De Maillet, le Telliamed, I], p. 174 et sui
individu appelé de Barsabas, ainsi que chez sa sœur, qui, par dépit sans doute, avait fini par se faire religieuse. Enfin, notre auteur dit avoir vu à Tripoli de Barbarie un nègre de Bornéo qui portait une queue d’un demi-pied de longueur et dont le père présentait la même disposition. Il considère cette anomalie comme héréditaire et, en fait, les exemples qu’il en donne viennent plaider en faveur de celte opinion.
Le 13 mai 1869, M. le docteur Monod communiquait à la Société d'anthropologie l'observation d’un garçon de six semaines que M. le professeur Gosselin avait amputé d’une queue longue de plus de quatre centimètres.
En 1878, le docteur Greve‘ rapporte l'observation d’un garçon né, en 1848, à Wichtens, grand-duché d’Oldenbourg, et qui présentait une queue douée d’une certaine mobilité. Celle-ci fut amputée huit semaines après la naissance : après un séjour prolongé dans l’alcool, elle mesurait 7,5 de longueur. Virchow* a pu examiner la pièce avec autant de soin que le permettait l'obligation de la sauvegarder, La peau était incolore et couverte de poils sans pigment, mesurant jusqu’à 2 millimètres de longueur. On ne trouvait au centre que du tissu adipeux, parcouru par des artères à parois très épaisses : n10s, ni cartilage, ni corde dorsale. C’est là, dit Virchow, un remarquable exemple de persistance de l’appendice caudal ; c'est là l’équivalent d’une queue animale.
L'année 1880 a vu éclore un ensemble de mémoires traitant de la question qui nous occupe. Gerlach* a publié l'importante observation d’un fœtus femelle de la collection d’Erlangen. Ce fœtus, à part la présence d’une queue, était absolument normal. La longueur du vertex au siège était de 7°",6 et la longueur totale de 10,8. Il s’agissait donc là d’un fœtus parvenu au commencement du quatrième mois. L’appendice fut étudié microscopique= ment par la méthode des coupes : son tissu fondamental était de nature conjonctive ; on n’y rencontrait pas de cartilage, mais bien une corde dorsale entourée d’une gaiñe conjonctive; on voyait aussi, sur les côtés et à la face inférieure (antérieure), des faisceaux musculaires striés disposés longitudinalement. La structure
A. Greve, Ein Fall von Schwanzbildung beim Menschén. Virchow's Archiv, LXXII, p- 129, 1878.
2, R. Virchow, Ueber Schwanzbildung beim Menschen. Virchow's Archiv, LXXIX, p. 180, 1880.
3. Leo Gerlach, Ein Fall von Schwantbildung bei einem menschlichen Embryo. Morpholog. Jahrbuch, VI, p. 106, 1880.
élait partout la même, sauf vers le sommet, au voisinage duquel on ne trouvait plus que du tissu conjonctif et les faisceaux de celui-ci devenaient de moins en moins nombreux, à mesure que l’appendice allait en s’effilant. Il importe de remarquer que la corde dorsale, dont la présence a pu être constatée sur toute la longueur de la queue, faisait au contraire déjà défaut au pointoù celle-ci s’attachait au coceyx. On comprendra toute la valeur de ce fait en faveur de la signification atavique de l’appendice.
Bartels', dans une longue étude, a passé en revue les cas de queue chez l'homme. Il les divise en queues soudées et en queues libres on, à un autre point de vue, en queues dues à l’atavisme ou vraies queues animales, en queues dues à un arrêt de développement et en queues dues à un excès de développement. Ces catégories dénotent sans doute un esprit subtil, ami de l'ordre et des classifications, mais elles ont le grand tort, à nos yeux, de ne reposer sur rien de précis et d’être purement arbitraires. Aussi convient-il d’être très réservé à leur égard.
Le professeur Max Braun *, de Dorpat, nous a fait connaître un fait bien plus intéressant. Il a constaté, chez un conscrit esthonien de 21 ans, qui passait devant le conseil de revision en novembre 1880, la présence d’un appendice caudal long de 10 à 19 milimètres quand Îles jambes étaient écartées et semblant être de lonsueur double quand les jambes étaient fermées. La palpation de l’appendice faisait reconnaître 2ndubitablement des os jusqu’à la pointe de celui-e1. Le dernier osselet est gros comme un pois, mais il est difficile de lui attribuer un numéro d'ordre, car, plus haut, les os sont difficiles à délimiter, en raison de l'épaisseur des parties qui les recouvrent.
