‹ L'astrologie grecqueChapitre 7 sur 360 · CHAP. I. — LES PRÉCURSEURS · texte numérisé non relu

CHAP. I. — LES PRÉCURSEURS

et la paling’énésifi, c’élaienl des doctrines indiflérentes à 1 astrologie, qui, s’occupant exclusivement de la vie présente, s accommodait de toutes les théories concernant les autres modes d’existence.

Si les disciples de Pythagore oubliaient un peu trop la, terre pour le ciel, l’école d'Élée dépassa en sens contraire l’état d’esprit favorable à l’éclosion des idées astrologiques. Xénophane pensait que les astres, y compris le Soleil et la Lune, devaient être de simples météores, des vapeurs exhalées par la Terre et qui, s entlammant d’un côté de l’horizon, allaient s’éteindre du cote opposé. La terre était assez vaste pour produire (m même temps plusieurs de ces tlambeaux, et peut-être chaque climat avait-il le sien. Ce n’est pas dans ces fusées, renouvelées chaque jour, que l’astrologie eût pu placer les forces génératrices, éternellement semblables à elles-mêmes, dont elle prétendait calculer les effets sur terre L Enfin, la doctrine éléatique par excellence, l’idée que le monde est Un et immobile, au point que la multiplicité et le mouvement sont de pures apparences, était la négation anticipée des dogmes astrologiques.

Héraclite, partant d’un principe opposé et presque aussi inintelligible pour le vulgaire, ne voyait dans la stabilité relative des apparences qu’une illusion qui nous cache le flux perpétuel de la substance des choses. A. vrai dire, pour Heraclite, rien n’est, puisque l’être ne se fixe nulle part; mais tout devient, sans arriver jamais à se réaliser, à se distinguer de la masse mouvante qui fuit à travers le réseau des formes sensib es. Comme tous les physiciens d'Ionie, il voyait dans les divers états de la matière ou substance universelle des degrés divers de condensation et de raréfaction, et il importe peu que le type normal soit pris au milieu ou à une extrémité de la serie. Heraclite partait de l’état le plus subtil : il considérait le feu comme l’élément moteur et mobile, générateur et destructeur par exce lence. Les astres étaient pour lui des brasiers flottant au bau des airs en vertu de leur légèreté spécifique et alimentes par es vapeurs terrestres. Le Soleil, en particulier, peut-être le plus petit mais le plus rapproché de tous, se régénérait chaque jour, eteint qu i! lit chaque soir par les brumes de l'Occident ^ Héraclite

1 Aussi Manilius réfute les Éléates : neque fortuilos orlus snroentibus

Nec lotiens possum nascenlem credere mundum, 1 Sohsve assiduos pm-

Héracll au Soleil la forme d'une barque

IIÉHACLITE ET EMPÉDOCLE

ne voulait pas que les astres opposassent quelque consistance au Ilux universel. Le Soleil n’en était pas moins l’excitateur de la vie sur terre ; ce qu’on appelle vie, aine, raison, intelligence, est un feu allumé d'en haut Ce trait caractéristique de la doctrine est un théorème astrologique tout fait. La physique d’Héraclite, adoptée par les stoïciens et purgée du paradoxe concernant l’inconsistance des corps célestes, deviendra une des forteresses de l’astrologie.

Tous les philosophes passés en revue jusqu’ici étaient en lutte avec le sens commun, qu’ils appelaient dédaigneusement 1 opinion (oo;a), et ceux d’entre eux qui avaient versitié l’exposé de leur système ne comptaient évidemment pas sur la clientèle des rapsodes homériques. Empédocle, au contraire, convertit en vanité une bonne part de son orgueil. 11 aimait à prendre les allures d’un prophète inspiré, et nul doute que, s il avait connu l’astrologie, celle-ci n’eût fait entre ses mains de rapides progrès.

