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le crabe Les décorateurs inconnus du Zodiaque n’avaient sans doute pas tant d’esprit, et il est douteux au surplus que, de leur temps, le solstice d’été fût dans le Cancer. C’est même la dilliculttï d’établir une association d'idées entre la saison sèche et un ani-
Fig ti. Lu Cancer.
mal aquatique qui a suggéré aux érudits modernes l’idée que le Zodiaque avait tourné de 180” depuis sa construction. Ce serait peut-être le cas de songer que, si la Chaldée est à sec en juin, le lever héliaque du Cancer et du Chien annoncent en Égypte le début de l’inondation annuelle ^ Les astrologues s’accordaient
1. Macr., Sat., 1, 17, fi3. Le Cancer, comme le Taureau, est entraîné à reculons par le mouvement diurne (Manil., II, 199. Cf. Ovid., Met., II, 82 : cirettih/ curvantem brachia lomjo \ Scorpion, atque aliter curvanlem brachia Cancrum). De Là, pour Manilius, ralentissement de la marche du Soleil. Il est facile, et partant inutile, d’essayer des explications comme celle-ci : Hercule représente le Soleil (cf. às-epoy ÎTtov "HpaxXsî, ’HéX'.s. Nonn.,XL, .‘169), qui, arrivé à l’apogée, est mordu, c’est-à-dire contraint de reculer, par le Cancer; ou bien, le Cancer est dit luimide, parce que la constellation est sans éclat, un trou noir dans le Zodiaque. Autant vaut l’idée de Sérapion (Plut., De Dyth. orac., 12), qu’un animal aquatique rappelle l'élément dont se nourrit le Soleil.
2. Les Égyptiens commencent leur année sous ce signe, dit le scoliaste, tôte yio 6 NsiXoî b TtâvTwv aÙTOï; tüv àyaOwv afTio; 7:XT|9'jvst (Anon.. p. 77). Dans le Zodiaque du pronaos de Denderah figure, à côté de Sothis (Sirius) et avant le Cancer, une déesse qui verse des cruches d’eau, sj-mbolc de l'inondation. Sur les tombeaux pharaoniques, on voit intercalés entre le Soleil et Sothis deux tortues. On retrouve à l’époque gréco-romaine ces tortues, placées parfois devant un Lion a tête de crocodile (Brugsch, Thesaunis Inscr. Aeyypt., 1,
138 r.lIAl*. V. — LA ROUTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE
à faire du Cancer un signe féminin; mais ils ne s 'entendaienl pas sur l’espèce du cruslacé, qui étail. pour les uns un crabe de mer, pour les autres, un crabe d'eau douce ou écrevisse C ce qui occasionnait des divergences dans les pronostics.
Manilius nous laisse le soin de deviner pourquoi le Crabe produit des négociants avides, des spéculateurs sans scrupules. Il livre cependant le mot de l’énigme en disant que ces brasseurs d’affaires envoient leurs navires d’un bout à l’autre du monde ^ Ils fondent leurs opérations sur l’élément où vit le crabe.
Le Lion (Aéiov - Léo). — L'assimilation du terrible soleil
d’été est de celles qui ont pu être faites en Chaldée et ne pas être dépaysées en Grèce. Pour les Grecs, le Lion était celui qu’Hercnle avait étouffé entre ses bras ou assommé d'un coup de massue à Némée. 11 avait retrouvé sa vigueur au ciel par les soins de liera.
pp. 10 et 113). Peut-être le décaii Knein (tortue) attribué au Cancer (ci-après, ch. vu) est-il le prototype du Cancer. En tout cas. Grecs et Romains ne parlent que du Cancer brûlant, du Chien torride, etc., — le chien qui aime le froid, remarque le scoliaste d’Aratus, St'. wv ô lojiov, xal yatpwv Ê-l tw
èaoixévw yeiixwv. (Schol., v. 403) — et ce n'est pas de leur côté qu'il faut chercher la raison d’être du signe aquatique. La tortue égyptienne est une origine plausible.
1. Le Cancer est marin pour Manilius {Neptuno dehere getitts, 11, 223) et pour Ptolémée (OaXâxTiov, Tetrnb., 11, 7), Iluviatile (Ttoxâiiiov) pour le scoliaste {In Telrah., p. 67) ; même désaccord pour les Poissons (ci-après).