‹ L'atavisme chez l'hommeChapitre 15 sur 32 · DENTS · texte numérisé non relu

DENTS

La dention de l’homme est semblable à celle de tous les

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singes de l’ancien continent, y compris les anthropoïdes. Malgré cette identité frappante, il est pourtant possible d'observer cerlaines différences secondaires, une entre autres sur laquelle Cuvier attrait déjà l'attention.

À part un artiodactyle fossile de l’époque éocène, l'Anoplotherium, l'homme est le seul mammifère dont les dents forment une série régulière etininterrompue : à l’une et à l’autre mâchoire on n'observe aucun diastème ou barre, c’est-à-dire aucun intervalle laissé soit entre les canines et les incisives, soit entre les incisives et les prémolaires. De plus, aucune dent ne fait une saillie notable au-dessus du niveau commun: c'est à peine si les canines sont légèrement plus proéminentes que les dents voisines.

Chez les singes, on observe au contraire un diastème plus ou moins large, en avant de la canine pour la mâchoire supérieure, en arrière de la canine pour la mâchoire inférieure. En même temps, les canines présentent un développement considérable et viennent se loger chacune, quand la bouche se ferme, dans le diastème que présente la mâchoire opposée.

Il est des cas où la canine de l’homme dépasse notablement le niveau des incisives et des molaires et s'engage dans un diastème analogue à celui des singes; la racine de la canine s’exagère alors el provoque la formation d’une sorte de crête qui remonte vers le nez. Cela est surtout fréquent dans les races inférieures de la Mélanésie, particulièrement chez les Australiens. Cela s’observait également d'une façon normale dans les races anciennes et la mâchoire de la Naulette nous en offre un bel exemple.

Le développement exagéré de la canine coïncide babituellement avec la présence d’un diastème. Ces deux phénomènes sont corrélatifs lun de l’autre, ainsi que l’a prouvé M. Magitot. Chez les singes et chez les autres animaux, par exemple chez les carnassiers, on peut voir la canine, à mesure qu’elle augmente de taille, repousser à la mâchoire opposée deux dents contiguës, pour se loger entre elles. Le diastème, qui se produit de la sorte, est donc en raison directe du volume de la canine; 1l sera rudimentaire ou nul, si les canines ne dépassent pas le niveau de l’arcade dentaire.

Or, le diastème se peut observer chez l'homme tout aussi bien que l'accroissement de taille des canines : Carl Vogt en cite un cas chez un crâne cafre figuré par Wagner dans son atlas d’ana-

tomie comparée, crâne tiré de la collection d’Erlangen et dont il donne une reproduction". Broca en a également observé un exemple sur un crâne prognathe de femme trouvé à Epehy (Moselle), au-dessous d’un rempart romain.

La saillie de la canine et l'existence du diastème sont des caractères ancestraux. Avant de savoir forger le bronze, l’homme primitif fabriquait des instraments en pierre : 11 serait aujourd’hui parfaitement ridicule de révoquer en doute la réalité de ce fait. De même, longtemps avant d’avoir achevé l'éducation du pied et de la main, de manière à les adapter d’une façon définitive, l’un exclusivement à la marche, l’autre exclusivement à la préhension des objets, le précurseur de l’homme, non encore parvenu à l'état de bipède parfait n'avait, comme nos singes, pour toute arme que ses puissantes canines.

Quelque répugnance qu'éprouvent certains esprits à accepter cette opinion, celle-ci n'en est pas moins juste. « Celui, dit Darwin, qui rejette avec mépris l’idée que la forme de ses canines et leur développement excessif chez quelques hommes, sont dus à ce que nos premiers ancètres possédaient ces armes formidables, révèle probablement en ricanant sa propre ligne de filiation ; car, bien qu'il n'ait plus l'intention ni le pouvoir de faire usage de ses dents comme armes offensives, 1l contracte inconsciemment ses muscles grondeurs (snarling muscles de sir G. Bell), et découvre ainsi ses dents, prètes à l’action, comme le chien qui se dispose à combattre”. »

Les paléontologistes sont tous d’accord pour reconnaître que, par la suite des âges et des générations successives, la dentition des mammifères a subi de profondes et importantes modificaons. Il n’est actuellement aucun mammifère vivant dont on puisse .dire qu'il a conservé le type de dentition primitif; en revanche, nous connaissons un nombre considérable de formes fossiles qui se rapprochent de plus en plus, à mesure qu’on remonte la série des âges, de ce qu’on doit considérer comme la dentition typique. Or, il'est bien frappant de voir que la plupart des ongulés fossiles et quelques onguiculés, si différents parfois les uns des autres par les diverses pièces du squelette, se ressemblaient du moins par une remarquable concordance dans le

1. Carl Vogt, Lecons sur l'Homme, 2° édition, p. 198 et fig. 55. 2. Darwin, La Descendance de l'Homme, À, p. 159.

nombre et la situation relative des dents. Tomes‘ leur attribue la

formule suivante : 44 31.(4:5)

Le Palaeotherium, V Anoplotherium et l'Hyaenodon, par exemple, possédaient une semblable dentition. Il est important de constater qu'on la retrouve encore transitoirement chez le cheval,

lors du renouvellement dentaire : la dentition de lait est ici 3.1.4 3.1 Sri et la dentition définitive es = 40 mais au moment où

la seconde dentition succède à la première, la formule est pendant

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