La substitution de quatre éléments différents et premiers au même titre, la terre, l’eau, l’air et le feu, à une substance unique plus ou moins condensée n’intéressait, alors comme aujourd’hui, que la métaphysique. Cependant, le système d’Einpédocle, en mettant la diversité ïi l’origine des choses, exigeait de l’esprit un moindre effort que le monisme de ses devanciers, et la variété des mélanges possibles n’était pas moindre que celle des déguisements protéiformes de la substance unique. Ce système avait encore l'avantage d’expliquer d’une façon simple une proposition qui a une importance capitale en astrologie, à savoir, comment les corps agissent à distance les uns sur les autres. Suivant Empédocle, ils tendent à s’assimiler par pénétration réciproque, pénétration d’autant plus facile qu ils sont déjà plus semblables entre eux. 11 conçoit des effluves (à-7:oppoa(â-ôppo'.ai) ou jets de molécules invisibles, qui, guidés par l’aUinité élective, sortent d’un corps pour entrer dans un autre par des pores également invisibles, tendant à produire de part et d autre un mélange de mêmes proportions et, par conséquent, de propriétés identiques. La lumière, par exemple, est un flux matériel qui

St,;) et un pied de diamètre (Euseb., Praep. Ev., XV, 2i-25), a peut-être pris à la lettre le mythe égyptien de Hà enfanté chaque jour par Nut. Le Soleil d’un pied de diamètre et régénéré choque jour reparaît dans la physique d'Epicure (Cleomed., Cycl. 7’/^eo^■., U, 1; Serv., Georg., I, 247).

1. Macrobe (So?n?i. Scip., I, 14, 19) recensant les déünilions de ràme ; lleraclitus physicus [(.llrit auimam] scintillam slellaris essenliae.

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met un certain temps à aller du corps qui l’émet à celui qui le reçoit. On ne saurait imaginer de théorie mieux faite pour rendre intelligible « l’influence » des astres sur les générations terrestres*, et aussi celle qu’ils exercent les uns sur les autres quand ils se rencontrent sur leur route, genre d’action dont les astrologues tiennent grand compte et qu’ils désignent par les mots de contact (auvawr;) et défluxion (àTrôppoia).

Le monde (xôajjLoç) est pour Empédocle le produit d’une série indéfinie de compositions et décompositions opérées par l Amour et la Haine, l’attraction et la répulsion. La vie et le mouvement naissent de la lutte de ces deux forces primordiales : quand 1 une d’elles l’emporte, elle poursuit son œuvre jusqu’à ce que la combinaison intime de tons les éléments ou leur séparation complète produise l’immobilité, la mort de la Nature. Mais ce repos ne saurait être définitif. La force victorieuse s’épuise par son eifort même ; la force vaincue se régénère, et le branle cosmique recommence en sens inverse L engendrant nn monde nouvean, destiné à rencontrer sa tin dans le triomphe exclusif de l’énergie qui l’a suscité. Il va sans dire que le monde actuel est l’œuvre de la Haine, et que, parti de l’heureuse immobilité du Sphæros, il marche à la dissociation complète. Empédocle eût sans doute été embarrassé d’en donner d’autres preuves que les souvenirs de l’âge d’or ; mais ce lieu commun poétique gardait encore, surtout aux yeux d’un poète comme lui, la \aleur d’une révélation des Muses. Du reste, 1 imagination tient dans l'œuvre d’Empédocle plus de place que la logique pure : il était de ceux qui trouvent plus aisément des mots que des raisons, et la légende qui le fait passer pour un charlatan n a fait qu exagérer un trait bien marqué de son caractère ^ Sans nous attarder à fouiller sa cosmogonie pour y retrouver maint débris de

1. « Le mot à'iu fluence nous reporte aux anciennes superstitions astrologiques... Le mot italien Afinfluenza fait allusion à quelque croyance analogue » (’m. Bréal, Essai de Sémantique, p. 141). Les mots désastre, étoile au sens .le destinée, etc., sont des survivances de m.'me origine.

9 Ce mouvement, d'abord lent, s’accélère de plus en plus. Il en résulte que la durée des jours et des nuits (Empédocle ne songe qu'au mouvement diurne) allait s'abrégeant : de là, une théorie très originale de la duree .le la vie intra-utérine, égale à la durée du jour lors de la naissance de espece

humaine, et restée la même depuis (ci-après, ch. xn).

