‹ L'astrologie grecqueChapitre 342 sur 360 · Mattb., U · texte numérisé non relu

Mattb., U

5. Matth., XXVII, 45; Marc., xv, 33; Luc., xxiii, 44. Cf. la tradition astrolo-J-ique sur les éclipses co'incidant avec la mort des grands personnages (cidessus, p. 369, 1, et Virg., Georg., 466). La tradition chrétienne tient à bien

l’étoile UES MAGES

célestes qui devaient annoncer son retour, le soleil obscurci, la lune éteinte, les étoiles tombant du ciel dans les Ilots mugissants de la mer et « les puissances des cieux ébranlées »

Le cas des Mages — qui n’étaient pas encore des rois — lut pour les exégètes et polémistes chrétiens un embarras des plus graves. C’était l'astrologie, la vraie, celle des Chaldéens ou Mages installée en belle place et dans son oflice propre, à la naissance du Christ, dont l’étoile annonce la royauté. Un horoscope, même royal, pom- J.-C., c’était le niveau de la fatalité commune passé sur riIomme-Dieu ; c’était aussi, puistpie le signe avait été compris des hommes de l’art, un certificat de véracité délivré à l’astrologie, et par Dieu môme, qui avait dû en observer les règles pour rendre le présage intelligible. Dire que Dieu s’était servi d’un astre pour avertir les Mages, simplement parce qu’ils étaient astrologues n’afFaiblit pas la conclusion : ils avaient été avertis, donc ils comprenaient les signaux célestes.

Il y avait une transaction tout indiquée, et c'est celle dont s’avisèrent d’abord les docteurs chrétiens : c’était, pnis(jue l’astrologie était une pratique inventée ou un secret dérobé par les démons et (|ue J.-C. était venu mettre tin au règne des démons, c’était, dis-je, d’admettre que l’astrologie ou magie avait été ou pu être véridique jusqu’à la naissance du Christ et qu’elle était venue abdiquer, pour ainsi dire, dans la personne des Mages païens, au berceau du Rédempteur. C’est l’explication à laquelle

i-listinguer ce miracle d’une éclipse : l’obscurité couvre toute la Terre et dure trois heures, tandis qu’une éclipse de Soleil n’est visible que successivement en divers lieux et n’est complète que durant quelques minutes pour chacun d’eux.

t. Matth., XXIV, 29; Marc., xiii, 24-2.ÿ ; Luc., xxi, 25.

2. Ces Mages — que la légende transforma plus tard en rois — étaient des magiciens arabes (.lustin., Dial. Tnjph., 11-18. Tertull., Aciv. Marc., III, 13), ou des Mages de Perse (Clem. Alex., Slrom., 1, p. 359 Potter; Basil., llomil. .VA’E, p. 510), de Perse ou de Chaldée (lo. Chrj’s., llomil. VI et VIL Diod. Tars., ap. Phot., cod. 223). S. Jérôme convient franchement que c’étaient des astrologues authentiques, des philosophi Chaldaeorum (llieron.. In Daniel., 2) et meme docli a dae.monibus (llieron.. In Isaiam, 19). Chaldaeorum profeclo sapientes viri (Chalcid., In Tim., § 125). Celse les appelle aussi des « Chaldeens », et Origène (C. Cels., I, 58) n’y trouve pas à redire. Sur la question des rois mages, voy. J. Car. Thilo, /Îî/,9eôü .lle.randrini oratio lleol às-roovô[j.wv [praemis.^a de mapis et slella qnaeslione) e Cod. Reg. Par. primum édita . Progr. Ilalae, 1834. La royauté des Mages fut inventée (vers le vic siècle), comme la crèche, le bœuf et l’âne, pour montrer l’accomplissement des prophéties (cf. Is., 1, 3 ; 33, 16; 49, 1 ; 60, 3 et 6. Psalm., 62. 10. Habac., 3, 2). Bède le Vénérable est le premier qui sache leurs noms.

