‹ L'astrologie grecqueChapitre 79 sur 360 · CLASSIFICATIONS DES SIGNES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATIONS DES SIGNES

Nous voici revenus au point de départ, au Bélier, après avoir recueilli en chemin, grâce à Manilius, les premières associations d'idées d’une astrologie encore étrangère aux mathématiques, ou (pii a échappé dans une certaine mesure aux remaniements lahorieux des savants et des pédants. H nous reste encore, avant d’aller plus loin, à passer en revue les classifications de toute sorte, physiologiques, psychologiques, morales, esthétiques, fondées par les astrologues sur les descriptions précédentes et servant à définir les iiualités imputables à l’influence des diverses catégories de signes.

il. — Classifications des signes.

La plupart des motifs de classification sont empruntés au dessin des figures. Rien ne montre mieux sans doute l’ineptie foncière et incurable — mettons la naïveté — de gens qui jirenaient pour œuvre de nature, susceptible d’engendrer des rapports naturels, le produit de la fantaisie la plus capricieuse; mais rien aussi n’affirme plus nettement l'autonomie de l’astrologie grecque, au point de vue des applications pratiques. Un détail changé dans une figure zodiacale modifie toute une série d’inductions, de correspondances, utilisées de cent manières et surtout dans la médecine astrologique. Or nous savons que, (piels (ju’aient pu être les emprunts faits à l'Orient, le ciel grec avait sa physionomie propre et ses types à lui '.

Abordons — avec sérieux, si faire se peut — la zoologie zodiacale établie sur l’analyse des types helléniques.

I. — Au point de vue de la forme corporelle, les signes sont :

1“ Humains (àv0po)7iô[j.op'aa - àvOpojTioE'ofj - /rummm) ou bestiaux (;^Tjpto)07) - /erbm), le signe composite du Sagittaire étant sur la limite des deux genres. Les signes bestiaux se décomposent en animaux terrestres {-/epaaTaj ou quadrupèdes (Ts-pàTzooa), amphibies (àpo(êta), aquatiques, vivant dans la mer (SraXacxata) ou l’eau douce (T.o-ziii'.i) . On distinguait aussi ceux qui marchent (paoicr:ty.à), ceux (lui rampent (l.p7>:'j!7X(/.â) et ceux qui volent [-rrzzpoyzi); mais

Orient, non seulement avec le Poisson austnal, mais avec la Paleine (Kt,toî) (|iii est tout près; car le XII° signe du Zodia(|ue gréco-hindou Icf. ci-dessus, p. 136, 3) s’appelle Khellhonq. Aujourd'hui, par le fait de la précession des équinoxes, le Poisson du S. est, comme l’autre, au N. de I cqualcur.

1. Voy. ci-dessus (p. 60, 1), le texte d’.Vchille Tatius, Isayoge, 3‘J.

lÔO ClIAP. V. — LA liOUTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE

celle classiticalion ne renlre pas dans la précédente, parce que, sur les quatre signes humains {\\ iip ^ ïî:), un (iip) est « ailé » ; le l'est aussi, et aussi les )(, dont les nageoires apparemment comptent pour ailes! De même, la classification en signes doués de voix (oiovriavxa) ou de demi-voix (rjg'stova) et sans voix (aowva), oii se trouvent mélangés les signes humains et animaux. La séparation se retrouve entre les signes raisonnables (Xoyr/.à) et les signes privés de raison (aXoyx) ou animaux; ceux-ci répartis en doux ou domesti(|ues (TÎgEpa) et féroces (àv/igEpa)

Signes féconds, soit en semence (TrcjX'jjTrepgx), soit en progéniture (uoX'jyova), stériles (axEtpiôorj - oX'yôtnrEpga - aaTEpga) OU communs.

1. Le renvoi aux textes, qui obligerait à constater toute espece de variantes, est ici supertlu. Les plus anciennes références ne vont pas au delà de Manilius, qui consacre une centaine de vers (II, 130-264) à détailler les signes masciila e.l ferninea (150-134), humana et ferina (155-158), (lemina (159-169), biformia (169-174), dupUcia (175-196), Iransvorsim orienlia et recta (197-202), diurna et nocturna (203-222), aquatica et terrena (223-229), ambiqiia (230-233), fecunda (234-237), sterilia (238-239), communia (240-243), currentiu et stantia (244-248), sedenlia (549-251), yr/een^iVt (252-255), debilia (256-264). Puis les distinctions se multiplient avec les épithètes. Il n’y en a pas moins de 113 dans l’informe compilation llcpl ÈvEpysiat; twv ip' Ç w 5 ( w v (Ludwich, Anecd., AstroL, pp. 105-1 10). Voir, dans un autre tableau (p. 110-112), les pronostics fondés sur une vingtaine de ces épithètes. Dans les tableaux ajoutés par quelque scoliaste à la fin du 11® livre de la Téirabible de Ptoléinée et dans Iléphestion de Thébes, cbaque signe est pourvu d’environ une dizaine d’épithètes. Ptoléinée s'est gardé, autant qu’il l’a pu, de ces niaiseries, dont il avait quelque peu honte. J.a classification fondée sur la « voix » doit venir de l’Egypte, où la « voix juste» avait tant d'importance dans les rites magiques. On ne la rencontre ni dans Ptoléinée, ni chez ses commentateurs, mais dans les auteurs déliassé époque, Firmicus, Iléphestion et autres, et on ne la voit utilisée nulle part, sauf peut-être chez les Arabes. Un « hermétique » dit : Revelatur statim verbum occullum quod qiiaeritur, quando Lima et planeta cui applicat sunt in siqnis vocem habentibus (Ilerm., C. Aphorism., 92, p. 842 Junctin.). Firmicus paraît assimiler les signes « vocaux » aux signes humains {in bumanis vel vocalibus signis, IV, 19, 26 Kroll). Voici le classement donné par les Anecdota de Ludwich fp. 107) : cpoivfiîvTa T iÿ H 'if ^ î «SI ; â'p(üva ^ jx

111, K . Il serait curieux de savoir pourquoi le rugissenieut du Lion ne lui a valu qu’une demi-voix ! Je suppose que nous avons là un débris de spéculations mystiques. L’alphabet ayant été adapté au Zodiaque (ci-après, ch. x), on a dû faire correspondre certains signes aux voyelles (-.piovf, svxa ypâg- [xaxa'.. Cette adaptation aurait pu être ellc-iuéme suggérée par une tradition pythagoricienne, qui assimilait la musique des sept orbes planétaires aux voyelles (xaüxx [xâv yap èaxt «(ov'csvxa. ProcL, in Anal, sacr., V, 2, p. 117 l’itra : ci-après, ch. xii) et les signes aux consonnes (crùgœwva 5è xà xwv ÇtoSiwv, ibid.). De tout cela, défiguré, transposé, serait sortie la classification susvisée. Le Scorpion a dû hériter du scarabée égyptien 1e titre de signe aOxoysvvTixov (Ludwich, p. 109). La Vierge xpt-pôsio-rtoç (p. 108) est une Hécate.

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