment indivisible et de frappe instantanée. A quelle étape d une parturition parfois longue placer la naissance? Si les jumeaux avaient des horoscopes si différents, on pouvait appliquer le même raisonnement à une naissance unique et soutenir que la tète et les pieds d’un enfant ne naissaient pas sous le môme astre On avait beaucoup disserté entre philosophes, physiologistes, moralistes même, sur le mystère de la vie, vie organique, vie consciente, sur le moteur qui lui donne l’impulsion initiale, et les astrologues pouvaient emprunter des théories toutes faites, celle, par exemple, qui faisait commencer la vie « humaine » proprement dite au moment où le nouveau-né respirait pour la première fois et recevait ainsi le premier influx du monde extérieur. Mais le plus sûr était pour eux de laisser planer

1. Le syllogisme du début est celui-ci : riloroscope est la base de tout le thème de géniture; or, il est inobservable ; donc la méthode des Chaldéens ne tient pas debout — lofvuv aCTiiaTaTOî èariv -rj to)v XaXôaiuv p.É9o5oî (§§ 50-54). S. Empiricus développe inégalement et embrouille quelque peu les preuves de la mineure. Il s’attarde à disserter, en médecin qu’il est, sur les étapes de la conception (§§ 55-64) et de la parturition (§§ 65-67); et de plus, il mélange les objections visant tantôt les erreurs de l’observation directe, tantôt celles du calcul des àvacpopat. Il finit par faire preuve d’incompétence ou de mauvaise foi, en insinuant que les Chaldéens considèrent chaque signe du Zodiaque comme se levant en même temps pour tous les lieux d’un même climat (§ 83- 85). Il s’en prend, comme avant lui Cicéron [Divin., II, 44), à des astrologues qui ne sauraient pas que l’horizon se déplace avec l'observateur, et que chaque lieu a le sien; point de toute première importance, dit-il (xô 6è itavTwv auvexxixwxaxov), et qui est, en effet, l’A B C du métier. Cf. ci-dessus, p. 581.

2. Le raisonnement a été fait par le pape S. Grégoire dans une Homélie sur l’Epiphanie, tournée en réquisitoire contre les astrologues. Saumaise (op. ciL, p. 721) le reprend pour son compte, alléguant que certains enfants mettent plus de temps à naître que certains Jumeaux, par exemple, Jacob et Ésaü, nés simultanément pour ainsi dire, puisque Jacob tenait Esaü par le pied [Genes., xxv, 25). Mais, pour vouloir trop prouver, l’argument tourne à l’absurde, et sans profit; car les astrologues pouvaient, s’il leur plaisait, l’admettre et s’en servir pour expliquer comme quoi un cerveau puissant se trouve souvent porté par des jambes débiles.

LES DIFFICULTÉS d’oBSEKVATION

un certain vague sur des questions où la rigueur logique faisait seule l’obscurité. Le sens commun les trouvait beaucoup moins compliquées : il ne voyait pas de diiïiculté à compter la naissance d’un enfant pour un fait simple, et la naissance de deux jumeaux pour un fait double, composé de deux actes distincts et discernables, On a vu que, pour en finir avec les logiciens, Ptolémée avait pris le parti de ne plus chercher le moment exact de la naissance, mais de régler le calcul de l’horoscope sur d’autres considérations.

Mais ce qu’il importe de constater, c’est que, l’argument fiU-il sans réplique, il n’atteint que les astrologues et leurs méthodes pratiques, laissant debout l’astrologie, avec ses principes et ses théories. On en dira autant, et à plus forte raison, des difficultés soulevées à propos des erreurs d’observation. Quand il serait avéré qu’il est impossible de faire une seule observation parfaitement exacte, cela ne prouverait pas que la vérité qu’on veut atteindre n’existe pas. Les erreurs des savants ne sont pas imputables à la science*. Avec leurs instruments perfectionnés et leurs formules de correction, nos astronomes et physiciens modernes n’atteignent pas non plus à l’exactitude idéale, mais ils en approchent. Les astrologues anciens s’évertuaient aussi de leur mieux à en approcher, et on ne pouvait pas raisonnablement leur demander davantage. Leur contradicteur oublie d’ailleurs qu’ils n’étaient plus obligés de faire en un instant, comme il le dit, toutes les constatations qui entraient dans un thème de géniture. Avec leurs Tables et canons de toute espèce, ils pouvaient, un seul point du cercle ou moment de la durée étant fixé, déterminer à loisir la position simultanée des signes et planètes, comme le pourraient faire aujourd’hui nos astronomes avec la Connaissance des Temps, sans avoir besoin do regarder le ciel ^

1. Ptolémée consacre tout un chapitre {Tefrah., 1, 2) à montrer que la prévision astrologique est possible et jusqu’où elle est possible : "Oxi Az-zxkr,r.- Tix'f, f| 6'.’ i^xpovoiAÎa; y'/wo’tî '/.al [xs/p'. xivo;. Il convient qu'il y a des charlatans, et aussi que les savants les plus consciencieux peuvent se tromper.

