LES GRANDES DIVISIONS DU TEMPS
points de lever et de coucher du Soleil, on aura vu que ses stations coïncident avec celles du Soleil, avec les tropiques, et dès ce moment on aura préféré l'emploi du gnomon pour déterminer la longueur de l'année.
Les obélisques auraient^ dit-on, servi de gnomon aux t/gypliens : mais leur forme trop aiguë aurait rendu les observations fort incertaines. On a remarqué, d'ailleurs, qu'ils étaient trop voisins des temples pour servir à cet usage.
Chez les Grecs, l'invention du gnomon est parfois attribuée à Anaximandre (610 à 547 av. J.-C), mais Hérodote' dit que les Grecs le reçurent des Babyloniens : Anaximandre ne fît, sans doute, que l'introduire en Grèce, où il se répandit rapidement pour diviser le jour. Ce n'est qu'un peu plus tard que le gnomon fut employé pour fixer la longueur de l'année, par l'observation des solstices; on peut penser que Phaeinos, le maître de Méton, utilisa dans ce but la montagne du Lycabette comme un immense gnomon; mais les plus anciennes observations des solstices qui nous soient parvenues sont celles de Méton, faites à Athènes en 432 avant J.-C, au moyen d'un héliotropion, que l'on suppose être une sorte de gnomon avec des repères : ce solstice est le plus ancien point de départ connu; dès lors, par le fait qu'on suppose constante la longueur de l'année, la durée de celle-ci fut connue avec une précision de plus en plus grande : Hipparque, Ptolémée, les Arabes, etc., n'eurent pas d'autre point de départ plus éloigné à comparer à leurs propres observations. C'est par ces déterminations des solstices que Méton fît, avec Euctémon, cette découverte capitale que les équinoxes et les solstices ne divisent pas l'année en quatre parties égales; on ne nous dit pas, ; d'ailleurs, comment ils déterminaient les moments des équinoxes.
Subdivision de l'année : le mois. — L'année, pour la mesure du temps, est imposée par la nature
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même; mais elle contient un trop grand nombre de jours pour être employée comme unité directe, c'està-dire sans quelque sous-multiple; et. en effet, chez presque tous les peuples on rencontre le mois, dont l'origine est visiblement lunaire : sa durée, sensiblement égale à celle d'une lunaison, suffit pour l'indiquer; d'ailleurs, chez plusieurs peuples le nom même de Lune sert à désigner le mois.
Cela se conçoit aisément, puisque les phases de la Lune, avec la variété d'illumination qui en résulte pendant la nuit, constituent le phénomène astronomique le plus frappant et le plus régulier après le mouvement journalier des astres. Aussi, chez les Indiens d'Amérique, par exemple, on a trouvé que lorsque plusieurs tribus devaient se réunir pour une entreprise commune, le rendez-vous était fixé à une pleine lune désignée longtemps à l'avance.
De ces deux unités, année et mois, quelle est la plus ancienne? C'est une question à laquelle il paraît impossible de répondre; et les choses ont dû se passer différemment d'un pays à l'autre, suivant que les saisons se trouvent plus ou moins accentuées. Tantôt l'opposition de la saison froide et de la saison chaude est extrêmement marquée, tantôt, au contraire, la variation des saisons est à peine sensible ; dans ce dernier cas, Tannée ne s'imposait nullement : ainsi les habitants de Tahiti, quoique parvenus à un commencement de civilisation, ne mesuraient le temps que par mois.
Subdivision de l'année par les levers et couchers héliaques des étoiles. — Longtemps la subdivision de l'année par mois a été insuffisante, à cause par exemple des intercalations de mois; aussi a-t-on employé, pour diviser l'année, les levers et les couchers héliaques de certaines étoiles ; c'est ce que firent les Égyptiens, les Chaldéens et plus tard les Grecs : ils distinguèrent un certain nombre de belles