‹ L'astrologie grecqueChapitre 96 sur 360 · LES ASPECTS FIXES DE ZODIAQUE · texte numérisé non relu

LES ASPECTS FIXES DE ZODIAQUE

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En fait, l’association par aspects est le plus souvent appliquée aux planètes, qui ne restent pas incrustées une fois pour toutes à la même place et peuvent varier leurs combinaisons. 11 n’arrive guère que les planètes occupent tous les sommets d'un polygone : elles sont généralement en aspect deux à deux, et elles y sont dès qu’il y a entre elles l’angle que sous-tend la corde du polygone. Ün ne s'imagine donc pas des trigones ou des tétragomis de planètes formant des sociétés permanentes, à effectif complet. C’est, au contraire, sous forme de ligues éternelles, animées de sentiments invariables, que l’astrologie poétique se représentait les configurations inscrites au cercle du Zodiaque C Pourquoi les signes s’associent-ils, si ce n’est pour mettre en commun leurs haines et leurs sympathies? Si la concorde n’est pas toujours parfaite à l’intérieur de ces ligues, de l’une à l’autre l’état normal est la guerre. Le trigone présidé par le Bélier ( ^ j attaque celui que préside la Balance

14 ), mais sans succès : le groupe animal est défait par le groupe humain. Le contraire eût étonné le bon Manilins, qui croit à la supériorité de l’intelligence sur la force. La bande animale se rue aussi, par antipathie de sexe, contre le trigone féminin auquel préside le Taureau (y np ^). Les carrés ne sont pas moins batailleurs que les triangles. Le plus triste, c’est que tel signe, comme membre d’un carré, devient l’ennemi de ceux qu’il avait pour alliés dans le triangle, et inversement : si bien que, en tin de compte, les signes sont partout égoïstes, suspects et traîtres à leurs alliés du moment. Inutile d’ajouter que ces haines célestes se reproduisent sur terre, où elles ont leur effet réel et se perpétuent de génération en génération, par l’afllux sans cesse renouvelé des passions de là-haut.

L’astrologie mathématique fera de son mieux pour pacifier cette mêlée; mais elle en retiendra le principe, en l’appliquant aux trigones seuls, trigones peuplés de planètes, qui y sont installées virtuellement par di'oit de propriété. Entre autres usages, cet engin bizarre lui servira principalement à rendre compte de la diversité des races qui peuplent la terre et de

1. Manilius, sur ce sujet, est inépuisable. Voy. II, 466-G42. Après les sympathies et haines imlividuelles (466-519), bataille des trigones ; Qum adversa meunl et jt/ncla Irigona trigonis ] AUeraqiie in bellum diverso limite diicit | lÂnea (520 sqq.), avec toute espèce de complots et agressions de détail : Sed tamen in propvias secedunt singula mentes 1 Et privata geriint secretis hostibiis arma (539 sqq.). Inimitiés des carrés, etc. (572 sqq.). Aussi rien de plus rare que 1 amitié : ünns erat Pglades, nnvs gui mallet Orestes \ Ipse mori (583 sqq.).

raiilipalhie engendrée par celte diversité ^ Elle rejettera, comme inintelligibles ou contradictoires, les rapports que Manilius croit découvrir entre les trigones et les amitiés que l’on va chercher au loin, à cause de la distance qui sépare les trois signes d’un Irigone ; entre les trois carrés et les trois degrés de parenté appelés agnation, cognation, afTinilé ; entre l’hexagone et l’hospitalité ^ Les acquisitions qu’elle fit par ailleurs compensèrent largement ces sacrifices volontaires. Encore n’est-il pas sûr que les débris de ces systèmes n’aient pas été replacés dans la théorie des « lieux » substitués au Zodiaque.

Manilius, au cours de son exposé, s embarrasse de scrupules qu’il emprunte aux géomètres et qui infirment toutes ses inductions. Lui qui considère toujours les signes en bloc, il s’avise imprudemment de déclarer que les figures géométriques ne sont ellicaces qu’autant qu’elles sont exactes et que les angles souslendus par les cordes sont bien de 18(L pour le diamètre, de 1"20° pour le Irigone, de 90'^ pour le létragone, de GO" pour l’hexagone -L

1. Voy. ci-après (pp. 199-206) les « Trigones planétaires » et (ch. xi) leurs

domaines dans la chorographie astrologique.

2. Ptolémée n’en fait point usage au chapitre des amitiés et inimitiés (voy. ci-après, ch. xn), à l’occasion duquel on reviendra sur le système de Manilius (11, 670-685). Le texte de Manilius est obscur et diversement ordonné par Scàliger et par Fr. Jacob. Les tétragones cardinaux adfines siqnanl qrachbusque propinquis | Accedunl (11, 671 sqq). ; quant aux trigones : Haec ad amicitias imitâmes jura qradumque \ Sanquinis alque animis haerentiapeclora ducunl. I Ulque ipsa a lonqo coeunt suhmoLa recessu, \ Sic nos conjunqunt majoribus inlervallis (II, 679-682), amitiés qui valent mieux que la parenté (II, 683-684). Les hexagones ; Proxima vicinis subscribunl lerlia quaeqiie j Hospitibus (II, 685). Le principe sous-entendu par Manilius est fort simple : c’est que les individus qui ont leurs signes généthliaques en aspect contractent par là une parenté, amitié ou affinité quelconque entre eux : Sic erit in siqnis odium libi paxque notanda; \ In terris qeniti tali sub leqe creantur fil, 641-642. Cf. 11, 337-342. 484. 560 sqq. 652). Ce principe est affirme par Géminus, qui le tenait peut-être de Posidonius, à propos du diamètre (cidessus, p. 167, 1) et du trigone : ôoxoücn yàp ol xa-rà Tpiytovov y2v6tJ.svoi aep-rca-

Osïv îTvMTvot; (/sfl, 9-, 1, 9). C’est de la généthlialogie comparée.

3. Sed si quis contentas erit numerasse quadrata, 1 Divisum ut siqnis mundum putet esse qualernis, | Aut tria sub quinis siqnis ornare triqonum [tnqona Salmas., p. 149] 1 Falsus erit. Faute du nombre exact de degrés, amisere loco dotes numerisque repuqnant. Le trigone exige un arc de 120» : Hanc autem numeri non reddit lima summam \ Si siqnum a siqno, non pars a parte notatur. Manilius développe l’idée avec sa prolixité habituelle (11, 297-351). Un passage de Démophile, que je cite plus loin (p. 179, 1), nous explique les scrupules de Manilius. 11 y avait conflit, pour le tracé des a/ripava, entre plusieurs méthodes : la méthode vulgaire, celle qui prenait les signes en bloc (ÇwStaa-fi), est signalée comme entachée d’erreur.

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