L'arc mural de Flamsteed est de
mais voulaît-il employer le même instrument à la détermination des différences d'ascension droite? Cette question est difficile à trancher. Nous ravonsvu installer une lunette murale mobile dans le méridien, mais nous ignorons si son axe était court comme celui des quarts de cercle, ou s'il était long; et la question est importante, car avec un axe court il serait à peu près impossible de faire décrire à la lunette un plan parfait. C'est du moins ce qu'aperçut bien son élève Rœmer qui plaça une lunette sur un long axe et créa ainsi la lunette méridienne; mais nous manquons de détails sur l'invention de cet instrument (figuré à la p. 137), qu'il avait déjà établi en 1691 ; et nous ne connaissons pas bien les moyens de vérification et de rectification qu'il employait.
On ne vit pas immédiatement les avantages de la .unelte méridienne : Halley en fit établir une à Greenwich avant 1727, mais il l'abandonna pour lui préférer le mural. Rœmer lui-même observa dans cet instrument des irrégularités qu'il attribua aux flexions de l'axe de rotation, et auxquelles il essaya de remédier par des contrepoids.
La première œuvre importante faite avec la lunette méridienne fut la précieuse série d'observations poursuivie par Bradley à Greenwich, de 1750 à 1762.
A l'Observatoire de Paris, l'emploi de la lunette méridienne fut négligé jusque fort tard, peut-être faute d'habile artiste pour en construire, et aussi, sans doute, parce que cet instrument ne donnait pas les hauteurs aussi bien que le fait le quart de cercle mural, de sorte que l'on continua d'observer à la fois les passages et les hauteurs avec ce dernier instrument : c'est en 1781 ou 1782 qu'une lunette méridienne fut établie pour la première fois à l'Observatoire de Paris.
Quant au mode d'emploi de la lunette méridienne, lonf^temps on s'astreignit à la régler exactement, c'est-à-dire à faire décrire à son axe optique rigoureu-
sèment le plan méridien; mais cela nécessitait des réglages fréquents, d'où résultait l'instabilité. Depuis
FiG. 16. — Lunette méridienne de Rômer.
plus d*un siècle on préfère déterminer les petites corrections qu'il faut appliquer aux passages observés poiir en conclure les passages méridiens.
Cercle méridien. — La lunette méridienne de Rœmer portait une alidade qui décrivait à peu près le méridien et faisait connaître les hauteurs ou les déclinaisons des astres observés. Mais pendant bien longtemps on n'a pu obtenir ainsi des hauteurs aussi exactes qu'avec les quarts de cercle muraux. C'est seulement au xix® siècle, quand l'art du constructeur eut fait assez de progrès, qu'on a de nouveau associé à la lunette méridienne un cercle donnant les hauteurs : l'instrument ainsi constitué est devenu notre cercle méridien qui a d'assez nombreux avantages : une seule lunette suffît pour les deux coordonnées; on n'a plus d'étoile incomplètement observée, c'est-àdire pour laquelle on n'a(ju'une seule coordonnée, etc.
Mais il n'est pas certain qu'avec un tel instrument on ait autant de précision qu'avec une lunette méridienne et un cercle séparés.
INSTRUMENTS jEXTRA-MÉRIDIENS
Montures équatoriales. — Tout le monde a remarqué la marche oblique suivie par les astres dans le ciel, et qui tient à ce que l'axe de la sphère céleste est oblique à la verticale pour tous les points de la surface de la Terre, les pôles seuls exceptés.
Par suite, pour suivre facilement un astre dans sa course diurne, il est indispensable de faire porter le viseur, pinnule ou lunette, par un axe parallèle à celui même autour duquel tourne la sph 're céleste, c'est-à-dire aboutissant aux pôles de cette sphère.
La première mention d'un tel instrument se trouve dans Géminus, mais elle est purement théorique : on n'indique aucune observation à laquelle aurait servi alors cet appareil, aujourd'hui uni\ersellement répandu.
En réalité, il n'a été utile qu'après l'invention des lunettes, et Scheiner* en construisit un de ce genre.
FiG. 17. — Équaîorial de Romôr.
qu'il utilisa pour ses obseivations solaires sous le nom d'héliotrope.