Avâyvwffi.ç tpujixwv ypatxp-àxwv [ibid
4. A vrai dire, cette physique est plutôt transposée que supprimée. La qualification de « miroirs » pour les astres peut être prise à la lettre, car les théurges « chaldaïques » reviennent au vocabulaire stoïcien, tout en protestant quils ne l’emploient qu’à l’état de métaphores. Ils enseignent que « le divin >■ est feu, lumière, chaleur vitale, esprit ou souffle chaud qui « allège » (xo-joi^st) et entraîne en haut tout ce qu’il remplit; si bien que l’âme remplie de feu arrive à rejoindre et à voir Dieu — ti aûxoïûdjî xoü nopôî àvairXTjpwuii;, T|X'î tuxiv -f; Sreoü ôij/'.ç (Procl., op. cit.). De là des exhortations « morales » comme celle-ci : xw Srepjxw itpoa5pi|xu)[j.£v, xà <j/uyp6v Èx'pûyovxsî • nüp yEvûuEOa {ibid.). Du reste, l’imagination humaine peut se garder d’identifier, mais non de comparer Dieu à la lumière. Cf. .loh., i, 4, 9. vin, 12. Ep. Joli., i, 5 {Deus lux est), et la Trinité de Dante, lumière tricolore en « circulation » éternelle {Paradiso, ch. xxxni, 113 sqq.).
DOCTHLNE DE PLOTIN
constellations, purent rapporter sans scrupule à Hénoch ou à Abraham les règles de déchifï'rement applicables à celte kabbale céleste.
Les successeurs de Plotin s’attachèrent à domestiquer, pour ainsi dire, l’astrologie, à la faire entrer dans leur système, non pour le dominer, mais pour lui servir de preuve et de point d’appui. Porphyre, partisan décidé du libre arbitre, conserva toujours une certaine défiance à l’égard de l’astrologie. Il commença et linit par la déclarer science excellente, sans doute, mais inaccessible à l’homme et au-dessus même de l’intelligence des dieux et génies du monde sublunaire b Cependant, son respect religieux pour le Timée l’empêchait de briser la chaîne qui unit l’homme aux astres, et il est amené par là à s’expliquer à lui-même, c’està-dire à justifier bon nombre de théories astrologiques, celles précisément qui heurtent le plus le sens commun. A l’entendre Platon concilie le fatalisme efï’ectif, celui qu’enseignent « les sages Égyptiens », c’est-à-dire les astrologues, avec la liberté, en ce sens que l’àme a choisi elle-même sa destinée avant de s’incarner, ayant été mise là-haut, dans la « terre céleste » où elle a passé sa « première existence », à même de voir les diverses destinées, humaines et animales, écrites dans les astres « comme sur un tableau». Une fois choisie, la destinée devient inchangeable ; c’est l’.4/ro^)o.9 mythique. C'est ce qui explique (ju'il puisse naître sous le même signe des hommes, des femmes, des animaux. Sous le même signe, mais non pas au même moment. Les âmes munies de leur lot (/.À-^poî) et descendues des sphères supérieures attendent, pour entrer dans notre monde sublunaire, que la machine cosmique ait en tournant réalisé les positions astrales prévues par leur lot. Qu’on imagine à l'Orient, à 1' « Horoscope », un troupeau d'âmes en appétit d'incarnafion devant un étroit passage alternativement ouvert et fermé par le mouvement de la grande roue zodiacale, celle-ci percée d'autant de
1. O: ‘/.avôvîî TTj; y'VcO),taXoy(a; eîsiv àvap(0;xT,TOi y.a: ày. ar 2). t, — t o i ‘ à/. Ai yat àô'jvaxo; Et; yv û atv r, ;xa0T,ixaxtyT, E~t5XT||XT, y. x. A. (Porphyr., Lp. ad Aneb., S iO. Cf. Porpliyr. ap. Philopon., De mundi créai., IV, 20 : infra, p. 603, 2).
2. Voy. l’extrait flop aup tou TEEpt xoû Èa’ t, u.tv dans Stobée II,
39-42 [11, pp. 103-107 Meineke]). 11 admet que Platon a emprnntô le canevas de son mythe aux Égyptiens (xo>v -ap' Atyu-rxtot; xoaôiv xou; ptou; va. xüv ûpoxyô- Txwv aT|p.£tou|X£vt»v), mais qu’il ne s’accorde pas avec eux dans le détail. Ces sages Égyptiens sont, bien entendu, les Nécbepso et Pétosiris, les Herniés Trismégiste, Tat, Askiépios, etc., tous les fantômes que faisaient parler les fabricants de livres apocryphes. Porphyre retrouve môme la doctrine des deux existences dans Homère !
