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CHAPITRE H

Les instruments de la période alexandrine

Les quatre instruments que nous venons d'énumérer, gnomon, cadran solaire, clepsydre et sphère, sont les seuls qui aient été connus avant l'expédition d'Alexandre; et on voit qu'ils servaient surtout à la détermination de l'heure : preuve suffisante à elle seule pour montrer que l'Astronomie primitive s'est développée surtout sous l'empire du besoin. C'est dans l'école d'Alexandrie, fondée peu après, que l'on trouve indiqués pour la première fois les instruments devenus célèbres sous le nom d'armilles.

Armilla désigne en latin les bracelets servant à la parure, et qui sont au nombre des ornements les plus anciennement en usage chez tous les peuples. Par extension, ce nom a été appliqué à toutes sortes de cercles. En général, Ptolémée, dont V Almageste est pour ainsi dire notre source unique, ne donne pas de nom spécial aux cercles employés comme armilles, mais il emploie le terme général xuxXot, cercles; parfois il emploie le terme xptxot.

D'après Diodore, le tombeau d'Osymandias à Thèbes était surmonté d'une armille ou cercle en or massif de 365 coudées (200 mètres environ) de tour et d'une coudée d'épaisseur. A chaque coudée était marqué un des jours de l'année, avec l'indication des levers et des couchers des astres pour ce jour, les pronostics atmosphériques correspondants, etc.

L'auteur de cette fable (car on ne peut l'appeler

autrement) s exprime comme si le Soleil parcourait nécessairement tout le tour du cercle ; ii faudrait donc le supposer incliné suivant Téquateur ou même suivant i'écliptique. Tout au plus peut -on déduire de là qu'à l'époque correspondante on connaissait Tannée de 365 jours.

Il y a deux sortes d'armilles : celles qui servaient à déterminer les solstices et appelées pour cette raison armilles solsticiales^ et celles qui servaient à déterminer les équinoxes, appelées de même armilles équatoriales ou équinoxiales.

Les premières armilles furent placées au Musée d'Alexandrie. On attribue généralement à Eratosthène le mérite de les avoir obtenues de Ptolémée III, Evergète, qui l'avait appelé à Alexandrie pour diriger sa célèbre bibliothèque.

Armilles équinoxiales. Cet instrument consistait essentiellement en un cercle évidé ou anneau, sans graduation, placé d'une manière invariable de manière que son plan était parallèle à l'équateur. Par suite, Féquinoxe coïncidait avec le moment où le Soleil passait juste par le plan de ce cercle, ce que l'on reconnaissait à ce que l'ombre de la partie sud couvrait exactement la concavité de la partie nord. Ptolémée ne fournit qu'incidemment quelques détails sur cet instrument (III, n; p. 153-155 de la traduction Halma, t. I)^ mais tout s'accorde à montrer que ses sections diamétrales et perpendiculaires à son plan étaient « tétragonales », ce qui signifie sans doute carrées ou rectangulaires, pour augmenter la netteté de l'ombre portée par la partie convexe sur la surface concave et boréale.

Hipparque,citéparPtolémée(Halma,t.I,p. 152-155), parle d'une armille équatoriale placée à Alexandrie, dans le portique carré] puis d'autres armilles placées « chez nous », c'est-à-dire à Rhodes, oii il y en avait au moins deux, en cuivre, établies dans la

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