‹ L'atavisme chez l'hommeChapitre 9 sur 32 · W. His, Analomie menschlicher Embryonen. Leipzig · texte numérisé non relu

W. His, Analomie menschlicher Embryonen. Leipzig

2. Depuis que ceci a été écrit, MM. Tourneux et Herrmann (Note sur le développement de l'extrémité inférieure de la moelle épinière et sur des vestiges de cette extrémité persistant au niveau du coccyx pendant toute la période fœtale chez l'homme. Comptes rendus de la Société de biologie, p. 81, 4885) sont venus démontrer encore une fois, par un argument capital, la nature caudale du coceyx; ils ont vu que, longtemps après la résorption de la portion de la moelle embryonnaire en contact avec les vertèbres du coccyx, la portion terminale est persistante ; elle continue même son évolution jusqu’au moment de la naissance et il est vraisemblable qu’elle existe encore au moins pendant les premières années qui suivent la naissance.

5. A. Ecker, Der Steisshaarwirbel (vertex coccygeus), die Steissbeinglaze (glabella coccygea) und das Sleissbeingrübchen (foveola coccygea), wahrscheinliche Ueber-

main long de 9 millimètres, la présence d’une queue de 2°",5, parcourue dans toute sa longueur par la corde dorsale. Cet appendice ne présente pas toujours un développement aussi considérable; on peut dire néanmoins que sa présence est constante el que, chez les très jeunes embryons de 8 à 19 millimètres, 1l n’a jamais moins de 1 millimètre de long. La corde dorsale s'observe constamment dans son intérieur, fait confirmé par His, mais on n’y voit point de vertèbres, et Écker n'a pu déterminer si l'appendice renferme ou non du tissu médullaire. Quoi qu'il en soit, la présence de la notocorde, dont la sigmification squelettique est des plus nettes, met hors de doute que le prolongement dont il s’agit ici est une vérilable queue.

Ce prolongement va bientôt subir la régression, et son atrophie, ainsi que l’a démontré Serres”, est en rapport avec celle des régions inférieures de la moelle épinière. Tant que la queue de l’embryon humain persiste, c’est-à-dire jusqu’au troisième mois, la moelle descend jusqu’au coccyx. « Du troisième au quatrième mois, dit Serres, la queue disparait, et elle disparait parce que la moelle épinière remonte dans son étui et s'arrête au niveau du corps de la deuxième ou troisième vertèbre lombaire; et si l’ascension de la moelle épinière n’a pas lieu, la queue persiste même après la naissance. Il y a donc un rapport entre l’ascension de la moelle épinière et la persistance du prolongement caudal ; plus la moelle épinière s'élève dans son étui chez les mammifères, plus la queue diminue d’étendue, comme dans le cochon, le sanglier, le lapin, le lièvre, et dans plusieurs espèces de singes; plus elle descend, au contraire, plus la queue se prolonge, comme dans le bœuf, l’écureuil. L’embryon des chauves-souris sans queue ressemble, sous ce rapport, à celui de l’homme. Il à d’abord une queue, qu’il perd rapidement, parce que chez cet animal l’ascension de la moelle épinière est très rapide. »

La queue embryonnaire ne tarde donc pas à entrer en voie de régression. Certains auteurs ont pensé qu'il se formait d’abord des vertèbres surnuméraires, vouées aussi à l’atrophie. Le fait méritait d’être vérifié. His a trouvé un nombre total de 54 vertèbleibsel embryonaler Formen, in der Sleissbeingegend beim angehorenen, neugeboren und evwachsenen Menschen. Archiv für Anthropologie, XII, p. 129, 1879.

A. Ecker, Besit:t der menschliche Embryo einen Schwan:? Archiv für Anatomie, p. 421-430, 1860.

1. Serres, Analomie comparée du cerveau dans les quatre classes des animaux vertébrés. Paris, 1826. Voir IL, p. 116.

bres, soit à vertèbres coceygiennes, chez trois embryons humains dont la longueur était de 7%%,5 pour l'un, 16 millimètres pour l'autre et 21,5 pour le troisième. Il en conclut qu’ « il n’y a pas, chez l'embryon humain, de segments surnuméraires voués à la régression. » Les deux dernières vertèbres, qui dépassent le cloaque en arrière et qu’il considère comme représentant seules un « véritable tronçon caudal » (Schwanzstummel), ne se résorbent pas non plus et passent sans réduction dans la pointe coccygienne, à laquelle Ecker a donné le nom de Stersshücker.

Rosenberg‘, auteur d’un important travail sur le développement de la colonne vertébrale, s'était occupé déjà de la question et avait fait l’intéressante observation que, 9 fois sur 12, il se forme 6 vertèbres coceygiennes chez l'embryon humain. Par la suite du développement, on ne trouve plus que #, rarement 5 vertèbres : il y a donc eu régression manifeste et celle-ci a porté sur deux vertèbres, plus rarement sur une seule,

Si ces deux vertèbres ne subissent point l’atrophie, mais persistent au contraire, on aura affaire à une queue rudimentaire. Îl en sera de mème, à plus forte raison, si le filament caudal, dépourvu de corps vertébraux, mais renfermant de la notocorde et sans doute aussi de la moelle, que présentent les jeunes embryons, devient également persistant, Or, les cas de ce genre ne sont pas très rares.

Ce sont eux, sans doute, qui ont inspiré les légendes ancienties el les récits merveilleux de voyageurs prétendant avoir visité des peuplades pourvues d’un appendice caudal”.

Sans attacher à ces récits plus de créance qu’ils n’en méritent, on peut trouver chez les auteurs récents un grand nombre d’observations authentiques de persistance de la queue. De Maillet* cite l'exemple d'un intrépide marin, Cruvillier de Ja Cioutat, qui poursuivit avec tant de succès et de courage les pirates tures et qui mourut en Caramanie, sur un vaisseau qu’un officier de son bord incendia par vengeance ; il était célèbre, dit de Maillet, autant par la queue qui terminait sa colonne vertébrale que par son extrême bravoure, Son frère présentait la même anomalie. De Maillet dit encore que la même difformité se rencontrait chez un

1. E. Rosenberg, Ueber die Entwickelung der Wirbelsäule und das Centrale carpi des Menschen. Morphologisches Jahrbuch, I, p. 85, 1876: 2. Noir à ce propos Otto Mohnike, Ueber geschwünaite Menschen. Münster, in-8 de

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