CHAPITRE V LES MICROMÈTRES
iVlîcromèfres filaires. — On a vu que dès 1610 Galilée indique le moyen d'estimer la distance de deux astres qui pouvaient se trouver ensemble dans le champ de la lunette : Terreur prévue dans ce genre de mesures était 1 minute d'arc. Mais ce n'était là qu'une estimation^ que l'on facilita parfoi? en comparant rintervalle à mesurer à l'angle sous-tendu par i'image d'un objetdedimension etde distance connues.
A ces procédés primitifs, Huyghens (1659) substitua une méthode qui consiste à placer, au foyer commun de l'objectif et de Toculaire, une lame de cuivre triangulaire et mobile, avec laquelle on couvrait exactement l'espace angulaire à mesurer.
En 1662, Malvasia remplaça cette lame par un quadrillage de fils fixes qui divisait le champ de la lunette en petits espaces rectangulaires, dont on déduisait les dimensions angulaires à la manière ordinaire, c'est-àdire par le temps que mettait à les parcourir une étoile de déclinaison connue.
Enfin, Auzout et Picard, en 1666, eurent l'idée d'employer un fil mobile, déplacé au moyen d'une vis : c'est le micromètre filaire, encore employé aujourd'hui, et qui a rendu à l'astronomie d'inappréciables services.
Depuis, le support de ces fils a été rendu mobile dans son plan autour de l'axe optique de la lunette, et ses déplacements sont mesurés par un cercle : c'est le micromètre de position qui est actuellement d'un usage général et qui paraît avoir été réalisé pour la première fois dans le célèbre équatorial de Dorpat.
Quant à la matière employée pour les fils, ce fut
d'abordderargent; on employaensuitedesfilsde cocon, des cheveux, des fils de verre, de platine ... Aujourd'hui, comme fils fins, on emploie des fils d'araignée.
Micromètre à fil entraîné. — Dans les instruments méridiens, on emploie, depuis quelques années, des micromètres dont le fil mobile est entraîné avec une vitesse sensiblement égale à celle de l'astre observé; alors, l'estime des passages est remplacée par une bissection qui comporte plus de précision, et qui, surtout, supprime l'équation personnelle.
Héliomètre. — Avec les micromètres précédents, on ne peut mesurer en déclinaison des distances supérieures au champ de la lunette. Afin de pouvoir déterminer de plus grandes distances, Bouguer eut l'idée d'associer deux objectifs avec un même oculaire. S* les images de deux objets différents sont amenées en coïncidence, l'angle de ces deux objets e^ égal à l'angle des axes optiques des deux objectifs. L'un de ceux-ci, porté par une règle divisée, pouvait se rapprocher ou s'éloigner de l'autre, de sorte que la lecture de cette règle donnait l'angle cherché des deux objets.
Plus tard Dollond donna à cet instrument une forme plus pratique en remplaçant les deux objectifs par deux moitiés d'objectif, ce qui permit d'amener les axes optiques en coïncidence, et, par suite, de mesurer jusqu'aux distances angulaires les plus petites. Sous cette forme, l'instrument a pris de nos jours une grande perfection et a particulièrement été employé pour la détermination des parallaxes stellaires.
Micromètre prismatique de Rochon. — Il est
formé par un prisme à double image achromatisé par un prisme ordinaire, et on le place entre l'objectif et Toculaire. Il sert particulièrement à la mesure des petits diamètres.
Il existe encore d'autres genres de micromètres, basés sur des principes divers, et que nous ne pouvons même mentionner ici.