‹ L'astrologie grecqueChapitre 91 sur 360 · RELATIONS ANGULAIRES PAR ASPECT · texte numérisé non relu

RELATIONS ANGULAIRES PAR ASPECT

!< i[. Associations polygonales ou aspects.

On a déjà dil (p. 158) que la géométrie se refuse à couvrir les combinaisons anarchiques que produisent l’amonr et la haine dans le monde sidéral décrit par Manilius. Nous serons obligés d’écarter pareillement ces fantaisies inintelligibles des associations polygonales où le poète a prétendu aussi les introduire. Ces associations ou configurations (rry/q^axa - ayr^ixaT-.a-^o-: - TxTyr.jxa'iaixo!configurationes-adspeclus) sont les instruments par excellence de l’astrologie savante, de celle à qui la collaboration des pythagoriciens a valu le nom de « mathématique ». Le nom impropre d’ « aspects » - ndupectus), qui a prévalu en latin, rappelle

encore que, là aussi, la rigidité des mathématiques n’a pas empêché l’imagination de cultiver la métaphore et d humaniser les relations angulaires, qui sont censées ne se mesurer qu au compas. On dit aussi que les signes associés par configuration se « voient » réciproquement mise « rendent témoignage ' ». Enfin, comme transition — et motif de contusion entre le sjstème des associations par parallèles et celui des groupements polygonaux, il y a l’aspect diamétral, qui appartient aux deux catégories, ou plutôt figure indûment dans la seconde.

Le nombre des configurations ou aspects, d’abord fixé a trois,

On doublait ainsi pour le moins le nombre des combinaisons possibles, l'irmicus fait ensuite l’application du système mi.xte à la géniture dun grand personnage contemporain (Ceionius Rufîus Albinus, cos. 3.15).

I. Manéthon, à propos des planètes — les <7/r,aaTa du Zodiariue servant de mesure à ceu.x des planètes — emploie comme synonymes les termes jxaprjpt3u, £T:(,;xapfjpîai []xâpTjp£<; - è-'.;xxpx'jp£î - (j’j;x;xâprjp£;) et a/ r,;xaxi (voy. 1 Index verborum de l’édition Axt et Rigler). De même teslvnonwm ou leslimonium radialionis dans Eirmicus (111, I Kroll). Tou; ~po? àA>.T,),o'j; xüv àaxepwv (il s’agit aussi des planètes) 5/ r,;xax i c: [xoùî ê - t a x p xu p î a; (Porphyr.,

Isuç]., p. 186). On ne peut même pas réserver à [xapx'jpia le sens d aspect favorable. C’est le sens ordinaire (cf. ■■s'Ckoc, y.xi gapxopoî, Maneth., M, 626); mais on rencontre aussi .Mars [xâpxy; avec des eltets déplorables (I, 335). Quant à l’expression ôpxv, ôpxxOxt [adspicere), Manéthon 1 emploie continuellement (voy. VIndex). On rencontre aussi des expressions comme sy r, ;x ax i î^ov x a t £ Tî '. 0 ê (D p O ü V X £ ; iXXTiAo’Jî x3X£p£; •/. X. "k. {Vhilosophinn., \ , 2, 13; S. Empii., Adv. AslroL, 36, p. 314), et les verbes p)v£-;t£’.v, £-'.6'X£-îtv, fj£(op£Tv, au[xswv£'.v, etc. {ibid.). Sur le sens propre (ïadspectiis, voy. ci-après ch. vin. Nous ne pouvons plus savoir de quel aspect parlait Horace en disant ; Seu Libra seu me Scorpiiis adspicil ] Forrnidolosus, pars violenlior ] ^atalis horae,seu hjrantius [ lïesperiae Capricornus undae (Ilor., Od., 11, 1"). H entendait sans doute par là autre chose, le regard ou patronage du signe horoscope.

166 CHAP. Yl. — COMBINAISONS DES SIGNES DE ZODIAQUE

— le diamètre, le Irigone, le télragone ou aspect quadrat, — fut porté à quatre par doublement du trigone, doublement qui donna l’hexagone ou aspect sextil b Les signes qui ne communiquent entre eux par aucune de ces lignes, comme les signescontigus (ci-dessus, p. 161,

1) et ceux qui sont séparés par cinq (ou sept) signes, sont dits « inconjoints » (àauvosTa inconj uncta ou

aTiôtitpocaa).

