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LA ROUTE DES RLANÈTES OU ZODIAQUE

On entend par Zodiaque (Zcoota/ô; xuxXo; - une bande

delà voûte céleste, assez large pour contenir toutes les orbites planétaires diversement inclinées sur la ligne médiane ou écliptique (ô otà [xiaou xjxXoç), route du Soleil, laquelle est elle-même inclinée de près de Vi° sur le plan de l’équateur. Son nom lui vient des signes (^wo-.a) ou ligures imaginaires, appliquées à des constellations réelles disséminées sur son parcours *.

L’enquête instituée plus haut sur l’origine du Zodiaque amis à. peu près hors de cause les Égyptiens, qui, si on comptait les suffrages au lieu de les peser, auraient pour eux la majorité des voix. L’illusion qui leur a valu ce qu’on pourrait appeler cet honneur posthume est due en grande partie aux laussaires alexandrins ; en partie, au fait que le Zodiaque s’est surchargé à une certaine époque de figures nouvelles ou « décans «, d’origine incontestablement égyptienne; pour le reste, à la routine des compilateurs, qui multiplie les témoignages sans en augmenter la valeur. Par contre, les Chaldéens conservent quelques droits sur l’idée première d’une construction qui a été régularisée, adaptée aux usages astronomiques et astrologiques par les Grecs. Les Chaldéens, en effet, préoccupés surtout des planètes, devaient être

1. Zodiacum hune Graeci vocilant, nos trique Latmi \ Orbem signiferum perhihehunl nomine vero (Cic., Aral., 317). — Dislmet aequato caelum discrimine mêlas | Propter signiferi posituram totius orbis (Lucret., V, 689). — Nilet ingenti stellatus balteus orbe (Manil., I, 679) — xaSâ-KEp vjixxâvou x'jxXoî, vS ou xat stSiüXoïroieÏTat xà (Théo Smyrn., p. 133 Ililler). Les anciens se

contentaient d’une largeur de 12o : bis sex lalescit fascia parles (Manil., 1, 682), insuffisante pour contenir l’orbite de Mercure dans le système héliocentrique (orbite inclinée de 7» 0' 8" sur l’écliptique). On sait que l’inclinaison de l’écliptique sur l’équateur est elle-même variable. Elle est actuellement de 23“ 27' 9" et diminue d’environ 0",46 par an.

PIUVILÈGE DES COiNSTELLATIONS ZODIACALES

nécessairement amenés à noter les étapes de leur parcours, tandis que les Égyptiens, l’œil fixé sur le lever des constellations propres à régler leur calendrier, choisissaient les plus brillantes et n’avaient aucune raison de concentrer leur attention sur le cercle étroit, pauvre en étoiles de première grandeur, qui tire toute sa valeur du fait qu’il marque la roule des « astres errants ».

L’astrologie grecque a rejeté en dehors de la pratique courante, dans le chapitre des curiosités superflues, l’étude de la sphère dite « Barbarique )>,pour se réserver tout entière à l’interprétation des présages tirés des planètes et des signes du Zodiaque Du moins, elle a essayé de limiter ainsi sa tâche, et c’est contre le gré de ses docteurs que le fouillis des traditions orientales est rentré peu à peu dans les compartiments qu’ils avaient tracés

1. Ceci est d’une vérité moyenne, qui a besoin de corrections. L’exclusion des constellations autres que celles du Zodiaque est tellement artificielle qu’elle n’a pu être maintenue sans exception, même par Ptolémée. Il fait entrer dans certains pronostics l’influence de certaines constellations extrazodiacales qui se lèvent en même temps que les signes (TrapavaxéXAovTa), et il estime leur action, comme celle des étoiles zodiacales, en prenant pour mesure celles des. planètes [Telrab., 1, 9). De même, après et d’après lui, lléphestion de Thèbes (I, 3-5, pp. 68-71 Engelbrecht). La tradition qui lui force ainsi la main s’étale dans le V« livre de Manilius, dans l’ouvrage de Firmicus (VIll, 5-17), et s’impose même à Démophile commentant Ptolémée. Ce scoliaste (ap. Porphyr., Isag., p. 200) réintègre dans les thèmes de géniture les étoiles de première et de seconde grandeur, qui sont, d’après lui, au nombre de trente et ont une influence psychique (ci-dessus, p. 4-1 en note). Cette tradition, conforme aux habitudes égyptiennes, doit avoir été introduite dans l’astrologie grecque par les Alexandrins, probablement par les auteurs des livres de « Néchepso et Pétosiris ». La « sphère barbarique » serait donc la sphère égyptienne. Firmicus la dit Graecis rnultis el omnibus ferme Romanis incognilam (VllI, 5), mais il ajoute — si le texte n’est pas altéré — que Néchepso et Pétosiris eux-mêmes ne la connaissaient pas. Avant Manilius, Nigidius Figulus avait traité de la sphaera Barbarica, par opposition à la Gi'aecanica {cî. Scaliger, Not. in Manil., pp. 333-334) : mais il se pourrait que ce polygraphe entendît par là simplement deux descriptions du ciel à des latitudes différentes.

2. Ptolémée s’exprime très nettement là-dessus. Abordant la généthlialogie,

il déclare qu’il laissera de côté, comme impraticable, l'ancienne méthode, celle qui prétendait tenir compte de tous ou presque tous les astres : tôv p.èv àp / a î O V TÛv —poppTiüEuv Tpô~ov, xôv Tcaxà xô su y x p t x t '/.o v 3i5o; xüv àsxÉpwv xrâvxwv t, TrX3Îsxwv, ■jroXû/ouvxc ôvxa xal s/sSov à"£ipov, eï xt; «ùxôv àxpi6oüv ÈôsXïi xaxi xF,v 5iS;oSov, xal aiXXov iv xai? xsxà pépoî £~'.6oXa'.î xwv £Tîisx£Trxo[j.£vwv Tf £v xatî T7apaô6s£si 6£wp£Îs0ai 6’JvatxÉvtov, xrapaixT,-

sd[X£6a, 8tâ x£ x6 5ûs/pT,sxov xal xô Sus5'.£|oÔov (Teirab., 111, Prooem.). Cela revient à dire : « qui trop embrasse mal étreint » ; mais la raison ne vaut qu’en pratique. En théorie, Ptolémée a contre lui non seulement « l’ancien usage », mais la logique de la sympathie universelle. Et comment éliminer

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