.1. EirstS-Ti yip lîspl TaOxa rl,v ’ziypry eI/ov. èxeiOEv aôxo'j; î'D,y.’jïî (lo. Chrys., Uomil. lll in Epist. ad ntum).

612 ciiAi>. XVI. — l’astrologie dans le monde romain

s'arrètenl saint Ignace et Tertullien Les Gnostiques Valentiniens avaient creusé le sujet pins avant, et ils avaient fait sortir de là une tliéorie des plus séduisantes. Suivant Théodote, l’étoile des Mages avait « abrogé l'ancienne astrologie » en lui enlevant sa raison d’ètre ; la grâce du baptême « transportait ceux qui ont foi au Christ du régime de la prédestination sous la providence du Christ lui-même ». Le chrétien, surtout s’il est gnostique, échappe à la fatalité et à la compétence de ses interprètes ^ Soit! Mais, à ce compte, l’astrologie était reconnue véridique pour le passé; elle aurait continué à l’être pour la clientèle païenne, et les astrologues contre qui il s’agissait de lutter n’en demandaient sans (.toute pas davantage. On leur concédait le fond du débat, et ils pouvaient prendre en pitié l’orgueil de gens qui se mettaient eux-mêmes hors la nature.

Il arrive parfois aux Pères de l’Église du siècle suivant de répéter que la prédestination et l’astrologie sont exclues du régime de la Loi nouvelle mais ils sentaientbien que cet argument, d’orthodoxie suspecte, ne résolvait pas la difficulté et en soulevait de plus grandes. Us cherchèrent d’autres raisons. Us firent remarquer que l’étoile des Mages n’était pas une étoile ordinaire, ni fixe, ni planète, ni comète; qu’elle avait marché autrement que tous les astres connus, puisqu’elle avait conduit les Mages à

I. Ignat., Epist. ad Ephes., 19. Tertullien discute, et il repousse énergiquement ces amorces d’astrologie chrétienne : Sed magi et astrologi ab Oriente veneriint. Schnus magiae et astrologiae inter se societateni. Primi igitur stellarum interpret.es natum Christum annuntiaverirnt, primi muneraverunt. Quid tum ? Ideo mine et mathematicis patrocinabitur illorinn magorum religio ? Ve Christo scilicet est mathesis hodie ; stellas Christi, non Saturni et Martis et ciijiisque ex eodeni ordine mortuorum observât et praedicat. Al enini scientia ista iisque ad Evangelium fuit concessa, ut Christo edito nemo exinde nalivi-

tatem alicujus de caelo interpretetur (Tertull., De Idolol., 9).

2. i£vo; àsTf'ip, xaxaXûtov xl|V icaAaiàv àuxpoBcatav — iva pexaGfi xoùî xôv

XpiCTXüv lîtcrxE'jsavxa; ir.b xf,î £t;a.ap]X£VTi; si; xt,v sasivou Trpovotav. — Ms/^pi xoü Pairxio’[xaxo; oijv f, st;xap|xÉvfi, tpaciv, àAT,0T|;, |xsxa ôs xoüxo oOxsxi à)»T,6c'jO'jîiv oi àcrxpoXdyoi (Clem. Alex., Excerpt. ex Theodoto, §§ 68-78). Les théurges, trouvant que leurs charmes valaient bien le baptême, en disaient autant de leuis disciples : où yàp ùa’ s i [x a p x v à y s X 7) v KiTrxo'Jxi S s o ’j p y o t (oi acle ci té par lo. Lyd., 11, 9, p. 23 ed. Bonn. Cf. lamblich.. De Myster., p. 223, 9.

Procl., Di Alcibiad., p. 317, 36). et Arnobe raillait en bloc tous ces vaniteux personnages : ab sciolis nonnidlis et plurimum sibi adrogantibus dicitur deo esse se gnatos nec fali obnoxios legibus (11, 62).

