LES GRANDES DIVISIONS DU TEMPS : ANNÉE, MOIS, DÉCADE ET SEMAINE
On a vu comment les premiers bergers et les premiers laboureurs ont pu déterminer approximativement la longueur de Tannée. L'exactitude obtenue suffisait pour régler leurs travaux ; mais à mesure que les relations se sont étendues, les besoins sont devenus plus nombreux, et il a été nécessaire de faire des conventions pour compter le temps, il a fallu créer un calendrier. Un tel projet suppose connue une valeur déjà assez exacte de la longueur de Tannée, et a dû provoquer les moyens de la déterminer avec plus de précision.
Quels sont ceux qu'on a employés? Si Ton en croit les Chinois, ce serait le gnomon, qui paraît bien être le plus ancien de tous les instruments : Delambre conjecture qu'il put servir du temps de Hoang-Ti (vers 2600 av. J.-C.) pour découvrir la période d'intercalation de dix-neuf ans, et Laplace admet que du temps de Yao (2357 av. J.-C.) on observait les ombres méridiennes aux solstices. Mais les documents chinois sont si suspects, que nous n'insisterons pas. Partout, d'ailleurs, et de tout temps, on a pu noter que le Soleil monte plus haut en été qu'en hiver, et employer
les ombres pour suivre commodément sa course. Le Gnomon. — On appelle ainsi un objet quelconque, colonne, style, simple bâton placé sur un sol horizontal et pouvant donner une ombre nette.
Suivons d'abord l'ombre d'un bâton vertical A B (flg. 3) dans le cours d'une journée, en marquant de
temps à autre l'extrémité de son ombre, en C,D,.... Cette ombre, naturellement opposée au Soleil, se déplace aussi, mais d'un mouvement contraire au sien, c'està-dire de l'ouest à l'est; d'abord tort longue, quand le Soleil vient de se ^^ lever, elle diminue graduellement à mesure que ^^^ le Soleil s'élève., passe par un minimum vers le milieu du jour, quand le Soleil est au plus haut^ puis à partir de là s'allonge peu à peu jusqu'au soir. A la simple inspection de la courbe CDEF ainsi tracée, on est frappé de sa symétrie; elle montre que le Soleil en descendant décrit une route toute semblable mais opposée à celle de sa montée, et l'attention est naturellement appelée sur la direction A M de l'ombre la plus courte et qui correspond au milieu du jour.
Répétons la même observation quelques jours après : on obtiendra une nouvelle courbe diurne
C'D'E' et on verra que la nouvelle ombre minima A M'
a la même direction que celle obtenue déjà : d'où la notion de la méridienne, de la ligne nord-sud, connue peut-être déjà par la découverte du pôle. En suivant pendant assez longtemps l'extrémité de cette ombre méridienne, on l'aura vue osciller entre deux points extrêmes toujours les mêmes, comme les