6[xus svapyéî ècxiv, oxt xàv S'.îpîuVTiX'.xûî xt; w; è'v. ixâ^asxa xai yvTjj'oj; xot; 'xocÔt,gaffi -pojîp/Tixa'., T:o)»Xâvc'.; Trxatsiv aûxôv Èv5r/exai, 5'.’ oôôèv ixÈv xôiv 3ipT,ui£v(i)v, 5:' aùxXv oè xoü T:p!ïY[J.axo; ç’jo-tv, xal xF,v x:p6; xô |X£y£0o; xf,; È-ayysXîaî àaOsvsiav. Que veut-on de plus ? Si l’astrologue est ignorant, dira Firmicus, 7io?i malhesis, sed liominis fnllax ac teme.i’aria noletur inscientia (I, 3, 8 Kroll).

2. Origène (ap. Euseb., Praep. Ev., VI, 11) ledit formellement : il ne conteste que l’excès de précision, poussée jusqu’à la seconde d’arc {ihid., VI, 11, 57-3!), 73-80) et rendue plus dilllcile encore par la précession des équinoxes, qui a dissocié les figures ( ixop-f tôgaxa) du Zodiaque et les signes Actifs (voTjxà l^ûàta).

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Ainsi, l’assaut sans cesse renouvelé contre les pratiques fondées sur la détermination de l’Horoscope instantané ne faisait pas de brèche appréciable dans la théorie. Eût-il été victorieux que l’astrologie, abandonnant la plus connue et la plus savante de ses méthodes, — la généthlialogie ’, — aurait continué à prospérer en se rabattant sur les procédés plus populaires qui sulbsaient aux neuf dixièmes de sa clientèle, sur ses « élections » et « interrogations ».

Que restait-il encore à objecter? Que la chaîne des causes et des effets étant continue, la destinée des enfants devait être virtuellement incluse dans celle des parents, et ainsi de suite, avec régression jusqu’à l’origine première de l’espèce? Cela, non seulement les astrologues l’accordaient, mais ils avaient peut-être été les premiers à y songer. Dans tout thème de géniture, il y a la case des parents, où peuvent se loger des conjectures rétrospectives, celle des noces et celle des enfants, où est prédéterminée la descendance future de l’enfant qui vient de naître. Aussi reprochait-on aux astrologues non pas de décliner cette tâche, mais de la croire possible en vertu de leurs principes. Favorinus n’y manquait pas. Il avait bâti là-dessus un raisonnement extrêmement captieux, trop subtil pour être efficace. Il commence par exiger que la destinée de chacun ait été marquée par les étoiles à chaque génération dans la lignée des ancêtres depuis le commencement du monde. Or, dit-il, comme cette destinée, toujours la même, a été bien des fois prédéterminée par des dispositions d’étoiles différentes, — aucun thème de géniture n’étant identique à un autre, — il résulte de là que des combinaisons différentes peuvent aboutir au même pronostic. Si l’on admet cette conclusion, il n’y a plus ni principes, ni méthode en astrologie ; tout

1. Ptolémée abandonne déjà, en fait, l’Horoscope de la conception, qu'il suppose nécessairement d’accord avec celui de la naissance (ci-dessus, p. 376).

2. Si disciplina isla fundamento aliquo verilalis nixa est, cenlesimo usqve abhinc saeculo vel magis primo caeli atque mundi exordio atque inde jum deinceps, continua significatione, quoliens generis auctores ejusdem hominis nascerentur, slellae istae praemonstrare debiierint qualis qualique fato fui unis sil quisquis liodie natus est. Quo autem, inquil, paclo credi potes! , uniuscujusque slellarum formae et posilionis sortem atque fortunam uni omnino homini certain destinatanique esse si vilae fortunarumque ejusdem hominis indicia in tam brevibus inlervallis — lom saepe ac tam multipliciter eadeni ipsa, non eadem stellarum fade denotantur? Quod si id fieri potest eaque diversilas atque varietas admittitur per omnes anliquitatis gradus ad significanda eorum hominum qui post nascentur exordia, imparilitas haec turbat observationem omnisque ratio disciplinae confundilur (Gell., XIV, 1, 20-23).

AHGL'MENTS DE FAYOHlNLS

croule par la base. Ainsi, en vertu de leur doctrine, les astrologues sont obligés d’admettre un postulat contradictoire avec leur doctrine. Il faudrait la patience d’un scolastique pour analyser cette mixture sophistiquée, et il n’y a pas grand intérêt à le faire, puisque la prédestination est une question qui n’intéresse pas seulement les astrologues et que ceux-ci ne prétendaient pas pousser leurs enquêtes, dans le passé ou vers l’avenir, au delà des bornes de 1 intelligence humaine. Disons seulement que le spirituel improvisateur tombe dans l’absurde en voulant que le thème d un ancêtre ait contenu explicitement, c’est-à-dire ait été en réalité celui de chacun de ses descendants, tout en restant le sien. Cela reviendrait à demander que les astres fussent, chacun au même instant, dans plusieurs positions différentes, ou que le grand-père, par exemple, fût son propre petit-fils.

