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MOUVEMENTS DIVERS DE L AXE DE LA TERRE

même, tant dans son mouvement de rotation en un jour que dans son mouvement de révolution en un an. Cependant, à diverses époques, des changements dans les coordonnées de certaines étoiles Turent signalés par Riccioli, Picard, Cassini, Rœmer, etc.; et 3n général on les considéra comme des effets de la parallaxe annuelle de ces étoiles, c'est-à-dire comme un déplacement apparent produit par le mouvement annuel de la Terre.

Aberration. — S. Molyneux conçut le projet de contrôler tout ce qu'on avait dit sur la parallaxe et les mouvements singuliers des étoiles, et pour cela fit construire par Graham un secteur de 24 pieds qu'il installa à Kew, près de Londres, pour observer les distances zénithales dey Dragon, étoile qui culminait à quelques minutes du zénith de son observatoire.

Les observations furent commencées le 3 décembre 1725, et Molyneux ayant été empêché de les continuer, ce fut Bradely qui se chargea de ce soin. Il reconnut ainsi un changement de distance zénithale qu'il confirma sur d'autres étoiles. Ayant trouvé que ces petits déplacements ne pouvaie^it s'expliquer, ni par la parallaxe annuelle, ni par un mouvement de Taxe de la Terre, il reconnut enfin qu'ils tenaient à la transmission successive de la lumière, combinée avec le mouvement annuel de la Terre dans son orbite : ainsi fut découverte Vaberration de la lumière, annoncée en 1728 ; ce fut la première conséquence nécessaire du mouvement de la Terre autour du Soleil, dont la réalité se trouvait ainsi établie.

Nutatîon. — Après avoir découvert l'aberration, Bradley continua encore les mêmes observations et fit ainsi une seconde découverte capitale, celle de la nutation. Il reconnut en effet que l'aberration ne pouvait pas rendre complètement compte des déplacements observés sur les étoiles, et que les résidus indi-

quaient un balancement de l'axe de la Terre se produisant dans une période de 18 ans ^jy. c'est en cela que consiste la nutation.

Variation des latitudes. — Une question qui intéresse la forme de la Terre et la possibilité de ses changements avec le temps, est celle de la variation des latitudes ou du déplacement des pôles ; c'est d'ailleurs une des plus récentes dont on ait entrepris l'étude.

Jusqu'au milieu du xvm® siècle, on n'avait pas mis en doute que la ligne des pôles, l'axe autour duquel tourne la Terre, coïncide exactement et constamment avec l'axe de l'ellipsoïde, et par suite est fixe^dans la Terre. Euler le premier, démontra que, dans l'hypothèse d'une Terre absolument rigide, l'axe de rotation doit décrire autour de Taxe de Tellipsoïde un cône circulaire, accomplissant une révolution complète dans le temps que la Terre elle-même met à faire 305 rotations, c'est- à-dire en 305 jours sidéraux.

Plus tard, on étudia le cas où la Terre ne serait pas absolument rigide, mais présenterait une certaite élasticité ou une certaine viscosité.

Au point de vue de l'observation, un moyen se présente immédiatement pour vérifier si un tel mouvement est sensible : c'est de déterminer de temps à autre l'angle que la ligne des pôles fait avec une ligne fixe, la verticale par exemple, qui ne peut changer que par le déplacement de masses terrestres. Cela revient à déterminer de temps à autre la latitude d'un même lieu : si la latitude est fixe, la ligne des pôles Test aussi dans l'intérieur de la Terre.

Ce n'est que vers le milieu du xix® siècle que des observations de ce genre furent entreprises pour vérifier ces déductions théoriques; elles donnèrent des résultats négatifs, c'est-à-dire que si le pôle se déplace c'est de quantités très petites.

Perdue de vue quelque temps, cette question fut

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reprise quand des observations faites à Berlin par M. Kustner, en 1884-85, eurent mis en évidence une dinîinution de latitude de 0''.2 dans cette période, c qui répond à un déplacement des pôles de 6°" (30°* pour 1").

Il était bien peu probable que ce fût là un phénomène local ; cependant une entente eut lieu entre les observatoires de Berlin, Potsdam et Prague, qui exécutèrent des déterminations concertées de latitude en suivant les mêmes méthodes, employant les mêmes étoiles, etc., de janvier 1889 à la fin de 1890. Le résultat fut décisif : dans les trois stations, la latitude avait varié d'une manière analogue, continue, et présentait un maximum en août 1889, un minimum en février 1890 ; Famplitude totale de la variation atteignait 0'',5 à 0'',6.

Depuis quelque temps TAssociationgéodésique internationale avait pris ces études à sa charge. On décida alors une autre vérification en faisant répéter les observations en d'autres points du même hémisphère, mais distants de 180^ de longitude : si le pôle se déplace réellement, quand la latitude de l'un de ces points diminue celle de l'autre doit augmenter, et inversement ; c'est ce que l'observation vérifia.

Les observations spéciales faites depuis dans les deux hémisphères ont confirmé ces résultats, et aujourd'hui on peut tracer la courbe continue que chaque pôle de rotation parcourt autour de sa position moyenne; c'est une sorte de spirale irrégulière dont les spires sont de grandeur variable et dont les diamètres varient de 0''2 à 0'^4, c'est-à-dire que le pôle réel de la Terre se déplace 5°" à 6°^ de part et d'autre de sa position moyenne.

Quand ce déplacement a été bien démontré, il a été possible de le mettre en évidence dans des observations anciennes, et on a pu ainsi remonter jusqu'en 1825. M. Chandler a montré que depuis cette époque le mouvement du pôle peut s'expliquer par deux déplacementé élémentaires et superposés ayant l'un

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2 mois de période et l'autre 14; Texplication da fténomène devient ainsi facile :

1^ Le terme de 12 mois de période aurait sa cause dans les déplacements de masses qui se reproduisent tous les ans, comme ceux des glaces polaires, des pluies...; il n'est pas jusqu'à l'atmosphère qui ne puisse exercer une action sensible : en hiver des masses d'air s'accumulent sur les continents qui sont plus froids, et en été se transportent sur les océans ; on a calculé que cela correspond à 1.000 kilomètres cubes de mercure. L'amplitude de ce premier terme varie de 0'^115 à 0",155.

2^ Le terme de 14 mois de période correspondrait au déplacement calculé par Euler, mais non pour une Terre rigide; il suffit pour cela de supposer à la Terre une élasticité voisine de celle de l'acier. L'amplitude de ce terme varie de 0'\085 à 0'',185.

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