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LE PROBLÈME DES LONGITUDES

si simple ne fut pas immédiat : Riccioli, qui, dans sa Geographia (1661) rapporte les observations d'un grand nombre d'éclipsés de Lune pour servir à la détermination des longitudes, n'indique encore que le commencement, le milieu et la fin de chaque éclipse.

III. La découverte de& gros satellites de Jupiter et de leurs éclipses devait fournir le premier moyen à la fois pratique et précis pour la détermination des longitudes, au moins à terre. Trois de ces satellites furent vus pour la première fois par Galilée le 7 janvier 1610, et Simon Marins reconnut les quatre le lendemain. Cinq jours après sa découverte, Galilée observa la première éclipse de ces petites lunes, et aiissitôt on eut l'idée de faire servir ces éclipses^ à la détermination des longitudes, car, dès 1612, une observation fut faite à Malte dans ce but. Galilée en fit la proposition en 1615 et crut pouvoir participer aux prix proposés pour les longitudes par le roi d'Espagne et par les Etats de Hollande; mais, pour être pratique, la méthode exigeait évidemment que Ton pût calculer ces éclipses assez longtemps à l'avance, et Galilée ne put y parvenir. Cassini I fut le premier, en 1667, à faire ces prédictions, eî ce fut, pour la Géographie, l'occasion de très rapides progrès : l'Académie des Sciences, qui venait d'être fondée, fit entreprendre divers voyages où cette méthode fut appliquée : en Danemark, à Gayenne, au Sénégal, aux Antilles; peu après, des missionnaires jésuites, exercés à Paris à ces observations, se rendirent au Cap, à Siam, en Chine; et ainsi, en peu d'années, disparurent les grosses erreurs que présentaient encore les cartes géographiques. Les corrections apportées ainsi à la position des parties orientales de l'Asie atteignirent jusqu'à 20^ et même 27° de longitude.

1. On avait d'abord songé à faire usage des configurations de ces satellites ; mais elles ne changent pas assez rapidement poui donner une précision suffisante.

En même temps, comme on Ta toujours vu, ces progrès géographiques améliorèrent considérablement la navigation et furent roccasion d'autres progrès maritimes et commerciaux. On se figure difficilement, en efl'et, les grosses erreurs, les accroissements dans la durée de parcours, que les cartes entraînaient encore à cette époque. Ainsi, le vaisseau qui ramenait Chaumont, ambassadeur de Louis, XIV au Siam, revenant du Gap, alla jusqu'à Touest des Açores, tandis qu'il se croyait à 150 lieues à Test : ce grand allongement de la route était occasionné par les cartes, qui étendaient trop les longitudes.

Aussi la solution du problème des longitudes, surtout parle transfert du temps, transforma les méthodes de navigation, basées jusque-làpresque uniquement sur la seule latitude, que d'ailleurs tous les hommes du bord déterminaient parle Soleil au moyen de l'arbalète.

Même dans l'étendue de la France, les erreurs avaient été grandes jusque-là. Ainsi, vers 1680, les géographes français faisaient passer la méridienne de Paris, les uns par Valeyice, qui est à 2° 23' à Test, d'autres par Montpellier, qui est à 1°33' à l'est aussi, et d'autres par Mirepoix, qui est à 28' à l'ouest.

Toutes les grandes erreurs furent corrigées par le moyen d'observations faites dans divers voyages de Picard et de La Hire, de 1672 à 1682. Les résultats assez curieux de ces observations sont résumés par la carte de France reproduite à la page suivante où les lignes fines indiquent les contours d'après la carte de 1679 de Sanson, le meilleur géographe de l'époque, tandis que les contours ombrés figurent les positions des côtes, telles que les donnaient les nouvelles observations ; les noms en italique indiquent les positions des villes d'après Sanson. et les noms en caractères romains les positions rectifiées. On voit que les erreurs de longitude atteignaient encore près de 2®, soit 150 kilomètres, et que même celles de latitude montent à un demi-degré, ou plus de

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50 kilomètres. La surface présumée de la France fut ainsi considérablement réduite, et on sait que

Kic. 19. — Carte de France corrigée d'après les observations de l'Académie des Sciences. — Les lignes fines indiquent les contours d'après la carte de Sanson (1679) ; les conteurs ombrés résultent des nouvelles observations.

Louis XIV se plaignait en riant que messieurs de TAcadémie lui enlevaient une partie de ses Mats.

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