‹ L'astrologie grecqueChapitre 55 sur 360 · STATIONS ET RÉTROGRADATIONS DES PLANÈTES · texte numérisé non relu

STATIONS ET RÉTROGRADATIONS DES PLANÈTES

Pour rendre le système intelligible et mettre par surcroît le lecteur à même de comprendre Ptolémée ou ses commentateurs, il faut recourir à une représentation graphique des mouvements apparents des planètes supérieures, comparés aux positions simultanées du Soleil. Le compas est seul à même de traduire le cn-ec de Porphyre ou de Paul d’Alexandrie, et ce n’est pas, je

radvl violenlia et relroive coyit vapore pevamas. Multo id maqis in vespertmo earum exortu, tolo Sole adverso, curn in summas apsidas expellunlur mtnimaeque cernuntur, quoniam altissime absunt, etc. (Plin., 11, §§69-10). Pline se vante d’être le premier à exposer cette théorie {a nullo ante nos reddilu,

§ 11). Sa part d’originalité consiste peut-être à avoir combiné deux systèmes dont chacun se sullit à lui-même, le système des excentriques ou des épicycles et le système chaldéen. Ou bien, il n’a pas reconnu la presque identité de sa théorie avec celle qu’a recueillie Vitruve (IX, 1), théorie plus conforme à nos idées modernes, en ce sens que la répulsion y est remplacée par l’attraction. Vitruve rejette, au nom du bon sens, l’explication inepte qui prétendait que les planètes s’arrêtent quand le Soleil est trop loin d’elles, parce qu’elles ne voient plus leur chemin — aiunt solem cum longius absil abstanlia quadam, non lucidis itineribus erraniia per ea sidéra obscuralis moralionibus impedin. 11 pense que, de même que la chaleur solaire attire les plantes et élève les vapeurs, de même le Soleil attire les planètes, les entraînant quand il est devant, les retenant quand il est derrière — eadem ralione Solis impelus vehemens, radiis triçioni forma porreclis, insequenles slellas ad se perducit et ante currenfes veluti refrenando retinendoque non patitur proqredi, sed ad se coqit reqredi et in alterius ti ir/oni siqmim esse. .Mais pourquoi le trigone l Vitruve, embarrassé, assure que si les rayons solaires agissaient sous n’importe quel angle, propiora /lagrarent (ci-dessus, p. 81, 3), et il cite Euripide à l’appui. Eu somme, le dogme astrologique s’impose à lui : il croit que le Soleil n a d’action qu’en trigone, lorsque 7iec plus nec minus est ad quintum ab eo signo. Quant à Pline, son théorème est entaché de plus d’une erreur. 11 enseigne, comme chose reconnue {convenit - confessum est, sans doute chez les péripatéticiens, cf. ci-dessus, p. 116), que les planètes sont au périgée et en mouvement accéléré in occasu ve.<tpertino ; à l’apogée et en mouvement ralenti m vespertino exortu; ce qui est, si je ne me trompe (voy. fig. 1 et 2), le contrepied de la vérité. Ensuite, le motus nonagenarius de Mars est une hypothèse improvisée. .Astronomes et astrologues avaient remarqué la marche capricieuse de la planète, scs grandes inégalités de vitesse apparente, mais je ne vois, pour appuyer le dire de Pline, que Porphyre, qui place les « anomalies .. (stations) de Mars à 82“ ou 86“ du Soleil (p. 184), et Paul d'Alexandrie (Gv et G 3 V) : oùÔà yi? èv vaiî px' (120») H-oipa; ouvo; (Mars) avTipiÇsi, aXk £v T| -ô’ (82® ou 84"). Encore se pourrait-il qu'on eût retouché les chif-

fres. Je suppose, d’après la fig. 2 ci-dessous, que Pline a mal couqms ses auteurs, et que le motus nonagenarius signifie, non pas que le Soleil est en aspect quadrat avec la planète au moment où il lui imprime le mouvement rétrograde, mais qu’il recommence à agir sur elle après s être déplacé lui-même d’environ 90 degrés (18® dans la figure). Pline a recueilli encore à ce sujet des sécréta naturae que nous pouvons lui laisser pour compte

pense, un inconvénient que le sujet appartienne autant ou plus à l’astronomie qu’à l’astrologie ancienne.

1. Pour obtenir une projection sur la sphère céleste conforme aux apparences réelles, le centre du mouvement de la planète est pris sur le Soleil, qui, lui, est censé tourner autour de la Terre : c’est le compromis imaginé par Tycho-Brahé. L’explication donnée pour Jupiter vaudra pour Saturne, dont l’orbite, vu l’obligation d’observer la proportion des distances, n'eût pu entrer dans une figure aussi exiguë. Soit le point de départ en conjonction (ayvoSoi;), la Terre (T), le Soleil (S) et Jupiter étant sur une même ligne, est ïnzotujoi-combustiis. Quand S* est parvenu à environ 120‘> (aspect trigone) du point où est arrivé * (lequel marche environ douze fois [11,86] plus lentement), la première station se produit : éwo i p.èv ôvxsç (à droite du Soleil et se levant avant lui) à-n:ocrxivx?.<; 5è irepl poipa; px' [tt'Xéov t, ËXaatrov, Paul. Alex., Gv], xov Tîowxov axT, piy|xàv Trotoüvxat (Porph., p. 183). Puis la rétrogradation commence. Quand est au périgée et en ligne avec T et S^, il se lève au moment où le soleil se couche (àxpôvux°?) • èTtoTtoSiÇovxsç s-’ axpôvu/ov çépovjxai] -/ai xaxà SiapiEXpov xw a/figaxiÇopievoi xal aga xr, Süasi aûxoü

xaxaoyàç xf,î vuxxôç àvaxsXXûvxci; {ibid.). La rétrogradation continue jusqu'au moment où le Soleil S^ se trouve à environ 120“ (en aspect trigone à droite)

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