Le 20 juillet 1882, le D'Corre* faisait parvenir à la Société d'anthropologie la photographie d’un petit Chinois d’environ 7 à S ans, porteur d’une queue qui ne devait pas mesurer moins de 9 à 10 centimètres de longueur.
1. Max Bartels, Eine besondere Art der menschlichen Schwänze. Sitzungsber. der Gesellschaft naturforschender Freunde zu Berlin, p. 73, 1880.
M. Bartels, Ueber Menschenschwänze. Archiv für Anthropologie, XIII, p. 1, 4880.
M. Dartels, Æin neuer Fall von angewachsenem Menschenschwanz. Archiv f. Anthropol., XIII, p. 411, 1880.
2. Max Braun, Ein Fall von Schwan:bildung bei einem erwachsenen. Zoologischer Anzeiger, IV, p. 115, 1881.
M. Braun, Ueber rudimentüre Schwanzbildung bei einem erwachsenen Menschen. Archiv für Anthropologie, XIIT, p. 417, 1880 (publié après la note précédente).
5. Corre, Appendice caudal che: l'homme. Bulletin de la Société d’anthropologie (3), Y, p. 540, 1882.
Vers la même époque, M. Zaborowski’ jrapportait deux cas d’appendice caudal observés par M. Emile Bin, adjoint au maire du XVIII arrendissement, lors de la revision, en 1880, sur des conscrits de Montmartre : l’un de ces individus portait un appendice long d’un centimètre, l’autre un prolongement du coceyx Jong de cinq à six centimètres.
Terminons enfin celte revision des cas les plus récents par l'observation de Lissner*. Il y a treize ans et demi(en 1872), ce praticien fut appelé auprès d’une femme, qui accoucha d’une fille. Celle-ci présentait une queue des plus nettes, prolongement du rachis dont la peau, plus mince du côté tourné vers l’anus, permettait de sentir manifestement quelques os, disposés comme les phalanges dans les doigts. A la fin de 1884, Lissner eut l’occasion de revoir la fillette: son appendice caudal était long de 12,5 et l'on pouvait encore sentir à l’intérieur des parties dures, de forme irrégulière, probablement des os.
Les faits dans le détail desquels nous venons d’entrer nous montrent qu'il est fréquent d'observer chez l’homme des prolongements de la colonne vertébrale, sur la signification desquels on ne saurait se méprendre. La présence dûment constatée de la corde dorsale, avant-coureur du squelette, la présence de muscles striés disposés en long, l'existence probable sinon certaine, de pièces osseuses, font voir qu'il s’agit là de parties dépendant directement de la colonne vertébrale. En rapprochant ces faits anormaux de ce que nous avons dit plus haut à propos de la région coccygienne envisagée chez l’homme adulte, il n’est plus permis de douter qu'on ait affaire ici à des queues, dont la théorie de l'atavisme nous donne l'explication.
On ne manquera pas de dire que, dans plus d’un cas, l’appendice en question ne semblait pas renfermer la moindre pièce squelettique. Cela ne saurait être invoqué comme argument contre la signification alavique que nous attribuons à cette monstruosité.. En effet, ne sait-on pas que le squelette manque fréquemment dans les organes dont la formation est due à un excès de développement, comme aurait dit Is. Geoffroy Saint-Hilaire ? Par exemple, dans les doigts surnuméraires, le sixième doigt est rarement pourvu de pièces osseuses.
À. Zaborowski, Les hommes & queue. Association française pour l'avancement des sciences, 11° session. La Rochelle, p. 615, 1882. 2. Lissner, Schwan:bildung beim Menschen. Nirchow’s Archiv, XCIX, p. 191, 1885. REVUE D'ANTHROPOLOGIE, 2° SÉRIE, T. VIIL 29
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Les récits des voyageurs auxquels nous faisions allusion plus haut, s'appliquent particulièrement aux îles Moluques, aux Philippines, à l’Archipel indien", où, suivant eux, vivaient des peuplades entières d'hommes à queue. En tenant compte de l’exagération évidente, il n’est pas improbable que ces fables puissent tenir à la plus grande fréquence de cette difformité dans les races humaines inférieures.
Ajoutons encore que chez les anthropoïdes, qui sont tout aussi anoures que l’homme, on peut rencontrer également des cas de réversion de ce genre. Chudzinski? a observé le fait chez l’orang, Hartmann et Deniker l'ont vu chacun une fois chez le corille.