‹ L'astrologie grecqueChapitre 64 sur 360 · CUAP. V- — LA KOUTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE · texte numérisé non relu

CUAP. V- — LA KOUTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE

Il est aisé de prévoir en gros le caractère du Bélier et de ceux qui subiront son influence. Les associations d’idées les plus naïves, celles qui représentent le mieux la logique des premiers astrologues, sont celles qu’a recueillies le poète Manilius L Les sujets du Bélier travailleront la laine et feront fortune dans l’industrie du vêtement Mais, comme le bélier mythique qui fut plus d’une fois submergé par les vagues et fut enfin dépouillé de sa toison d’or, comme les béliers vivants qui sont fréquemment tondus, ces marchands auront de soudains revers de fortune, et seront tenus en haleine (le Bélier est un signe à ascension rapide) par l’espoir de les réparer. Timidité mêlée de sottise, avec de brusques détentes de colère — les coups de cornes du bélier, — voix chevrotante et grêle, etc., sont des traits auxquels chacun pouvait ajouter à sa fantaisie.

y. Le Taureau - Taurus). — Lq Taureau astrologique

ne ressemble guère à son modèle vivant. Il faut chercher dans les traditions orientales la raison des déformations infamantes qu’il a subies, surtout de l’alfront qui lui a enlevé son sexe. Manilius le traite comme un bœuf et lui attribue le patronage des laboureurs. Les astrologues allaient plus loin : tout en lui conservant le nom de Taureau, ils le classaient parmi les signes

1. Les portraits tout faits, qui traînent encore dans certains almanachs et astrologies populaires, ne se trouvent ni dans Ptolémée, ni chez aucun disciple de l’astrologie savante, le signe zodiacal n’entrant que pour une part minime dans la somme des influences calculées. On les rencontre chez les praticiens qui n’ont qu’une teinture d’astrologie, comme les physionomistes ([xetwiroavtÔTTOt. Cf. Philosophiim., IV, 3), chiromanciens et autres. Manilius est un néophyte, et son ingénuité fait de lui un contemporain des créateurs de l’astrologie. 11 nous donne deu.x séries de portraits (IV, 123-291 et 502-384). Les astrologues postérieurs ont dénaturé et compliqué le caractère des signes en les découpant en quantité de parties et attribuant à chaque étoile un tempérament comparable à celui des planètes. Par exemple, d’après Ptolémée, les étoiles situées dans la tête du Bélier ont la nature de Mars et de Saturne; celles de la bouche tiennent de Mercure; celles du pied de derrière, de Mars, et celles de la queue, de Vénus {Telrab., 1, 8). La personnalité du signe disparaît.

2. L’association d’idées conduit du bélier à la laine, de la laine à Minerve — Minervae Aries esse dignoscitur (Serv., Aen., XI, 259), — laquelle est aussi Pallas et s’associe au Bélier belliqueux. Le Bélier n’est pas une constellation brillante, précisément parce que deposilo vellere aureo in caelum sit recepUis {Eratosth. rel., p. 124 Robert).

3. Puisque ce n’est pas pour l’éclat de ses étoiles, ce doit être par assimilation de ses accès de colère au feu (?) que le Bélier est devenu un signuin ignüum (Firmic., 11, lü Kroll), -upwôec (Anecd. Ludwich, p. 105) — Siiitupov

[ibid., p. 109).

LE TAüUEAl'

féminins. Il y avait là de quoi embarrasser les donneurs de raisons. Les mytliographes pensaient que ce taureau devait être celui dont Zeiis avait pris la forme pour enlever Europe à travers les Ilots de la mer de Phénicie ou bien le taureau de Pasipbaé % ou la vache lo \ ou, en désespoir de cause, le bœuf ApisL Ce qui

apparaît à travers ces légendes, c’est que le Taureau mythique n’est ici qu’un comparse, le véhicule d’une divinité lunaire dont ses cornes symbolisent le croissant et qui répond au type d’istar- Astarté-Aphrodite Aussi verrons-nous plus loin que les astrologues faisaient du Taureau le domicile (oTxoç) de Vénus et le lieu

1. Hygin., II, 21. Geniian., Arat., 536. Nonnus, I, 335 sqq. Ainpel., 2, 2 : E’.ôcivioç TaOpo; (Maxim., v. 85, ap. Liulwich, p. 10). Tradition orientale : on sait que les Chaldéens représentent souvent les dieux portés par des animaux symboliques.

2. Monnaies cypriotes au taureau avec Aphrodite llaatcpâecaa. Cf. Astarté taurocéphale (Euseb., Pr. Ev., 1,10, 31).

Page 1