602 CHAP. XVI. — l’astrologie dans le monde romain
Irous ({u’elle compte de degrés. Au moment voulu, poussée par la .Justice, qu’on appelle aussi la Fortune, telle âme, l'âme d’un chien, par exemple, passe par le trou horoscopique, et, l’instant d’après, une âme humaine par un autre trou *.
On a peine à tenir son sérieux en face de ces graves élucubrations : on croit voir s’allonger à la porte du théâtre de la vie cette queue de ligiirants qui attendent leur tour et présentent au contrôle de la Justice leur carte d’entrée estampillée de caractères astrologiques. Porphyre ne dit pas si ces âmes, une fois entrées par l'horoscope, vont animer des embryons ou des corps tout laits, dans lesquels elles se précipitent avec la première inspiration d’air atmosphérique. Mais il connaît les deux variantes du système, et il montre qu’on peut les combiner dans une solution élégante, qui dispense de recourir à l’exhibition préalable et adjudication des lots dans la « terre céleste ». Il suffît pour cela de supposer que l’âme fait le choix d’une condition au moment où elle voit passer devant elle un horoscope de conception ; elle entre alors dans un embryon, et l’horoscope de naissance où commence la « seconde vie » ne fait plus que manifester le choix antérieur Voilà de quoi satisfaire et les astrologues et les physiologistes qui les ont obligés à calculer l’horoscope de la conception en alfirmant que l’embryon ne peut vivre sans âme.
Par ce qu’admet Porphyre, l’esprit fort de l’école néoplatonicienne, on peut juger de la foi d’un lamblique ou d’un Proclus, des mystiques affamés de révélation et qui eussent été des astrologues infatigables si la magie, sous forme de théurgie, ne leur avait offert une voie plus courte et plus sôre de communiquer avec l’Intelligence divine
ojv T| JJ.ÈV sXo|j:év7) xuvôç |3tov l'pyeTai èttI tôvôe t6v wpoaxÔTrov, -fi 5è àv0pw- Tiou xaxà T->\v Trapân).!^!'/ xfiî axty[j.f|Ç èitixovSs • tsépst 6' aùx-I|V f, axtx xt,î t,6o-
TTOita; tôtdxTixa sitl x^iV pLotpav xf,i; TTSpiœopà; f; piov ygypapipiÉvov xpduçopov xatî auxf,î xpoSupitai;. 'H 6è Xsysxat, atxia oüaa à5T,)vO(; àvOpojxtvw Xoyia[jLW. —
Aixia xoivuv é'Xopi.évwv t, yjvaixôç t) àvôpôi; ptov t; àXhou xivôî !^(î)ou èx xfj; ei; xôv wpoffxdxov œopâi; • aîxia 6è xal xf|Ç svs)^9££ff7]!: stç xôvSs xôv ûpojxdxov xô éXEsOat xèv ôsûxspov piov, 8v ysypa]j.[X£vov Ô£ixvÛ£i -fi xaxà xôv üpoaxôxov xExayjjtÉvT, Siaxôa- |j.Tiatî xü)v àax£p(jjv [ibid., § 42). La même théorie est exposée par Proclus (in Anal, sacr., V, 2, pp. 97 sqq., 137, 173 Pitra), qui voudrait voir les chefs d’État attentifs au moment de la uxopâ, pour capter les âmes de bon aloi. Cf. ci-dessus, pp. 22, 2 et 508.
2. Kl [JLT, xi; x-fiv p.£v xaxà x^v crxopàv wpoaxoxlav xoü àvOpwxou xuvô? É).£a6ai £[xtpatv£tv xôv xXf,pov £txot, x^v 5è xaxà xf,c £x yaaxpô; Èxxpoxf,? wpoffxoxiav xoü ÔEuxÉpou piou xal £xi xo) xpoatpE0£vxt ÈvÔEixvüvai xà,v aïpEfftv [ibid.). La vie intrautérine est comme un intermède entre les deux existences.
3. lamblique, le « Syrien inspiré », le « divin », est un pur théologien.