‹ L'astrologie grecqueChapitre 97 sur 360 · LES ASPECTS PLANÉTAIRES · texte numérisé non relu

LES ASPECTS PLANÉTAIRES

Alors ce ne sont plus les signes qui correspondent entre eux, mais les degrés des signes. Manilius passe, sans s’en apercevoir, du calcul en gros (Çwotaxôjç - TiXa-r/.à); -platice) au calcul par degrés (ijLotprxwc; - partiUter), celui-ci infirmant les résultats obtenus par celui-là Pour être logique, il aurait dé aller jusqu’au bout et avertir, comme le font certains astrologues, (pie les figures peuvent être régulières, mais être pourtant inefficaces ou d’une efficacité dévoyée et malencontreuse. Le cas se produisait, d’après ces abstracteurs de quintessence, (}uand les sommets d’un polygone tombaient sur les lignes de séparation des signes, sur r « entre-deux » (jji£CTî[x6ôXT;ijLa) En réalité, le poète, étourdi par la complication du sujet, n’a pas réfléchi que le calcul par degrés ne s’applique utilement qu’aux configurations planétaires et qu’il n’avait nul besoin, lui qui ne s’occupe que du Zodiaque, de briser ainsi l’individualité concrète des signes

Appliqués aux planètes, les <ry r] [.i a t a ont pour but et pour effet de remplacer la présence réelle de la planète, de porter son action là où elle n’est pas elle-même. Les astrologues parvenaient ainsi à concentrer dans un espace restreint du Zodiaciue, quand le besoin s’en faisait sentir, les influences des planètes (|ui se trouvaient dans d’autres parties du cercle. Lar exemple, dans le calcul de la durée de la vie, cette durée étant enfermée dans un quadrant et devant nécessairement se buter à une planète « meurtrière » (àvaips-c'.xôi;), le rayon lancé suivant le diamètre ou le quadrat par Mars ou Saturne faisait fonction de la planète ellemême. On pouvait cependant admettre une différence d’énergie entre la présence réelle et la présence virtuelle par aspect. Une

1. C'est une habitude chez Finuicus (cf. II, 14, 1; IV, 17, 2 etc.) d'indiquer d’abord la méthode platice et de déclarer ensuite qu’elle ne vaut guère, attendu qu’on arrive à de tout autres résultats en comptant parliiiler.

2. Un individu qui aurait pour horoscope le [j.îac[x6ô7kT|txa, o-jto; â'Kx'ho; xal xtaepoç xal âcrip-oç te7vôutt,cïîl (Ilephaest. Theb., p. 48-49 Engelbrecbt). U auteur indique les elfets spécifiques des douze [X£aEp.6oAT,;xaTa du Zodiaque. La considération du [xs je ;x 6 ix a ou zéro matbématique fait que les astrologues ont subi à regret les exigences des astronomes qui plaçaient équinoxes et tropiques entre deux signes. Sur le |XEJE;x6ô7;T,|xa considéré par rapport à r à-Koppo'.a et à la construction des « lieux », voy. ci-après, ch. viii et ix.

3. Individualité qui, répétons-le (cf. p. 132, 1), n’existe plus pour les astrologues savants. Us décomposaient les signes, quand il leur plaisait, en parties fortes, faibles, ou même d'inllucnces contraires. Nous en verrons nombre d’exemples. Cela, au dire des doctes, ot'. xai èx S'.a’joptôv àzAavtôv j'jvsjjT.xav, xaî oùx È; ôixoLiov àix'poxÉptüv xwv xpajc'wv, toutejx'. xal 6Ep;xO'j xxi v[/u/po'j (Anon., p. 80). Soit ! mais alors l’analyse devait aboutir logiquement à la suppression des signes figurés.

règle formulée pur un scoliaste de Paul d’Alexandrie veut que la dillerence soit de moitié