Nous allons voir dans quelle mesure la géométrie et la psychologie ont collaboré à la définition des propriétés des figures, et si l’une et l’autre ont toujours réussi à se mettre d’accord.

1° Soit d’abord le diamètre ou aspect diamétral (otàijLexp o v diamelrum). C’est l’aspect le plus anciennement interprété par les astrologues. Les Chaldéens de Babylone et de Ninive notaient déjà la coïncidence des levers de certaines étoiles ou planètes

1. On faisait observer que, dans le cycle lunaire, résumé de toutes les harmonies, se trouve aussi l'aspect hexagonal (conséquence du fait qu'on y avait artificiellement introduit l'indispensable trigone). Les phases lunaires étaient donc — en dehors des deux syzygies — au nombre de six : pT,voct5f|i; (hexagone) — ôt/ÔTopo? (tétragone) — àpœixupvo; (trigone) — àp-f iviupTo; p (trigone) — ôi/oxopo? (tétragone) — p-rivoît6T|î p' (hexagone); soit, avec les syzygies, huit phases en tout, inégalement espacées sur le cercle. Le plus curieux, c’est que les mystiques ne veulent pas de ce nombre huit: il leur faut le nombre septénaire, et ils y atteignent, soit en supprimant la x'jvo5o;, moment où la Lune ne se voit pas (Porphyr., p. 183), soit en supprimant les deux phases pT,vo3i6eïi; et faisant deux phases avec le commencement et la fin de la aûvoooî, — cum nascilur — et. cuin ad nos lianinis iiniversilate privalur (Macr., S. Scip., I, 6, 55). D’autres se rejettent sur la triade, et trouvent trois phases de chaque côté du diamètre — xpsïî Éxaxspac ouaa; BtsTxr'iJaxo pTjVoeiûsïî, ot/oxôpou;, àpaixûpxo'Jî (Proclus in Anal, sacr., V, 2, p. 168 Pitra). D’autres comptaient 10 et même 11 phases (Paul. Alex., G 3 v).

l’aspect diamétral

avec le coucher de certaines autres, coïncidence qui répond approximativement à l’opposition diamétrale. Le rapport ainsi établi par le diamètre était-il sympathique ou antipathique? Il y avait pour ou contre l'une ou l’autre manière de voir des raisons dont le connu produisit l’hésitation et l’incertitude. La tradition « chaldéenne » tranchait la question dans le sens de la sympathie : pour elle, les signes ou planètes opposés se regardaient, non de travers, mais bien en face, et, par conséquent, agissaient de concert. Du reste, toute association présuppose la sympathie, et surtout l’aspect diamétral, qui est V « aspect » par excellence, au sens propre du mot *.

Les partisans de la tradition adverse — plus grecque peut-être que l’autre — raisonnaient différemment, et ils avaient pour eux l’association d’idées que représente le mot « opposition ». Les astres opposés sont des antagonistes; psychologiquement, comme des adversaires alignés pour le combat, matériellement, comme les poids qui tirent en sens contraire les deux extrémités du tléau d’une balance. Manilius, qui emprunte de toutes mains et veut raisonner par surcroît, est fort embarrassé. 11 remarque que les signes opposés vont en sens contraire et que l’un se lève quand l’autre se couche. Ils ont donc des mœurs incompatibles. Evidemment, le Cancer brûlant et le Capricorne glacial ne peuvent être en bonne intelligence. Mais le Bélier et la Balance ont presque le même ollice, et les Poissons « aiment les mêmes lois » que la Vierge. « La nature l’emporte sur le lieu ». La nature est ici d’abord le sexe, ensuite un des trois qualificatifs relatés plus haut (p. 152-3 et flg. 15). Tous les signes associés par le diamètre étant de même sexe et de môme qualité, l’atïinité de nature atténue l'opposition géométrique. Tout bien pesé, Manilius finit par conclure que « la haine est plus fréquente entre signes opposés - ».

