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LA PLANÈTE VÉNUS

caprices de Mars et trouvaient trop commode de rapproclier sans cesse Mars et Vénus pour ne pas taire prévaloir le type du ravageur sanguinaire, celui que Manéthon apostrophe en termes si éloquents comme le tyran de l’espèce humaine et le perturbateur de la nature entière.

Ç. VÉNUS (‘iHojcpôpo; - 'KwTîpôpoc; et "ET-spo; - ’A'.ipoo'"T, - Lucifer et Vesper ou Vesperugo - Venus). — Les souvenirs mythologiques associent nécessairement au nom de Mars celui de la belle adultère, de la déesse de la volupté, Istar, Astarté, Aphrodite. Cette association, (jui existait aussi dans la tradition chaldéenne entre Istar et Nergal, est cependant funeste aux yeux des astrologues, comme elle est criminelle aux yeux des moralistes

Comme planète féminine, Vénus se rapproche du tempérament de la Lune, à cette différence près que la froideur de la Lune est remplacée chez Vénus par une chaleur qui met son humidité en fermentation génésique'’. Ptolémée la compare à Jupiter pour son caractère « tempéré », en notant une prédominance de l’humide dans le mélange. Il éprouve ([uelque ditUculté à rendre raison de cette humidité, (jui est postulée par le sexe de la planète. Il pense que la chaleur de Vénus lui vient du Soleil, dont elle est l’acolyte, et que l'ampleur de son volume, attestée par son

tien, traduit ici par Hercule, était plutôt fécondant, l’antithèse de Mars (Valons ap. Salnias., p. i)9fi. Cedren., I, p. 295 lîonn. Lepsius, Einleii., p. 90). Sur le lion fie Coinmafrène (ci-après, ch. xii), on lit Ilupôeti; 'H pax Xéo uç. Stella Martis, quam alii llerculis dixerunl (llygin.. Il, 42). Tertium Martin [sidus], quod quidam Hercidis vocant (Plin., Il, S H'I)- Pyroi.s, quem multi llerciilifi, pliires Mariis slellam vocant (Apul., De mundo, 2). Chaldaei [les Aîyj-Ttot de Tatius] stellam Hercidis vocant quam reliqui omnes Martis appellant (Marr., Sut.. III, 12, 6). Les éclectiques y logeaient Mars et Hercule : 7iam et stellam [Clialdaeis dicenlihus'] unam habere dicunlur (Serv., Aen., MH, 275).

1. Voy. la tirade qui commence par ''Apeç, ''Aps; xofAOspyè xat àvôpâcn xal lxzv.ipîGi’.'i A. T. X. (Maneth., 1, 139-152). Les stoïciens dérivaient 'A pT,ç de àvaip'ïv (cf. ci-après, ch. xîi).

2. Là encore, la tradition pessimiste a ])révalu sur une tradition, dite aussi égyptienne, qui adjugeait la planète à Isis, remplacée en Grèce par .lunon ou la Mère des dieux ; alii .funonis, alii Isidis, alii Matris deum appellavere (Plin., 11, § 37). — Stella Veneris. Lucifer nomine, quam nonnidli Junonis esse di.rel'unl (llygin., Il, 42). Phosphorus Junonia, immo Veneris Stella ceaseH/r (Apul., De mundo, 2). Saint Augustin constate que Vénus l’a emporté sur .lunon, comme lors du jugement de P.lris {Civ. Dei, VII, 15). Aristophane ne songeait pas à la planète, mais aux flambeaux d'Éleusis, quand il appelait lacchos vjxxÉpo'j xïXîxf,; çfoj'pôpOi; àax-r,p [Han., 343).

3. IIuJus nalura cuncta fjenerantur in terris. Namque in alterutm e.rortu qenitali l'ore consperqens 7ion terrae modo conceptus implet, verum animantium quoque omniwn stimulât (Plin., 11, § 38).

éclat *, lui permet d’emmagasiner en quantité les exhalaisons humides de la Terre, dont elle n’est pas très éloignée h N insistons pas sur l’embarras d’un savant qui veut s’émanciper de la mythologie.

En cette Vénus astrologique se sont absorbés et défigures les anciens mythes qui faisaient de l’étoile du matin et de 1 étoile du soir deux beaux éphèbes, l’un fds de l’Aurore et dAstræos, l’autre, de l’Aurore et de Cépbale, tous deux aimés d Aphrodite. L’identité des deux étoiles avait été reconnue, disait-on, soit par Pythagore, soit par Parrnénide, et introduite dans le courant des idées populaires par le poète Ibycus ^ Le lien d amour imaginé par les vieux aèdes entre Aphrodite et ses amants finit par une union intime oü disparut la personnalité des deux jouvenceaux. L’astrologie n’eut garde de réveiller leur souvenir et de mettre en doute le sexe de la planète.

■Ç. Mercure - 'EpjjLf,; - Mercurim). — Plus près encore

du soleil étincelle M’astre qui, après avoir été objet de litige entre Apollon et Hermès S a gardé le nom de ce dernier. Nature protéiforme, instable, « prompte à changer dans l’un et 1 autre sens® », à cause de la rapidité de sa course et des influences multiples qu’il subit de la part des planètes voisines, Mercure est une copie peu fidèle de son prototype chaldéen. Évidemment, la mythologie grecque l’a emporté sur les données exotiques. Ptolémée s’ingénie à expliquer, par des combinaisons de principes élémen-

1. Vénus passait pour la plus grosse des planètes (Hygm., 11, 42; IV, lo. Plin., II, § 36. Schol. Arat., II, p. 402 Buhle. Schol. German., p. 422 Eyssenh.), plus grosse même que la Terre (Proclus in Anal. Sacr., V, 2, p. 68 Pitra). Pour l’éclat, on pouvait lui préférer Jovis el sidus super omnia sidera lucens (Auson., Eclog., p. 548 Toll.).

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