3. ’looù, [ô àffxpô)\oyo;], xal xoü Xptxxoü yevvT|6svxo; àsxhp scpâvT,, oiTip

sxxl Tf, 'xsTov xoü XT|V àsxpoAoyiav sivat [is6a'.av • ~io; oov. si xax sxsïvov cxsyô^j x6v v6|xov, à X X p O 7> O y i a V s X u a s , x a l s i ;x a p ;x é v t, v à v s i X s , xat ùaijxova; £,.cT i.ôjx’.ffs X. X. X. (lo. Chrys., Ilomil. VI in Matth.).

l’étoile des mages

Bethléem, et n’était, par conséquent, nullement assimilable à une étoile horoscope. L’horoscope astrologique sert à prédire la destinée des enfants qui naissent, et non pas à annoncer les naissances. En un mot, l’étoile des Mages avait été un llambeau miraculeux, peut-être un ange ou même le Saint-Esprit, et, comme telle, elle n appartenait pas au répertoire des données astrologiques Le raisonnement n’est pas très serré et pouvait être aisément retourné. Il l'estait avéré que des astrologues avaient deviné juste eu observant le ciel, et, si l'astre était nouveau, il en fallait admirer davantage la sûreté des méthodes (jui avaient suffi à un cas tout a fait imprévu -. C’est sans doute parce qu'ils avaient vu 1 astre miraculeux s’écarter de la route ordinaire des planètes qu ils 1 avaient suivi, et cela par calcul ; car, s'ils avaient ol)éi à une suggestion divine, — eux instruits par les démons, au dire de saint Jérôme, — on ne voit pas [lourquoi Dieu se fut adressé de préférence à des astrologues.

La preuve que le débat ne tournait j>as nécessairement à la confusion des astrologues, c’est que l’auteur chrétien de l’//erluippus se prévaut du récit évangélique concernant les Mages

l. S. ffasile déclare l’étoile ;jltiS£vI twv 7uv/'|0(üv —apa?: i ov, et

échappant aux prises de l’astrolo}{ie : xat |x-ri5cl!; éXxéxw xr,v xf,; àxxpoXoyia;

7T3£paTXc’JTjV £'.Ç XT,V XOU OtŒXSpOs itVaTO^TjV ' Ot jxàv yàp TT^V ySVîTlV TtOOJavoVTÊÎ SX t(Lv T,0'ri ovTo>v dt'TXspwv Tov Totovos <T/T,aax’.a’|ji6v olÏxw cîva; X(ov xaxà piov ffuixTCxojpixxojv SX27XW xiôîvxa- (Hasil., llom. p. 510). — où yàp or,

xo'jxo àxxpovopîa; è’pyov ixxiv, irJj xwv dtxxpuv eiSÉva; xoù? xixxopsvo’j;, àW' ù-b xf|î (Vjpa; xwv x'.xxoaÉvwv —poava'jojvïîv xà asXXovxa Ëo’îO'Oai, w; 'pajiv (lo. Chrys., loc. cit.). Doctrine suggérée déjà par les Gnostiqnes (cf. ;£vo; àcrxf,p, cidessus, p. 612, 2), commune à S. Grégoire de Nazianze, Diodore de Tarse. S. Jean Chrysostome et tonte l’école d’Antioche. De mémo l'auteur de Vllermipjitis ; àxxspa x'.và ^svov olpai xo'j (J'jvt.Oouî (I, 9, § ot). Diodore de Tarse disait ; oûvapiv x'.va Srstoxipav. Cf. l'ange apparaissant aux bergers dans S. Luc(n, 9 sq.).

Ces docteurs croient répondre à l’objection en disant : c’est un prodige. Us oublient que les prodiges sont les signes divinatoires par excellence, seuls même à l’origine, et que, dans les méthodes les plus systématisées, il reste toujours une marge pour les prodiges — les comètes et les bolides en astrologie. On crut revoir l’étoile des .Mages dans celle qui apparut en 15'72 dans la constellation de Cassiopée, et Théoilorc de lîèze en conclut que le second avènement du Christ était proche (F. Iloefer, Ilisf. de l'aslrotiomie, p. 329).