Les aspects polygonaux, dont on n'a trouvé jusqu'ici aucune trace dans les documents clialdéens ou égyptiens, dominent la théorie et la pratique de l’astrologie grecque. Celte géométrie, accessible même aux intelligences moyennes, résista aux scrupules qui vinrent du perfectionnement des méthodes et qui rendirent si dilïicile la construction des cases mobiles ou lieux (voy. ci-après) appliquées sur le Zodiaque à l’aide de calculs relevant de la trigonométrie. Il n’y avait discussion ([u’entre les partisans des vieux procédés, ceux qui se contentaient de considérer les signes en bloc (Çtootay.w<;) et ceux qui exigeaient la correspondance exacte des degrés (potpty.w;) Cette discussion laillit pourtant provoquer une intrusion des calculs suscités par la constatation de l’inégalité dn mouvement des diverses parties du Zodiaque, inégalité causée par l’obliquité du Zodiaque sur l’axe du monde. L’astrologue Antigone de Nicée n’eut pas à démontrer — on le savait — que les polygones réguliers étaient presque toujours en désaccord avec le cadre naturel formé par le plan de l’horizon et celui du méridien ; il proposa d’estimer les côtés des polygones non plus en degrés du cercle, mais en unités de temps (ypov'./.oK), en portions égales des 'iA heures que dure une révolution entière du cercle par le mouvement diurne. Il connaissait, du reste, trop bien les habitudes des astrologues et leur façon d’inspirer confiance pour prendre la réforme à son compte ; il dut la mettre sous le nom d’un vénérable « Égyptien », Phnaès, déjà connu ou inventé pour la circonstance. Malgré ses précautions, il n’eut que

1. Parlant des « lieux » — équivalents des signes — le scoliaste dit ; v. |j-£v- ■zoi ixTiôsts cUfl Ttav àaxÉpwv Èxsïas, axo~£tv oeï ’j~6 "tcoiwv ^ â X X £ t ai xaxa !Tyf||xa x6 Çwûiov, xal oüxo)? à-::09atv£a9ai glffa xà à'/aOà xai |X £ x a xà xaxâ • xoûxo oè xal £ xc l xiâvxwv xôôv xô”o)v, oxav ;x t, xt a pr, axxr, p (Paul. Alex., L 3 v). Nous ne saurions dire si cette règle était généralement acceptée.

2. A signaler la transaction d’après laquelle les aspects planétaires seraient clTicaces quand l’inexactitude ne dépasserait pas une certaine largeur ou champ de tir battu par le rayon de la planète mise en cause, largeur ditl'érente pour chaque planète. C’est du moins ce que je crois voir dans un fragment de scolic que, pour plus de sûreté, je cite in extenso : Ai axxiv£^ xoü Q àotxvoüvxai poip. V, £a-pox0£v x:£vx£xai6£xa, xai ôx:ia6£v xx£vx£xaiO£y.a • xf,î l'Q poip. xô', £p-Kpoj6£v ôo'jôcxa, xaî ô'x:ix0£v 5io6£xa • xoü I) xai xoü 'if poio. i£ , £pxîpox0£v £vv£a, xal ôxiiff0£v ÈvvÉa • xf,; Q xai xoü i5’, £pxrpox0£v Éxxxà xai ô-’.z- 0.,^ iTjxà • xoü Ci' iç', £px:poxO£'/ ôxxio xai ôx:t50£v ôxxo) (Schol. Dcmoph., p. 204). A rapprocher de ces chilfres ceux indiques plus haut (p. 112 en note).

LES ASPECTS PLANÉTAIMES

de rares adeptes, et le calcul par la durée des « ascensions » (àvarfopat) resta en dehors du système des aspects h En somme, les polygones zodiacaux, qui représentent des réactions tlxes si l’on ne considère que les signes, servaient surtout à évaluer les combinaisons variables des planètes accidentellement logées dans les signes. Nous allons voir grandir de plus en plus le rôle des planètes et la vertu propre des signes passer au second plan dans les associations entre signes et planètes ^ associations que l’on serait tenté d’appeler invasion et confiscation des signes par les planètes.

1. Il y a, dit Dcmophile, trois manières de tracer les aspects : une vulgaire et erronée (t, Ç w 3 1 a •/. r, xal xotv-t, xal xaSoXtxri, xaO’ t,v TravTcî r),av(.j|X£0a) ; l’estimation au degré (ixotpixwî), d’après le canon des ascensions de Ptolémée, et une autre, r, y povix-'r,, t,v àv 'Awlyoïvoî xal «l>vâT,î ô Alyé-revioî xal âÀ),o’. t'.vèî U— cTx^av xai ù)vô;xaaav isoaxsXèî xpiywvov xwv âvx'popwv xüv Çwôiwv (Sctiol. Demopliil., p. 201). Le recours à « l’Égyptien » est typique, car c’était un fait notoire (voy. ci-dessus, p. S4, et ci-après) que les anciens Égyptiens ignoraient l’inégalité des ascensions obliques.

2. J ajourne au chapitre suivant, par souci de la clarté, les combinaisons produites par intégration des signes dans les signes, qui reviendraient logiquement à celui-ci, ces combinaisons étant de tout point analogues à celles des signes avec les planètes et concurrentes avec ces dernières ou remplacées par elles.

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