‹ L'astrologie grecqueChapitre 8 sur 360 · LES SOCRATIQUES · texte numérisé non relu

LES SOCRATIQUES

Avec Socrate s’ouvre une nouvelle ère. Socrate passe pour avoir terrassé l’hydre de la sophistique et sauvé la morale en danger. Ce n’est pas qu’il entendît défendre une parcelle (juelconque de la science ou de la tradition ' : il acheva, au contraire, de ruiner tout ce qui ressemblait encore à une atlirmation, y compris les propositions sophistiques. Mais, tout en déclarant ne rien savoir, il invita tous les hommes de bonne volonté à chercher la vraie science, leur certifiant, au nom d’une révélation divine, ([U ils la trouveraient et que la morale y serait contenue par surcroît. Seulement, il pensait que la raison humaine ne peut connaître avec certitude d’autre objet qu'elle-même, et que, par conséquent, la science future devait s interdire les vaines recherches qui 1 avaient dévoyée, l’étude de la Nature extérieure. Si 1 homme n était plus, aux yeux de Socrate, la mesure de toutes choses, il restait la mesure de celles qu’il peut connaître ; les limites de sa nature marquaient aussi les limites de son savoir ^ Au delà s’étendait à perte de vue l'inconnaissable, le mystère du divin, dans lequel 1 esprit humain ne peut pénétrer que par la Révélation. On sait quel cas faisait Socrate des sciences dépourvues d applications pratiques, et en particulier des théories cosmogoniques qui avaient tant exercé jusque-là l’ingéniosité des philosophes. « En général », dit Xénophon, « il défendait de se préoccuper outre mesure des corps célestes et des lois suivant lesquelles

1. On sait que Socrate na rien écrit et qu’il y aurait naïveté grande à lui attribuer tout ce que Platon lui fait dire. Le Socrate de Xénophon a chance detie plus ressemblant, sauf en un point. C’est comme apologiste que Xénophon transforme Socrate en défenseur de la tradition, des lois établies. Si Socrate disait tô vôpi-xov Sîxaiov slvan (Xen., Mem., IV,'4. 12), il sous-entendait : a condition que la loi soit juste. Socrate, avant les Apôtres, a dit à ses juges : -i'.soixzi (lâXXov TW 6c(7) f, uiaTv (Plat., Apolofj., p. 29).

2. La sentence de l’oracle y'/w9t aaÙTov voulait dire que l’homme, connaissant sa condition, doit être humble devant les dieux. Socrate l’a détourné de son sens natuiel, que ce spirituel tour de main a fait oublier.

CllÂP. ]. LES PHÉCUKSELHS

la divinité les dirige. U pensait que ces secrets sont impénétrables aux hommes, et qu’on déplairait aux dieux en voulant sonder les mystères qu’ils n’ont pas voulu nous révéler. U disait qu’on courait le risque de déraisonner en s’enfonçant dans ces spéculations, comme déraisonnait Anaxagore avec ses grands raisonnements pour expliquer les procédés des dieux ‘ ». C est le cri de tous les moralistes de tradition socratiipie. Us prétendent isoler l’homme de la Nature, et on dirait que, de toute les sciences, l’astronomie leur paraît la plus orgueilleuse et la plus inutile. Horace demandant de quoi a servi à Ârchjtas « d’avoir parcouru le ciel, puisqu’il devait mourir ' », n est pas moins pressant là-dessus que Bossuet s’écriant : « Mortels misérables et audacieux, nous mesurons le cours des astres... et, après tant de recherches laborieuses, nous sommes etrangers chez nous-mêmes ^ ! » ou que Malebranehe écrivant : « Qu avonsnous tant à faire de savoir si Saturne est environne d un anneau ou d’un grand nombre de petites lunes et pourquoi nrendre parti là-dessus^? «Socrate bornait 1 utilité de 1 astronomie à la confection du calendrier : pour le surplus, il se moquait de gens qui, même s’ils parvenaient a savoir ce qui se passe là-haut, ne pourraient jamais « taire a leur gre le vent et a pluie ^ ». Quel accueil eût-il fait à l’astrologie, qui avait la pre-

1 Xcnoph , Mm., IV, 7, 6. Et Socrate cite comme preuve de la déraison d’An^xacore e fait d’avoir cru que le Soleil était du feu ou une pierre en feu. Linmen"t n’avait-il pas songé, Socrate, qu’on peut rega^^^^

le soleil- crue le soleil fait pousser les plantes et que le feu les déti U, etc. rocratrltait plus brouillé qu’il ne pensait avec la -< phj^ique ... Una u . rii^r-inles aue les Cyniques et les Cyrénaïques. Les autres 1 e\c seTt'ou^'le réfutent. Quidni quaerat [caeleslia]1 Soit ilia ad se pertviere (Scncc., 0. NaL, Praet, .0). partie ^ âW

naître lm-n,c'.ne. s'il “ aro.»^ I.'co). Manllits rératc Jirecteu.cnt

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Socrate en u nin caeli munere nosse, etc. '>

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yî Uü et 1, 25-52) ; Qui> fvM «/■»» »»"■ K""' ’ ’“’'

3 Zlnont’Jiatide Dieu. On pense bien que Bossuet ne cite pas Socrate, *1.1- /- -rro/p • Oiiid necesse est homini majora se quaerere . etc. (vu, Ij. „,a,s u science inutile que Théodoret loue dan,

û' r' V l/l ct c»' IV, p. 199). Socrate pensait caeleeüa sel procul esse "t;“£-.e, net: si ».o.r™« «.,,».<« esseat, ni,ul loin» u,l „ene m'eu-

dum (Cic. Acad., 1, 4, là)-

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