‹ L'Astronomie, évolution des idées et des méthodesChapitre 7 sur 72 · L*ASTROLOGIE · texte numérisé non relu

L*ASTROLOGIE

« le 14 Addaru la Lune s'éclipse dans la première « he\fre de la nuit, une décision sera prise. »

« Le 14 du mois aura lieu une éclipse ; malheur aux « pays d'Elam et de Syrie, mais félicité au roi. Le roi w sera tranquille, Vénus ne sera pas visible, mais je « dis à mon maître qu'il y aura une éclipse.

« Irassilu Vancieriy serviteur du roi. »

« Le 15 du mois de Ulùlu la Lune a été visible en « même temps que le Soleil; Téclipse n'a pas eu lieu...»

(Thompson, n"271A).

« Au roi mon maître, j'ai écrit : une. éclipse aura « lieu. Maintenant elle a eu lieu en effet. C'est un « signe de paix pour le roi mon maître... »

(Thompson, n° 274F).

« Au roi mon maître, son serviteur Abil-Istar.... « Relativement à Téclipse de Lune sur laquelle le <( roi m'a interrogé, dans les cités d'Accad, de Bos- « sippa et de Nippour les observations furent faites... « et Téclipse a eu lieu... Mais pour ce qui concerne « Téclipse de Soleil, nous avons observé et elle n'a (( pas eu lieu. Je mande au roi ce que j'ai vu de mes « yeux... »

(G. Smith, Assyrian Discoveries, Chap.xx)

Ainsi les Chaldéens essayaient de prédire les éclipses de Lune et y réussissaient parfois. Par quels moyens y parvenaient-ils?

Depuis Halley on a cru généralement que c'est au moyen du cycle de 223 lunaisons (18 ans 11 jours), mal désigné par le nom de Saros^ et qui, en effet, ramène à peu près les éclipses de Soleil et de Lune dans le même ordre. Mais cette opinion, plausible au premier abord, n'est pas confirmée par une étude attentive, et il est bien peu probable qu'un tel cycle ait pu être découvert à Babylone par l'examen d'une succession d'éclipsés réellement observées.

Gela est manifeste pour les éclipses de Soleil,

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observables seulement d'une assez faible partie de la Terre, de sorte que 7 sur 10 peuvent être invisibles d'un pays donné; en outre, beaucoup d'éclipsés partielles n'attirent pas l'attention, et, en raison de l'éclat du Soleil, elles sont toujours difficiles à constater. Il paraît donc impossible qu'avec les observations solaires faites en un seul pays on ait pu reconnaître le cycle de 18 ans.

Pour les éclipses de Lune, les accidents atmosphériques ou autres pouvaient en masquer plus de la moitié, et alors la périodicité du phénomène se trouve cachée.

Nous savons d'ailleurs que les Babyloniens connurent un autre cycle plus parfait, celui de 669 lunaisons ; mais on n'en trouve aucun indice avant le second ou le troisième siècle avant J.-C, et il était alors facile de conclure ce cycle des moyens mouvements du Soleil, de la Lune et de son nœud. MaisàTépoquedes Sargonides on était beaucoup moins avancé : on ne connaissait pas encore le cycle métonien de 19 ans, si utile pour le calendrier, beaucoup plus facile d'ailleurs à découvrir que celui de 223 lunaisons.

En réalité, le problème de la prévision des éclipses de Lune pouvait être résolu par des moyens plus simples :

Chaque éclipse de Lune, en effet, appartient à une série qui se reproduit à intervalles réguliers ; le nombre des éclipses de chaque série est alternativement de 5 et de 6, et l'intervalle de deux éclipses consécutives est de 6 mois lunaires, ou 177,2 jours en moyenne. — Chaque série commence tantôt par une, tantôt par deux éclipses partielles-, le milieu de la série est presque toujours formé par deux éclipses totales, et la série se termine tantôt par une, tantôt par deux éclipses partielles. — Les diverses séries sont séparées Tune de l'autre par un long intervalle sans éclipse de Lune et qui embrasse toujours 17 lunaisons.

Cet ordre ne ressort pas avec évidence de notre

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