FIGURE DE LA TERRE, MÉTRODE DYNAMIQUE
Pour les mers libres, on a proposé divers appareils dont le principe est généralement de comparer la force élastique d'un gat au poids d'une colonne de mercure : le poids de cette colonne change avec g, et il n'en est pas de même de la force élastique du gaz, ramenée toujours aux mêmes conditions de volume, de température et de pression.
Le seul moyen employé jusqu'ici sur une grande échelle, a été de comparer d'un côté la colonne de mercure qui fait équilibre à la pression atmosphérique, et de l'autre la force élastique correspondante de la vapeur d'eau, qui, elle aussi, fait exactement équilibre à la même pression atmosphérique au moment où l'eau entre en ébullition ; et Ton connaît exactement, par des déterminations de laboratoire, les pressions qui répondent aux diverses températures d'ébullition de l'eau. Aussi l'observation se réduit aux lectures d'un baromètre et d'un thermomètre. Mais ces lectures doivent être faites avec une précision qu'il est très difficile d'atteindre : une fraction de micron (millième de millimètre) pour le baromètre, et quelques millièmes de degré pour la température. Depuis 1901, cette méthode a été appliquée avec assez! de succès par M. Hecker, dans l'Atlantique, le Pacifique et la mer Noire. <
3^ Mentionnons ici seulement pour mémoire divers appareils de physique très délicats dits balances de^ gravité, balances de torsion^ gravimèires de flexion^ qui; remplaceraient le pendule dans les opérations différentielles sur terre, et qui ont été peu employés jusqu'ici.
Résultats obtenus par la méthode dynamique.
— Deux valeurs de g<^ obtenues à des latitudes différentes, suffisent pour déterminer l'aplatissement a ; en effet, portées dans la première formule de Clairaut, elles donnent deux équations entre ga et P, et par suite feront connaître ces quantités; d'autre part,
Y est connu puisque Ton peut (et même on y est obligé) emprunter a aux méthodes géométriques : la seconde formule de Clairaut donnera donc Taplatissement a.
Cette méthode dynamique fut d'abord peu appliquée, quoique les diverses missions du xvm® siècle, comme celles de TÉquateur, de Laponie... eussent eu soin de faire des déterminations de pendule. Et Laplace ne disposait encore que de i5 déterminations de g pour appliquer ce procédé; mais aujourd'hui on en possède près de 2.000, qui ont été discutées surtout par M. Helmert. Il a obtenu
^, = 9'",78046(1 +0,005302 sin^Q— 0,000.007 sin22a>);
ce qui donne
^^=:9°»,78046, ^,=9,83232 et p = 2iH^z= 0,00532.
Anomalies de la pesanteur. — Cette valeur générale de Qo étant connue, on peut lui comparer les diverses valeurs individuelles ; on obtient ainsi, entre la valeur calculée et la valeur observée, des différences parfois grandes, supérieures à l'influence des erreurs d'observation : alors on dit qu'aux points correspondants la pesanteur présente des anomalies, dont la cause évidente est l'irrégulière répartition des masses de récorce terrestre.
Parmi ces anomalies, les unes sont générales^ c'està-dire se présentent avec le même signe sur de grandes étendues ; d'autres au contraire sont locales : lorsque celles-ci ne s'expliquent pas uniquement par des masses visibles extérieurement, elles peuvent donner des indications précieuses sur la nature et la situation de masses intérieures. Par ce moyen, la Géodésie se rattache à la Géologie et peut lui rendre de grands services. C'est ainsi que dans l'Allemagne du Nord, on a pu établir l'existence d'une chaîne souterraine qui s'étend est-ouest depuis le Harz, par-dessous l'Elbe et l'Oder.