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LA TERRE AU XVIII* SIÈCLB

longue de V^ooo environ de sa valeur que celle qu'avait employée Picard, et que l'on n'avait pas eu soin de conserver après sa mort.

Mesures d'arcs à l'étranger.— La question irritante de Taplatissement de la Terre étant résolue, pendant quelque temps on ne mesura guère qu'un petit nombre d'arcs, de faible amplitude; les méthodessuivies étaient d'ailleurs celles de Picard : ainsi furent mesurés ceux du Cap (1751), par Lacaille; des États de l'Église ou de Rome, par Maire et Boscowich (1751); d'Autriche (1762), et de Hongrie (1769), par Liesganig); du Piémont (1774), par Beccaria ; de Pensylvanie (1768), par Mason et Dixon : dans ce dernier, la longueur fut mesurée non par la méthode de Snellius, mais directement, ce qu'on n'eût pu faire ailleurs que dans unpays plat et encore inhabité.

Troisième mesure de la méridienne de France: détermination du mètre. — A la fin du xvm^ siècle on se préoccupait peu de la grandeur et de la figure de la Terre, assez bien connues l'une et l'autre pour les besoins réels de la Géographie, de la Navigation et même de l'Astronomie.

On sentait d'ailleurs l'impossibilité de ramener tous les degrés mesurés à une même ellipse, et on admettait */3QQ en nombre rond pour l'aplatissement, sans voir comment on pourrait désormais éviter les petites erreurs qui affectaient les opérations antérieures. C'est alors que l'établissement du Système métrique fut l'occasion d'un nouveau progrès.

L'unité de longueur à établir, le mètre^ devait être la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre ou de la distance du pôle à L'équateur. Les mesures de la Terre faites jusque-là, et que nous venons de rappeler, auraient suffi à fournir la longueur du mètre avec toute la précision nécessaire ; mais on voulut donner autant que possible au nou-

veau système de mesures un caractère de solennité, d'universalité et de rigueur qui pût contribuer à le faire adopter par toutes les nations. D'ailleurs, la supériorité récemment établie du cercle répétiteur sur les anciens instruments, d'autres moyens nouveaux encore, firent décider une nouvelle mesure de la méridienne de France, prolongée au Sud jusqu'à Barcelone : par là, les deux points extrêmes avaient l'avantage d'être au niveau de la mer et aussi à égale distance du 45* degré de latitude^ ce qui devait rendre la détermination du mètre indépendante de l'aplatissement, comme on le démontre géométriquement.

Les événements de cette époque firent durer l'opération beaucoup plus longtemps qu'on n'avait pensé : la partie géodésique, faite par Delambre et Méchain, fut commencée en 1792 et terminée en 1798 ; même les dernières latitudes ne furent terminées qu'en 1799.

La nouvelle mesure se distinguait par l'emploi du cercle répétiteur et aussi par la plus haute précision obtenue dans la mesure des bases, grâce aux règles bimétalliques de Borda. Les bases des opérations antérieures avaient été mesurées d'abord avec des règles de bois (pour éviter les dilatations), puis avec des règles métalliques simples, dont il est toujours difficile de connaître la température quand elles sont exposées à l'extérieur. En Angleterre, des essais furent faits avec des tiges de verre, tantôt pleines, tantôt creuses, puis on préféra des chaînes d'acier, imaginées par Ramsden.

Borda eut l'idée de fairemarquerla température par les règles elles-mêmes, qu'il composa chacune de deux métaux inégalement dilatables, en contact sur toute leur longueur, et formant ainsi un véritable thermomètre : ce principe des règles bimétalliques est resté dans la science, et la précision qu'il donne n'a guère été dépassée ; mais les procédés de mesure des bases ont été simplifiés par l'emploi de fils et par la découverte de métaux très peu dilatables.

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