LA PLANÈTE JUPITER
C’esl de toutes ces idées incohérentes qu’est fait le type astrologique de Saturne dont le surnom même de « luisant » (‘Paîvor;) paraît être un euphémisme.
. Jupiter (‘l*5cÉ0wv - Zeu:; - Jupitcv). — La planète brillante qui porte le nom de Jupiter a reçu des astrologues autant d’éloges — et les mêmes — que le bon Zeus,« père des dieux et des hommes », de la part des dévots. Jupiter est l’astre bienveillant et bienfaisant par nature, en quoi il se distingue avantageusement du Mardouk babylonien. Si son influence dominait seule, la terre serait un paradis : Firmicus croit même que les hommes seraient immortels L Ptolémée traduit ce caractère psychologique en langage de physicien ; il fait valoir la nature essentiellement tempérée de la planète, qui est à la fois chaude et humide, plus chaude qu’humide, et placée, comme une juste moyenne, entre les glaces de Saturne et les feux de Mars. Il attribue aussi à Jupiter la propriété d’exciter des « vents féconds ^ ». D’où viennent ces vapeurs et souilles humides, Ptolémée n’en dit rien et l’on peut croire qu’il n’en sait rien. C’est peut-être de Mardouk que Jupiter a hérité ces attributs. Dans la quatrième Table de la cosmogonie chaldéenne, on lit que Mardouk, allant combattre Tiamat, déchaîna un ouragan terrible, « les quatre vents, les sept vents qu’il engendre ». Plus loin, Mardouk est appelé « le dieu du bon vent ^ ». En tant que dieu de l’atmosphère, des pluies et orages, le Jupiter gréco-
ô Kpôvoî, xa't oùx àv ''é'jo’.xo ysvest; £v Kpôvoî où% . C’est ce
qu’avait déjà dit Iléraclite, Aéywv • « yàp 6âvatov ü5wp yeveaBai » {Phi-
losophum., V, 2, 16). Cela n'eiiipt^che pas que l’eau ne nourrisse aussi le feu en se subtilisant, comme le feu meurt en redevenant eau.
1. C’est dans le tempérament des individus nés sous l'inllucnce spéciale d’une planète que s’étudie en détail le caractère de la planète. Je ne veu.v pas donner ici de ces portraits, pour ne pas anticiper, et aussi parce que l’école de Ptolémée ne les construit pas en bloc, mais étudie à part le tempérament physique, les facultés psychiques, les aptitudes et professions, etc. (voy. ci-après, ch. xii).
2. Firmic., 11, 13, 6 Kroll. C'est encore une divinité solaire : en Égypte, ’Oîîp'. 5o<; àjff,p (.Ach. Tat., Isag., 17). Les astrologues lui attribuent comme
le Cancer, comme -zxr.zi'mgx le Capricorne, c’est-à-dire ce qui conviendrait exactement au Soleil (voy. ci-après, ch. vu).
3. A'.à 5à TÙ 1J.57A0V z\'!X'. 0£p|j.avT'.vt.ôî, yovîixoïv -::vs’J|x a twv yivîvai
(PU)]., Tetrab., 1, 4). La chaleur était censée provoquer par réaction les vents du nord, les étésiens, qui souillaient après la Canicule. Au temps où il écrivait ses <l>i5£'.? (ap. Wachsmuth, pp. 199-276 ed. 2*), et où il n’était pas encore astrologue, Ptolémée adjugeait le chaud à Vénus, l'humide a Jupiter, les vents humides à Mercure {ibicl., p. 2ü9). Il a modifié scs étiquettes.