3 Ceux qui préfèrent à la lecture des fragments d'Empédocle des vers bien frappés, résumant sa philosophie (avec les textes en Notes) et dramatisant sa légen.le, trouveront ce qu’ils cherchent dans Panlhéia, Etude antique, pai Félix Ilenneguy. Paris, 1S74.

DÉMOCHITE ET LES ATOMISTES

vieux mythes, nationaux ou exotiques, nous signalerons en passant des idées qui furent plus tard exploitées par des astrologues. Les premiers et informes essais de la Nature créatrice, les monstres produits par le rapprochement fortuit de membres disparates, expliqueront les formes les plus étranges domiciliées dans les constellations \ comme le souvenir des dragons, chimères et centaures mythologiques a suggéré à Ernpédocle luimême sa description de la terre en gésine. Celle-ci n est plus cependant la Mère universelle. Elle est bien au centre de l’univers, maintenue en équilibre par la pression des orbes célestes qui tournent autour d’elle ; mais elle n’a pas enfanté les astres et elle ne surpasse pas en grandeur le Soleil, qui est de taille à projeter sur elle des ellluves irrésistibles.

C’est le précurseur de la physique atomistique que Lucrèce admire dans Ernpédocle ^ Leucippe et son disciple Démocrite tirent rentrer dans la science l’idée de l’unité qualitative de la substance universelle, en ramenant les quatre éléments à n’être plus que des groupements d’atomes de même substance, mais de formes et de grosseurs diverses. Ils conservèrent cependant au feu, générateur de la vie et de la pensée, une prééminence que les astrologues adjugeront tout naturellement aux astres. Le feu n’était pas, comme les autres éléments, une mixture de molécules diverses, mais une coulée d’atomes homogènes, les plus ronds et les plus petits de tous, capables de pénétrer tous les autres corps, même les plus compactes. La genèse du monde, ou plutôt des mondes — car celui que nous voyons n’est qu’une parcelle de l’univers, — est, pour les atomistes, un effet mécanique de la chute des atomes; mouvement qui, par suite des chocs et ricochets obliques, produit des tourbillons circulaires. Dans chacun de ces tourbillons, isolé des autres par une coque sphérique qui se forme et s'immobilise au contact d'un milieu résistant, les atomes se criblent et se tassent par ordre de densité. Les plus pesants vont au centre, où ils forment la Terre ; les autres s’étagent entre le centre et la circonférence, où les

1. L’idée que le Ciel est un musée de curiosités préhistoriques est exprimée par Sénèque {Ilercul. fur., 6.'} suiv. Purgatn tellus omnis in caelo videt \ Quodcumque tirnuit). Le scoliaste de Germanicus (p. 38o Eyssenhardt) pense que .lupiter l’a formé pour l’instruction des hommes : le Scorpion, par exemple, fut a Jove astris inlatus, ut ejus naturam fuluri homines inlellegerenl. Jupiter paléontologiste !

2. Lucret., I, ~n-13i; Ernpédocle savant tel Ut vi.v humana videalur stirpe créa tus.

CUAP. I.

LES PRÉCURSEUKS

plus légers et les plus mobiles s’enflamment par la rapidité de leur mouvement.

