MODERNES
Les lunettes, en agrandissant les objets, nous montrent des détails invisibles à rœiî nu ; et on sait que Galilée indiqua le moyen de mesurer ainsi de petites distances angulaires. Cependant les lunettes étaient déjà inventées depuis longtemps, et Ton se servait encore de simples pinnules pour viser les astres dans les mesures de grandes distances angulaires, par exemple pour déterminer leurs hauteurs apparentes. J.-B. Morin, le premier (1634) eut l'idée d'adapter une lunette à Talidade d'un instrument divisé, mais il ignorait la propriété du foyer, et cette découverte resta stérile entre ses mains, jusqu'à ce qu'elle fut reprise, d'une manière indépendante, par Picard et Auzout^; et c'est de là que date l'exactitude de l'astronomie moderne : le 21 juin 1667 on se servit encore de pinnules pour observer le solstice a,u lieu où l'on avait décidé de bâtir l'Observatoire de Paris, mais le 2 octobre suivant Picard avait des lunettes à son quart de cercle.
Cette idée fut combattue cependant par des astronames célèbres, comme Hévélius, qui ne voyait pas
1. Les Atglaîs ont revendiqué cette idée pour Gascoigne. On a également attribué cette idée à Roberval. Rœmer dit que Picard y eut la plus grande part {maxima ex parte debelur).
comment se trouvait fixé l'axe optique de la lunette. Mais bientôt la mesure de la Terre- faite par Picard avec le plus grand succès et avec un quart de cercle à lunette, leva tous les doutes.
C'est avec ces instruments armés de lunettes que l'on put suivre les étoiles en plein jour, jusque près du Soleil.
Schickard le premier, en 1632, les aperçut ainsi ; Picard commença de les observer de même et au méridien, avec un quart de cercle, en 1669; mais dès 1668 il avait découvert à nouveau qu'on peut voir les fixes en plein Soleil.
Picard ne paraît pas avoir &enti le besoin d'adapter un micromètre à la lunette de son quart de cercle. Cette idée s'est même présentée assez tard, car elle fut proposée par le chevalier de Louville en 1714; elle a cependant exercé une bonne influence sur la précision des observations. Louville se servait du micromètre à la place du vernier : il plaçait le zéro de l'alidade exactement sur une division du limbe et il mesurait au micromètre la distance de l'astre à Taxe optique.
L'invention du micromètre à fil mobile et Tapplication des lunettes aux instruments divisés, exercèrent une influence considérable sur la précision des observations, et donnèrent alors à ce que l'on a justement appelé l'école française une prééminence indiscutable.