‹ L'Astronomie, évolution des idées et des méthodesChapitre 11 sur 72 · LES GRANDES DIVISIONS DU TEMPS : ANNÉE, MOIS, DÉCADE ET SEMAINE · texte numérisé non relu

LES GRANDES DIVISIONS DU TEMPS : ANNÉE, MOIS, DÉCADE ET SEMAINE

On a vu comment les premiers bergers et les premiers laboureurs ont pu déterminer approximativement la longueur de Tannée. L'exactitude obtenue suffisait pour régler leurs travaux ; mais à mesure que les relations se sont étendues, les besoins sont devenus plus nombreux, et il a été nécessaire de faire des conventions pour compter le temps, il a fallu créer un calendrier. Un tel projet suppose connue une valeur déjà assez exacte de la longueur de Tannée, et a dû provoquer les moyens de la déterminer avec plus de précision.

Quels sont ceux qu'on a employés? Si Ton en croit les Chinois, ce serait le gnomon, qui paraît bien être le plus ancien de tous les instruments : Delambre conjecture qu'il put servir du temps de Hoang-Ti (vers 2600 av. J.-C.) pour découvrir la période d'intercalation de dix-neuf ans, et Laplace admet que du temps de Yao (2357 av. J.-C.) on observait les ombres méridiennes aux solstices. Mais les documents chinois sont si suspects, que nous n'insisterons pas. Partout, d'ailleurs, et de tout temps, on a pu noter que le Soleil monte plus haut en été qu'en hiver, et employer

les ombres pour suivre commodément sa course. Le Gnomon. — On appelle ainsi un objet quelconque, colonne, style, simple bâton placé sur un sol horizontal et pouvant donner une ombre nette.

Suivons d'abord l'ombre d'un bâton vertical A B (flg. 3) dans le cours d'une journée, en marquant de

temps à autre l'extrémité de son ombre, en C,D,.... Cette ombre, naturellement opposée au Soleil, se déplace aussi, mais d'un mouvement contraire au sien, c'està-dire de l'ouest à l'est; d'abord tort longue, quand le Soleil vient de se ^^ lever, elle diminue graduellement à mesure que ^^^ le Soleil s'élève., passe par un minimum vers le milieu du jour, quand le Soleil est au plus haut^ puis à partir de là s'allonge peu à peu jusqu'au soir. A la simple inspection de la courbe CDEF ainsi tracée, on est frappé de sa symétrie; elle montre que le Soleil en descendant décrit une route toute semblable mais opposée à celle de sa montée, et l'attention est naturellement appelée sur la direction A M de l'ombre la plus courte et qui correspond au milieu du jour.

Répétons la même observation quelques jours après : on obtiendra une nouvelle courbe diurne

C'D'E' et on verra que la nouvelle ombre minima A M'

a la même direction que celle obtenue déjà : d'où la notion de la méridienne, de la ligne nord-sud, connue peut-être déjà par la découverte du pôle. En suivant pendant assez longtemps l'extrémité de cette ombre méridienne, on l'aura vue osciller entre deux points extrêmes toujours les mêmes, comme les

Page 1