J')0 CHAP, V. — LA ROUTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE
OU bien Apollon et Bacchns, ou Hercule et Thésée, ou Zéthos et Amphion, ou deux jeunes favoris de Démêler, Triptolème et lasion, ou encore des Gabires de Sainothrace. L’essentiel, c’était évidemment de satisfaire à la tradition chaldéenne, qui exigeait un couple fraternel ou amical.
On représentait les Gémeaux soit debout, soit assis, les pieds en avant \ Castor (ou Apollon) du côté du Taureau, Pollux (ou Hercule) du côté du Cancer.
Les Gémeaux, au dire de Manilius, forment des musiciens indolents, qui préfèrent la lyre et la üûte à la trompette guerrière, ou des savants qui commencent par l’astronomie (l’étude de la lyre céleste) et linissent par les mathématiques On n’aurait pas cru les Gémeaux si épris de l’harmonie pythagoricienne. C’est sans doute Apollon qui suffît à tout. Quant à Hercule, il ne figure là que pour expliquer la présence de son voisin, le Crabe on Cancer.
Le Cancer ou Crabe ou Ecrevisse (Kapxîvù; - Cancer). — Ce crabe fameux était celui qui, dans les marais de Lerne, avait mordu Hercule au pied et avait été, pour cet exploit, transporté an ciel par Hêra, ennemie irréconciliable du héros *. Les deux étoiles appelées les Anes ("Ovot - Asini) qui brillent sur la carapace du crustacé avaient aussi leur légende.
On ignore d’où est venu aux Grecs ce type zodiacal. On s’avisa sur le tard de l’expliquer par un symbolisme naturel, en disant que le Soleil, arrivé au tropique, marche ensuite à reculons comme
(Ptol., Teirab., I, 9. Hephest. Theb., 1, 3, p. 68 Engelbr.). Mais les partisans de l’cquatioir mythique Apollon = Soleil demandaient pourquoi les Gémeaux n’étaient pas la maison du Soleil (voy. ci-après, cb. vu), de préférence au Lion (Anon., p. 36).
1. Ce détail n’est pas indifférent. Manilius explique par là la lenteur des Gémeaux, c’est-à-dire le ralentissement de la marche du soleil à l’approche du solstice d’été (II, 200-203).