2. L étoile était [)révue depuis longtemps par la tradition messianique (E. Renan, Vie de Jésus, 19® éd., p. 251). Il est assez curieux de retrouver dans les légendes romaines un guide céleste venu aussi d'Orient. Varro ait /unie s/ellam Luciferi, qnae Veneris dicitur, ab Aenea, douée ad iMi/rentinn aqrum veniref, seynper visam, et postqaam pervenit, videri desiisse (Serv., Aen., Il, 801). Enée est conduit à un endroit déterminé par un astre qui. pour être une planète connue, n'en agit pas moins miraculeusement.

614 CHAP. XVI. L’ASTlIOLOaiE DANS LE MONDE HOMAIN

pour montrer que la conliance en l’astrologie est compatible avec la foi chrétienne, à la seule condition de prendre l’étoile pour signe et annonce, non pour cause de la « naissance du dieu Verbe » Il s’interrompt, il est vrai, pour recommander de mettre le verrou aux portes, sachant que son opinion n’est pas pour plaire à certaines gens.

Nous voyons reparaître une fois de plus ici le scrupule qui excite le zèle des docteurs et qui, une fois calmé par la distinction entre les 6'i</nc.v et les causes, les laisse dépourvus de raisons péremptoires ou même disposés à l’indulgence en face des autres prétentions de l’astrologie. Que les astrologues renoncent à dire que les astres règlent la destinée; que, comme Platon, Philon et les néoplatoniciens, ils leur attribuent seulement le rôle de signes indicateurs, d’écriture divine, et plus d’un adversaire posera les armes, persuadé qu’il n’y a plus alors de fatalisme astrologique et que la conduite du monde est remise, comme il convient, à Dieu seul. Au fond, Origène ne leur demande pas autre chose ^

1. La condition est oùy^ oxi è'-si'/t] [ô ènl xf,; xoü SJsoü Aôyou yevéxEu); àjxf,p]

xalxoùî |X3tyouî cjuvs'f e’.Xxûffxxo, xr,v yÉvEXiv àTTSx£>,£!T£v, àV/.à xoivavxtov x£ aouijlsvtiv È<T-ripLavEV, oiovsi xtî xal irpoayysXs'j; xoü xoffoüûc xaî.oü yEyovw^

[Hermipp., 1, 8, 48). C'est, retourné en faveur de l’astrologie, l'argument invoqué contre elle par S. Jean Chrysostome (ci-dessus, p. 612, 3) et par S. Augustin, qui foudroie les partisans de l'étoile-horoscope, agent de la naissance et cause de la fatalité, même pour le Christ : Hic jam eriibescal slultilia sacrileç/a et qiiaedam, ut ïta dicam, indocia doctrina, quae ideo putat Chrislum sub slellarum décréta esse natum, quia scriplum est in Evanfielio, quando natus est, stellam ejus magos in oriente vidisse. Quod veruninon esset, nec si homines sub décréta ejusrnodi nascerenlur ; quia non sicul Dei filius propria voluntate, sed natwae mortalis conditione nascunlur . Nunc aulem tantum abhorret a vero, sub stellato fato natum esse Chrislum, ut nullum hominem ita tiasci credal quisquis recte crédit in Chrislum. -- Hinc enim potius Christus non sub dominatu ejus [stellae], sed dominas ejus apparuil; quia ilia non in caelo sidereas vtas tenuil, sed hominibus quaerentibus Chrislum viam usquead locurn in quo tialus fuerat demonstrauit. Unde non ipsa Christian fecit mirabiliter vivere, sed ipsam fecit Christus mirabiliter apparere [k\\g.,Serm. CXCIX, t. \ , 633 Bened.).