Nous en avons fini avec les raisonneurs qui ne font appel qu’à la raison, ceux qui cherchent à détruire l’astrologie, et non à la remplacer par la foi qui leur agrée. Après Sextus Empiricus, la logiciue pure n’est plus représentée; on ne rencontre plus que des théologiens. La bataille engagée contre l’astrologie au nom de la raison raisonnante n'aboutit pas. Elle laissa subsister l’idée que les erreurs des astrologues étaient imputables aux imperfections d’une science perfectible, et que les astres inlluent réellement sur la destinée de l’homme en vertu d’une énergie physique, connue par l’expérience, qu’il est peut-être dillicile, mais non pas impossible de définir et de mesurer. La polémique

menée par les théologiens — néo-platoniciens et chrétiens

sera moins efficace encore ; car les adversaires ne sont plus séparés que par des nuances, et ils ont moins souci d’abattre l’astrologie que de la rendre orthodoxe.

l’astrologie et la discussion dogmatique

Sur les confins de la science et de la foi, participant de l’une et de 1 autre, mais peu affectée par les progrès de l’une et les variations de 1 autre, et surtout plus indépendante qu’on ne croit des moralistes, est assise la morale, reliquat et résumé des habitudes de l’espèce humaine, compromis perpétuel entre les sollicitations divergentes de l’intérêt et du devoir. C’est une question qui restera toujours indécise que de savoir si l’astrologie était, par essence ou en fait, contraire à la morale; ce qui est certain, c’est

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qu’elle a paru telle à bon nombre de moralistes, et que, sur ce terrain commun à tous, il n’y a pas lieu de distinguer entre rationalistes et mystiques. Un coup d’œil jeté sur la querelle visant le fatalisme astrologique sera une transition commode pour passer des uns aux autres.

La morale présupposant le libre arbitre, toute doctrine qui tend à représenter nos actes comme déterminés sans l’intervention de notre volonté est légitimement suspecte aux moralistes. Toutes les méthodes divinatoires sont dans ce cas, et l’astrologie n’est prise à partie de préférence que parce que ses allirmations sont plus tranchantes et les conséquences de ses principes plus aisées à découvrir. Mais, d’autre part, il y a dans les conditions et obstacles qui entravent le libre exercice de la volonté une somme de fatalité que les moralistes raisonnables ne songent pas à contester. Tel est, par excellence, le fait de naître en un certain temps et un certain lieu, avec certaines aptitudes physiques et intellectuelles ; fait que l’astrologie avait la prétention non pas de créer, mais d’expliquer et d’exploiter pour la prévision de l’avenir.

Nous avons dit et répété que l’astrologie grecque avait pris immédiatement conscience du fatalisme inhérent à ses principes au sein de l’école stoïcienne et qu’elle avait pu se croire réconciliée par ces mêmes Stoïciens avec la morale. Panétius misàpart, il n’y eut guère parmi les Stoïciens que Diogène qui ait mis en doute le caractère fatal des pronostics astrologiques. Encore étaitil d’avis que les astrologues pouvaient « dire d’avance de quel « tempérament serait chacun et à quel office il serait particulière- « ment propre » *. En général, on concédait volontiers aux astrologues que les astres peuvent agir sur le corps; ceci posé, suivant l’idée qu’on se faisait de la solidarité de l’âme et du corps, on était conduit à admettre une influence médiate, plus ou moins efficace, sur la volonté. C’était aux philosophes de débattre ce point : l’astrologie s’accommodait de tous les systèmes. Aussi les partisans de la liberté absolue. Épicuriens et sceptiques, se gardaient d’ouvrir cette fissure au déterminisme ^ ; ou, si l’opinion courante leur forçait la main, ils se hâtaient de dire que linfluence des astres, au cas où elle serait réelle, échapperait à nos

1. Texte cité plus haut, p. 544, 2. C’est une concession que Cicéron appelle un peu plus loin une espèce de praevaricatio (Cic., Dîvm., 11, 43). Diogene ne ne refusait pas aux astrologues ce qu’on accordait aux physiognomomstes. ^

2. ToLuv oCoc ea-n npôî xà; xwv àffxépwv xtw.aetî 6ionc£iff6ai xôv p£ov ti tir..? tffxiv sûXoYov, T,aiv Tirivxwî àxaxoc>.Ti iï xo v (S. Eiup., § 93, p. 353). De uienie, 1 orphyre (ci-après,’ p. 601). Cf. ci-dessus (p. 574, 1 et p. 578, 3) la réponse de hirmicus.

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