CLASSIFICATIONS DES SIGNES
5° Signes entiers, ou mutilés (ixîXoxoTio'j[i.£va- àTiry/.o-n:a - r,[j.'.-£XT, dehiha), comme le Taureau, qui n’a que la moitié du corps, le Cancer aveugle *, le Scorpion, qui a laissé ses Pinces dans la Balance, et le Sagittaire, qui, vu de profil, n'a qu’un œil. « Ainsi », s’écrie avec une solennité comique le bon Manilius, v le monde console nos alTlictions en les portant dans les astres; il nous enseigne par son exemple à supporter patiemment les pertes, puisque toute la marche de la destinée dépend du ciel et que les astres eux-mêmes sont nés avec des membres infirmes »
Signes simples - simplicin) et signes géminés, soit con-
joints comme les Cémeaux, soit ilisjoints comme les Poissons, soit composés de parties hétérogènes [l/tfonnia - comme le
Sagittaire et le Capricorne. L'érudition insullisaute de Manilius s’embrouille ici dans les signes doubles par figuration et les signes doubles par position (duplicia c’est-à-dire
précédant les signes équinoxiaux el tropiques et participant de leur nature. Au fond, il est dans la logique (juand il veut mettre d’accord la position et la figure ; mais la mythologie a dû céder le pas à la géométrie, et c’est la géométrie qui exige ((ue la Vierge soit un signe double. Avec un peu plus de savoir-faire, Manilius aurait fait rentrer ce signe dans la règle, en remaniuant qu il est, en réalité, double, étant composé de la Vierge el de l’Cpi.
H. Au point de vue de leur attitude, en tant que figures plastiques, les signes sont debout, assis, couchés, marchant ou courant, tournés en haut ou en bas, en avant ou en arrière, etc. Ainsi, Manilius sait que le Cancer et le Scorpion sont couchés sur le ventre et les Poissons sur le flanc b Au point de vue de leur
1. La cécité du Cancer vient probablement de la géométrie des anfiscia (ciaprès, p. 160, 2). On lui trouvait aussi une raison physi(iuc, c’est qu'il commence il raccourcir les jours et qu’on y voit moins clair : Lonqaqiie jam minuit praeclarus lamina Cancer (Auson., Eclocj., p. li.'iS Toll). En lait, et c est encoie une raison, ce praeclurus est obscur (ci-dessus, p. 137, 1).
2. Manil., Il, 236-264. Pline fait une rétlexion analogue à propos des éclipses : quis enim cernens [siderum labores] non suae necessilali morfales qenilos iqnoscal (Plin., 11, § 33). La lune particulièrement était l’aslre soull'ranl, l’éternelle malade, mourant chaque mois de mort naturelle et parfois d’empoisonnement, de veneficia magiques. Les médecins astrologues imputaient par métonymie aux signes les maladies dont ils étaient la cause ; ils disaient que tel signe est pustuleux, fistuleux, dartreux, etc. (voy. ci-après, ch. xii). Des modernes eussent fait à coup sûr le Cancer « cancéreux ».
3. Manil., Il, 243-233. Manilius confond les signa recta, debout sur le cercle du Zodiaque, et les recta qui se lèvent debout sur l'horizon. De même, il confond les signes qui marchent ou courent, comme le l.ion et le Sagittaire, avec les signes « rapides » qui se lèvent rapidement sur l'horizon, comme le
l')“ r.MAP. V. — LA ROUTE DES PLANÈTES OU ZODIAQUE
inclinaison par rapport à l’horizon, ils sont droits fopOâ - rcc/o) on {■Kli'l'.T. - obliqua)^ distinction qui est souvent conl'ondue avec les l)réccdentes.
Le docte Ptolémée dédaigne toutes les naïvetés de la vieille
astrologie ; il n’admet d’autres classiücations que celles qui se fondent surla position géométrique des signes par rapport à la division duodécimale du cercle, position qui, suivant lui, détermine leur <( nature ».
11 partage d’abord les signes en trois espèces, dont chacune contieni quatre signes équidistants et de fonction homologue :
1° Les signes « tropiques » ou cardinaux, subdivisés en tropiques proprement dits (xpoirixà) et équinoxiaux (-(TT|[;.eptvâ)
Les signes dits « solides » (orTôpsâ - solida - simpUcia), ainsi appelés, paraît-il, parce qu’ils fixent le changement de température amené par le signe tropique précédent;
Fie:. Li. Symbolisme des quadrants cl signes du Zodiaque.
Bélier. Le Bélier n’est pas représenté courant, mais au repos : il n'eu est pas moins siderum celervimus (Ilygin., Vroœm.) — lon;/e maxima currens orbe siio spatia (German., Aral., 224), comme le montre le tableau des ascensions obliques (àvaepopat). Enfin, Mauilius appelle simplicia les signes ffxcpsi, s'imaginant que ces signes sont tels parce qu’ils ne sont pas doubles, comme si tous les signes simples étaient axîpsi. Quant à la position présumée des figures, qui permet de distinguer leur droite et leur gauche, la règle est qu'elles nous tournent la face ou le ventre, jamais le dos : ôtTtavxa yàp ti âjxpa t,!txcpiaxai irpo; x'qv ■fijo.Exépav Oewpiav, xat ùtc, xrpôç T|pi5î èa-xpap-géva (llipparch., Commenl. in Aral., ch. iv, p. 32 Manitius). Mais les astronomes eux-mêmes s’y trompaient, et Théon d’.Vlexaudrie prend le contrepied de la règle d’ilipparque, ou homme habitué à voir les constellations par le dehors, sur une sphère artificielle (Scaliger, Nol. in Manil., p. 213).
1. Qui n'étaient plus réellement, Ptcdéméc le savait (ci-dessus, p. 129, 1), ni équino.xiaux, ni tropiques ou solsticiaux.