2. Origen., In Genes. comm., ap. Euseb., Praep. Ev., VI, 11. Origène n a

qu’un but : montrer que la prédestination ou fatalité astrologique (EtîJ.ap]j.évT,) n’existe pas, mais seulement la prescience divine (7:pôyv(ocrtî xoü Oeou), laquelle n’est pas contraire à la liberté humaine, attendu que la prescience divine n'est pas non plus cause, mais signe, enregistrement, connaissance — anticipée à notre égard, simultanée pour Dieu - de nos actes. On ii’a rien ajouté depuis aux arguments sur lesquels il édifie cette thèse londamentale, si ce n’est qu’il est plus sage d'y croire que d'essayer de la démontrer. 11 entend prouver : 1« oxi ol àaxÉpEÇ oox Etal rôtxixtxo i xwv ev av6pwitot;, ar, [la vxt xo i 6è [idvov, 2“ oxt âvGpu-îiot x'r,v nEpl xoüxwv àxpi6ü>î Èy£iv où Suvavxat, 3.11t.

Suvx;j.£cnv àvüpiô-wv xpEixxoxt xà c7T||XEtx ExxEÏxat {ibid., VI, 11, 30). On remai-

DOCTRINE d’oUIGÈNE

Il n'oublie pas de faire valoir contre les astrologues les objections connues, l’argument des jumeaux, l’argument inverse tiré des races, voire la précession des équinoxes, enfin, l’impossibilité où ils sont de satisfaire aux exigences de la théorie; mais, contre l’astrologie elle-même, conçue comme interprétation de signes divins, il n’a rien à dire, sinon qu’elle est au-dessus de l’intelligence humaine. Encore n’est-il pas très ferme sur ce terrain; car enfin. Dieu ne fait rien en vain. Pour (jui ces signes révélateurs, qui, n’étant pas causes, seraient inutiles comme signes s’ils n’étaient pas compris? Pour les « puissances supérieures aux hommes, les anges »? Mais les « anges » sont, par défi-

nition, les messagers de Dieu, et les prophéties prouvent que Dieu ne dédaigne pas de révéler parfois l’avenir aux hommes. Du reste, on n’a pas besoin de pousser Origène aux concessions ; il ne refuse aux hommes que la connaissance « exacte » du sens des signes célestes, 'foutes réserves faites sur la pratique, il croit à l’astrologie, pour les mômes raisons que les néoplatoniciens, et il lui apporte même, à ses risques et périls, le renfort de textes tirés de l’Écriture sainte *.

En dépit de l’infortune posthume (jui, au iv“ siècle, le retrancha du nombre des docteurs orthodoxes, on sait combien fut grande, dans l'Église grecque surtout, l’autorité d’Origène. Aussi n’est-on pas étonné d’apprendre (jiie nombre de chrétiens, môme des membres du clergé, croyaient pouvoir accepter les doctrines ou

quera la concession impliquée dans àxpiôw?. En résumé, il accepterait 1 astrologie, non plus comme s 0 X i aXoyixri, mais comme àaTspo'jxo- ■jzixr^ (Vf, 11, 71), déchiffrement (le l’écriture symbolique dont les astres sont les caractères.

1. Origène part du texte fameux sur lequel s’appuie, depuis Philon, toute la doctrine {Genes., i, 14, ci-dessus, pp. 600, 1, 610, 2). Mais il ne s’arrête pas là et, en vrai néo-platonicien qu'il est au fond, il admet que les astres ne sont pas de simples miroirs, mais des instruments intelligents de la divinité. Ce n'est pas à des corps inertes que le Psalmiste dit : Laitdale eum, sol et luna. Origène se demande même s'ils n'avaient pas péché, attendu que .lob dit : El slelloe non siinl innndae in conspeclu ejus, et s’ils n'ont pas participé à la Rédemption. S. Pamphile [Apol. pro Orirjene, 9) atlirme que cette opinion n'est pas hérétique. Elle le devint plus tard chez les Priscillianistes. Quant à la foi en l'astrologie, elle était chez Oiûgènc et elle est restée depuis compatible avec l’orthodoxie catholique. Le docte Muet, qui s’y connaissait, s’en porte garant. Si Origène, dit-il, croyait à la révélation de l’avenir par les astres, in eadeni esset consa ne Apolelesmalici omnes el hodierni aslrolofiine palroni, quorum senlenlia, inlerjra modo servelur Itumani libertas arhitrii, haereseos nota immunis est (P. Danielis Iluetii Orir/enianorum lib. Il, 2. Quaest. vin, De astris, in Patrol. Migne, Orifien. 0pp., t. VII, p. 973-989).

