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DISTANCES DES PLANÈTES A LA TEURE

el terre les astres errants et nous ne répéterons jamais assezque l’astrologie trouve mieux son compte à supposer planètes et étoiles en commerce direct les unes avec les autres. Les distances interjetées, en réduisant les rencontres et contacts à de simples ellets de perspective, tendent à ruiner les thèses astrologiques. En Grèce, où rastronomie avait précédé l’astrologie, les astrologues ne pouvaient plus ni nier la superposition des sphères, ni se désintéresser des opinions y relatives. Ils devaient s’emparer de la science pour qu’on ne la tournât pas contre eux.

La façon la plus simple à la fois et la plus scientifique d’apprécier les distances des planètes au centre de leur mouvement circulaire est de supposer le rayon de leur orbite proportionnel à la durée de leur révolution. Or, il n est pas douteux que les Chaldéens n’aient connu la durée des révolutions planétaires et ne l’aient enseignée aux Grecs, qui, eux, n ont eu pendant longtemps ni observatoires, ni archives astronomiques. 11 semble donc que les Chaldéens ont dû arriver par eux-mêmes à une notion approximative des distances, s ils se sont décidés a abandonner la conception archaïque des planètes roulant sur la surface même de la voûte céleste. Mais les idées les plus simples ne sont pas toujours les plus aisément acceptées. Pour proportionner les distances à la durée des révolutions, il faut admettre un postulat qui n’est pas évident en soi, a savoir que les planètes marchent toutes avec la même vitesse absolue et que la dillérence

i. On s’imagine que l’observation mène toute seule aux théories scientifiques. Mais Anaximandre mettait, dit-on, les étoiles fixes au-dessous du soleil et de la lune, et le platonicien Xénocrate repoussait toutes les théories concernant les distances, même celle de son maître. Il pensait « que les astres se meuvent sur une même surface » (Plut., Plac. Phil., 11, 15; Stob.,

Ecl., l, 24). Est-il sur que les Chaldéens fussent plus savants? On doit admettre pourtant qu’en observant des occultations de planètes par la Lune, ils étaient arrivés nécessairement à la conclusion que la Lune est au-dessous des dites planètes. Aristote cite comme exemple l’occultation de Mars, et il ajoute : '0;j.oiu>î ôè xal 7: s p l -roè; aXAouç àtTTÉpxî >,£Youff'.v oî T£TT,pT,xo"; ex

£vwv AîyûtüX'. 0'. vtat B a6 'j>, w v. 0 i, ~ap’ wv — ôTvAot; •k'.o’ts'.; ë/o;x£v ..cpi ixaavo'j tüv asvpwv (Arist., De cœlo, H, 12). Mais les occultations de planètes par d’autres planètes sont des phénomènes rares, et même les « Egyptiens et Babyloniens » ne devaient pas avoir là-dessus beaucoup de docuiuerits. Théon de Smyrne (p. m lliller) assure que les Ba6e>»wv'.oi xaî XaX5atoi xai AlYu-rTV'. 0 1 ont beaucoup spéculé, quoique sans connaissances physiques (avîu 'puT'.o>vOYix;)i mouvements planétaires, employant, les Chaldéens,

« certaines méthodes arithmétiques », les Égyptiens, « des tracés » (yp='H-P-‘’*^’)- Ptolémée ne connaît pas de passages de 'Vénus et de Mercure sur le Soleil, phénomènes inobservables à l’œil nu (cf. ci-après, p. llü, 1).

lÜG en AP. IV. LES PLANÈTES ET LES TYPES PLANÉTAIRES

de leurs vitesses angulaires ou apparentes est due uniquement à la ditïerence de grandeur de leurs orbites Ce principe de mécanique céleste, discutable même pour des « physiciens », n'était pas nécessairement applicable aux dieux vivants et intelligents des platoniciens et stoïciens. Enfin, il y avait d’autres principes théoriques que l’on pouvait préférer à celui-là. Les atomistes de l’école de Leucippe ne croyaient pas mal raisonner en pensant que le feu devait avoir monté en vertu de sa légèreté spécitique, et que, par conséquent, l’astre le plus brillant, le Soleil, devait être le plus éloigné de la Terre ~. Platon, au temps où il écrivait sa République, avait classé ses « fuseaux » ou orbites planétaires en établissant une correspondance parl'aite entre la grandeur ou largeur des orbites et la grosseur présumée des planètes. Le Soleil circulait ainsi immédiatement au-dessous des fixes ; puis venaient, en série décroissante, la Lune, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne, Mercure. C’était une idée de géomètre que de prendre pour échelle des grosseurs un secteur appuyant sa base sur la sphère des fixes et sa pointe sur la Terre. Mais le système supposait dans les planètes des vitesses très inégales, qui dérangeaient ce bel ordre. Aussi Platon lui-même y renonça. Dans le Timée, il adopta une ordonnance conforme à la durée des révolutions, et le passage susvisé de la République fut corrigé, soit par Platon lui-même, soit par ses éditeurs, de façon à supprimer la contradiction entre les deux opinions successives du maître

1. Constat enim nullam inter eas [stellas'] celerius ceteris tardüisve procedere : sed cum sit omnibus idem modus meandi, tantum eis diversitatem temporis sola spatiorum diversitas facit (Macrob., Som7i. Scip., 1, 21, 6). C était aussi l’avis de Vitruve (IX, 1 [4]), qui reproduit évddeiuiuent l’opinion courante. Ce postulat, que tes platoniciens d’ailleurs n’acceptaient pas, (Plat., Tim., p. 39 A), est loin d’être exact. Les lois de la gravitation font que les planètes tournent d’autant plus vite (absolument parlant) qu’elles sont plus rapprochées de leur centre (le Soleil) : Mercure parcourt, dans le même temps, trois fois plus de chemin que Saturne.

2. Voy. ci-dessus, p. 14. On assure que c’était aussi l’opinion d’Anaximandre, maintenue encore par Métrodore de Chios (disciple de Démocrite) et Cratès (sans doute le cynique). Plut., Hac. phil.,\\, 15.

3. Le fait est attesté par Proclus (in Anal, sacra et classica, V, 2, p. 08

Pitra. Cf. ci-dessus, p. 05 en note) : Aixxr, ô' ssxiv •f', x-ri? xaûxa xà pâôfi

3iootî^o-j<TT,ç )vS^£toç • xal [J.èv -poxspa xai àpyaioxspa xot; p-sviOsotv àxo>>0’j6îï xwv xa0’ éxâaxTiV ffÿatpav àaxspwv. La recension nouvelle ('H Sè ôeuxépa xai vstoxspa, xoaxoücra 8è £v xo tî xexoXaa[JLÉvo tî àvxiypi-.pot ç) place au sixième rang le fuseau qui est le second comme largeur, et donne le texte actuel du passage en question {Rep., X, p. 010 E). On prétendait, pour justifier le premier classement, que Mars au périgée paraît plus gros que Jupiter.

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