La logique du système exigeait que la masse de feu la plus considérable et la plus active, le Soleil, fût la plus éloignée du centre, et c’est bien ainsi que l’entendait Leucippe, car on nous dit qu’il plaçait la Lune au plus près de la Terre, le Soleil au cercle « le plus extérieur » et les astres entre les deux L Mais Démocrite paraît avoir imaginé les hypothèses les plus hardies pour remettre la doctrine d’accord avec l’opinion commune, avec le fait indubitable que le foyer solaire est celui dont nous sentons le mieux la chaleur. Il en vint à supposer, dit-on, que le Soleil avait d’abord été une sorte de Terre, qui tendait à s’immobiliser au centre du tourbillon primordial. Mais ce premier dépôt, supplanté ensuite par la croissance plus rapide de notre Terre, avait été entraîné par le mouvement céleste à tourner autour de celleci et s’était « rempli de feu » à mesure que s’accroissait sa vitesse et que s’élargissait son orbite. Ainsi le Soleil restait à la portée de la Terre, qui l’alimentait de ses vapeurs, en échange de sa lumière et de sa chaleur. La môme hypothèse rendait compte de la proximité et de la nature moins ignée de la Lune -. En fin de compte, ces deux astres, que les astrologues appelleront « les « luminaires » (xà ^roxa) pour les distinguer des autres planètes, étaient mis à part des autres et rattachés par des liens plus étroits à la Terre, dont ils reproduisaient, avec une dose d’atomes ignés en plus, la composition moléculaire. Cette théorie servira de support à certains postulats astrologiques. Sans doute, l’opinion vulgaire attribuait aussi aux « luminaires » une action prépondérante ; mais la doctrine de Démocrite montrait que cette action, plus forte comme quantité, l’est aussi comme qualité, en vertu d’affinités plus étroites. Enfin, si l’atomisme n’était pas de

1. Diog. L., IX, 6, 33. On verra plus loin que l’ordre des planètes a une importance capitale en astrologie.

2. Euseb., Praep. Evang., 1, 8, 1. Peut-être Démocrite avait-il emprunté à son contemporain Empédocle et utilisé ici la théorie de l'accélération du mouvement du Sphæros (ci-dessus, p. 12, 2). Démocrite pensait aussi qu'il y a plus de planètes que n’en comptaient les Orientaux et les pythagoriciens. Tel est probablement le sens du passage équivoque de Sénèque ; Democrilus quoque... suspicari se ait plures esse stellas quae carrant, sed nec numerum illorum posait nec noinina, nondam comprehensis qainque sideram cursibus (Scn., Q. Nat., Vil, 3, 2. Cf. E. Zcller, !•', p. 122, 3). En général, Démocrite passait pour s’être beaucoup occupé d’astronomie et de pronostics météorologiques. Cf. les fragments è-a xwv irspi àaxpovoaia; (TUYYpàij.[xiTwv {Fr. Vhil. Graec., ed. Müllach, 1, pp. 368-369).

ANAXAdOKE

tout point favorable à l’astrologie et si les astrologues proprement dits n’ont pas eu à se louer des Épicuriens, héritiers de la physique de Démocrite, en revanche, le philosophe d’Abdère devint le patron des alchimistes, qui n’étaient en somme que des astrologues descendus de l’observatoire au laboratoire.

En même temps que les atomistes, Anaxagore, un peu plus âgé que Démocrite, utilisait comme eux les essais de ses devanciers pour improviser comme eux une cosmogonie qui ne ditlèie de la leur que parles principes métaphysiques. Anaxagore substitua à l’essence unique des Ioniens, des Éléates et des atomistes non plus quatre éléments, comme Empédocle, mais une inlinité de corps simples, qui, sans être jamais complètement dégagés de tout mélange, révèlent leurs qualités spéciliques dans les composés où l’un d’eux est en proportion dominante. Il conçut aussi la genèse du monde comme résultant des propriétés immanentes de la substance; mais il crut devoir ajouter à la série des causes une cause initiale, une Intelligence (Nou;) qui avait donné le branle à la machine. Le philosophe n’entendait évidemment pas rentrer par là dans la logique vulgaire, qui explique l’œuvre par l’ouvrier, et amener son système au degré de simplicité qu’offrent les cosmogonies orientales. Socrate lui reprochait même de ne pas s’être servi de cette Intelligence pour rendre raison de l’ordre du monde et de lui avoir substitué dans le détail « l’air, l’éther, l’eau et autres choses aussi absurdes * ». D’autres l’appellent le « physicien » et mécaniste par excellence Nous ne pouvons plus démêler, a travers les contradictions des textes quelle nature et quel rôle Anaxagore attribuait à l’Esprit cosmique, et peut-être ne le savait-il pas bien luimême. Il est probable que, fidèle a sa conception des substances simples, inconvertibles chacune en une autre, il entendait par Noüc; la somme de vie et d’intelligence répandue dans la Nature, somme indivise à l’origine des choses. Si minime que fvft, au fond, la différence entre la « substance pure » ou esprit d’Anaxa-

1. Plat., Phaeclr., p. 98 B. De même, Aristote dit qu’Anaxagore se sert du voû? « comme d’une machine », lorsqu’il est embarrassé de trouver une cause, et, le reste du temps, -reavxa ;x3>.7,ov alx'.âxai xtliv yiy'./op.svwv t, voüv {Mefaph., I, 4).