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s’adonner aux pratiques de l’astrologie. On raconte que l’évêque d’Émèse, Eusèbe, était dans ce cas, et qu’il fut par la suite déposé de son siège pour ce fait *. S. Athanase, si rigide pourtant sur le dogme, trouve dans le livre de Job la trace et, par conséquent, la confirmation d’une des théories les plus caractéristiques de l’astrologie, celle des oTxoi ou domiciles des planètes ^ Eusèbe d’Alexandrie constate — et déplore — que les chrétiens se servent couramment d’expressions comme : « Peste soit de son étoile ! », ou « Peste soit de mon horoscope ! », ou « 11 est né sous une bonne étoile! » 11 ajoute que certains vont jusqu’à adresser des prières aux astres et dire, par exemple, au soleil levant :

« Aie pitié de nous », comme font « les adorateurs du Soleil et les hérétiques » ^ .

Le danger était là, en eflét. L’Église ne se souciait pas d’entrer en lutte contre l'astrologie d’allure scientifique; mais elle ne pouvait laisser remonter à la surface le fonds de religion, le sabéisme, qui avait engendré l’astrologie, que les platoniciens et stoïciens avaient naturalisé en Grèce, et qui, à mesure que baissait le niveau de la culture générale, tendait à reprendre sa force originelle C’est ce qui explique la reprise des hostilités, d’ailleurs assez mollement menées, dont nous avons donné un aperçu

1. ’EXotSopeÏTO wç |jLa6T,[j:axi'/.T,v à(jxo'j[j.evoi; (Socrat., llist.Eccl., II, 9) — ôieêiXXsxo àffxsTaOat xf,; diaxpovojxiai; o pispoi; àT:oxe)>sa|xax'.x6v -/taAoüffi (Sozoïii., II. EccL, III, 6).

2. S. Athanase, commentant un passage de Job (ix, 9) dans un texte un peu dilierent de la Vulgate, où Dieu est dit irotüv Il>kcta6a aai "Ecntepov [Orion dans la Vulgate), découvre la raison de ce rapprochement dans le fait que les Pléiades (dans le Taureau) sont la maison de la planète Ilespéros (Vénus) : El' xiî 5'jvaxai, à-/io'j£X(i) xiç sctxiv t, n>isia(;; xai xtvo; olxôi; Ètrxt aal x'vo; /wpiov [peut-être opiov?] ; ô yàp "EcTrepo; olicov ïyt^ xô aaxpov xüv n^.etâouv, aai oûx eixT) xaüxa sllTiitxat xà ôvô[xaxa (Athanas. ap. Pitra, Anal, sacra., V, 1, p. 2.'5 : texte visé ci-dessus, p. 191, 2). On est étonné de la liberté desprit dont lait souvent preuve S. Athanase. Parlant des dieux païens, il ne mentionne pas l'explication mystique, courante et même de foi depuis S. Paul (cf. I Cor,, x, 19-21), « que les dieux des Gentils sont des démons ». 11 se contente des explications rationnelles, orthodoxes aussi, à savoir que ce sont ou des forces naturelles, ou des idoles inertes (a([;uya), ou des hommes déifiés (Athanas., Oral, conlra qenles, 29).

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