1. Gémimis, ctisciptc de Posidonius, ne connaît encore que trois aspects elTîcaces : xaxà vàp xpstî xpô~ouî ai T'jii—âQc’.a!. ytvovxai, xaxà 5 i x |j.£ x p o v, xxxi xpiyuvov, xaxà xsxpâyojvov • xaxà àXKr^'j ôè oiixxxjiv oûÔEuix x’jjx~xOE'.a y’vExai, ce qu’il trouve d’ailleurs arbitraire et inepte. Il dit de l'aspect diamétral ; ),a;i6xvcxai Sè xx xxxx ôtxixsxpov ù~ô xwv .XxXôxiwv /.xi •repô? xx; £v xxt; 'fZ'dizsi au jj.Tv X 0 e i X ; • ôo/oüai yxp oi /xxx oixasxpov yEvouEvo'. a u ;x t: x a y e i v

xXXt,)^0'.?, /xi, w; (XV eï~oi xi;, (xvxi/EtaBx'. Kxi xwv X3

zo/o

xoï; /XXX ô'.x'xsxpov /xxx xôv xùx6v /xtpôv /xi au vw 9 e Xo ü a ; /xi au;x-

6Xx-xouat xx; yEVÉa£'.<;, /xxx xx; TExpxÔEÔopÉvx; Ôuvxixei; xôjv xaxspwv (Gcnnn., Isar/orj., l, 9). Cicéron [Divin., II, 42) et S. Enipiricus (§ 39, p. 244) ne mentionnent que le trigone et le quadrat — ea Lriangula illi et quadvata nominanl. Cf. ci-après (p. 202) les planètes sympathiques associées par le diamètre.

2. Manil., II, 401-432. 11 oublie qu'il a mis du feu dans le Capricorne et

168 en AP. VI. — COMBINAISONS DES SIGNES DU ZODIAQUE

Plolémée, lui, dissimule son embarras sous un étalage de science pythagoricienne qui intimide grandement son scoliaste Il invoque les angles et les longueurs harmoniques des cordes, après quoi, il conclut d’un ton péremptoire que, si les signes opposés sont « homogènes » (de même sexe), ils sont surtout opposés 11 se garde bien de dire que, même dans son harmonie musicale, les tons étant représentés par des cordes d’arc, le diamètre, double du rayon, représente l’octave, c’est-à-dire le plus parfait des accords : il ne veut plus se rappeler que luimême attribue même nature aux quadrants opposés par le diamètre® et qu’il fera grand usage de ce principe — appliqué aussi à la théorie des « lieux » (ci après, ch. ix) — dans son « apotélesmatique catholique ». On comprend qu’il n’ait pas réussi à imposer la théorie du diamètre discordant. Le Pseudo-Manéthon se rallie évidemment à la tradition adverse quand il dit : « Tels sont les effets produits par les planètes en conjonction avec le Soleil seul : pareils sont leurs effets quand elles se montrent à l’opposé du Soleil » h Quand il y a une contradiction quelque part, on est sûr de la retrouver, enregistrée sans être remarquée, dans le répertoire incohérent de Firmicus. En effet, Firmicus atTirme que le rayonnement diamétral est toujours menaçant et, plus loin, il explique que Saturne se met d'accord soit avec la Lune, soit avec le Soleil, quand il se trouve avec eux en opposition diamétrale Enfin, la tradition chaldéenne ressuscite tout

le Cancer dans l’eau (ci-dessus, p. 138, 1 et p. 143), ce qui diminue l'opposition. Vincil naliu-a locum (II, 416); conclusion : Crebrius adversis odium esl (11, 632). Ailleurs, dans son système des tiUelae (II, 433-447), il met Junon dans le Verseau, en face de Jupiter dans le Lion, sans avoir probablement l'intention de représenter un mauvais ménage (ci-après, p. 184).

1. Ptolcm., Tetrab., 11, 14 (lUpl vwv (j'jT/T,|j.avi^o;jL£vwv ôuSîitavTiaGpîtov) . Le

scoliaste (Anon., p. 30) remarque : siSÉvai ôè ypr, w; -Kposo/f,; côtxai xô

xpovisi|j.£vov yuptov, 5cal yàp xà 7,£y6[X£va Ô'jü/caxavÔT^xa xayyâvst. 11 fera de son mieux pour rendre le passage intelligible.

2. ’ A U U p. ’f (O V O t ôè O'. x£xpiytovoi xaL oi xaxà ôiâpîxpov, ôiôxi xax’ avxt- 0ôC7iv x(üv ôpoycvwv xT,v (juaxajiv Xapôâvouat {Telrab., II, 14). 11 vient de dire que, pour le diamètre, l’opposition rectiligne est une « raison évidente » (7.ôyoi; tpavîpô?).

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