2. ’O O y CTI X (ô X ax O ç ’Avaçayopaî (Sext. Empir., Adv. VII, 90).

3. Le Noüs ordonnateur universel (Anaxag. ap. Diog. L., II, 6); seule substance simple (ap. Aristot., De An., I, 2, (i); âme (iI/u/t,), c est-à-dire principe de ta vie organique, répandu dans tous les êtres vivants, Çtôoi; xai [xeyi),o'.î xa: pixpo’.; [ibid.], et, comme tel, n'ayant pas ou n’ayant plus la personnalité que suppose son rôle initial, etc.

CllAP. I. — LES PRÉCL'KSEURS

gore et le feu inlelligent d'Héraclite, l’inlervenlion de eet esprit ou âme du monde fut considérée comme un démenti donné à la théorie de l’univers construit par le jeu automatique des forces naturelles ; ce fut pour la « physique » ionienne un coup qui laillit être mortel. 11 fut avéré que cette physique si vantée, qui croyait avoir découvert la raison ultime des choses, n’avait pas réussi à en percer le mystère. Son mécanisme ne se suffisait pas à luimême s’il fallait chercher la cause du mouvement ailleurs que dans les propriétés de la substance inconsciente, c est-à-dire dans le domaine des forces spirituelles ou volontés, domaine interdit à la science et accessible seulement à la foi. Les esprits ailés, ceux qui franchissent cette ligne de démarcation sans même l’apercevoir allaient s’élancer dans la carrière ainsi déblayée et construire à leur tour le monde en s’improvisant confidents et interprètes du plan divin. La place était prête pour le Démiurge, les dieux planétaires et les Génies de Platon.

Ainsi, en moins do deux siècles, la science hellénique semblait avoir achevé son cycle : elle revenait vers son point de départ, la foi religieuse. Pour employer un mot qui n’était pas encore à la mode, on l’accusait de banqueroute. Ses efforts mal coordonnés avaient porté à la fois sur tous les domaines de la connaissance , elle était partie en guerre contre « l’opinion » et avait discrédité le sens commun sans mettre à la place autre chose que des affirmations sans preuves, qui se détruisaient mutuellement, d’un système à l’autre, par leur discordance même. Les sophistes en conclurent que rien ne restait debout, et que chacun était libre de nier ou d'affirmer à son gré, sur quelque sujet que ce fût. A quoi bon chercher le vrai, le réel, puisque, comme les Éléates et Héraclite l’avaient démontré par des méthodes contraires, nous ne percevons que des apparences trompeuses et que le témoignage même de nos sens est ce dont nous devons le plus nous défier? « L’homme est la mesure de toutes choses », disait Protagoras ; chacun se façonne une vérité à son usage, autrement dit, conforme à ses intérêts, et celui-là est passe

1 Cette ligne de démarcation est oblitérée et comme etlacée depuis plus de vin-t siècles par les efforts de logique faits en vue de concilier la notion lois" naturelles, nécessaires et immuables, - postulat initial de la science avec 1. volonté divine, libre par déûnition 11 tant la

moven de faire vivre en paix, dans leurs domaines respectifs, la science et la foi en restituant à la foi les spéculations métaphysiques sur le pourquoi miiai ou final des choses, c’est-à-dire ce que l'homme peut croire, mais non pas

savoir.

SOCKATE

maili-G dans l’art de vivre qui, sans être dupe de sa propre opinion, réussit à l’imposer aux autres par l’éloquence, ou, au besoin, par la force.

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